Éclairage

Assistance aux personnes en migration

Chaque année des centaines de milliers de personnes fuient la violence ou la misère dans leur pays. Sur la route, dans les pays de transit ou d’accueil, elles sont victimes de violences et subissent les conséquences de politiques migratoires répressives.

13/12/2018
© Kevin McElvaney

SITUATION - Les 4 clés pour comprendre

1.

1 Contexte

Dans de nombreuses régions du monde, la migration est criminalisée. En Europe on assiste depuis quelques années à une fermeture brutale des frontières, qui affecte les migrants aussi bien sur la route que dans les pays d’accueil ou de transit, alors que des guerres ou des persécutions, notamment en Syrie, en Irak mais aussi en Afghanistan ou en Érythrée, ont poussé des millions de personnes à fuir leur pays. La politique de dissuasion et d’endiguement des flux migratoires de l’Union européenne, marquée entre autres par l’accord signé avec la Turquie en mars 2016 pour fermer la route des Balkans, se double d’une réponse policière des autorités publiques à l’encontre des migrants, harcelés et traqués dans des pays comme la France ou la Serbie par exemple, et dont la vie est mise en péril. En Libye, un point de passage historique des routes migratoires vers l’Europe, les migrants et réfugiés sont exposés à des degrés de violence inouïe. Ils sont fréquemment exploités, abusés, battus, torturés, ou emprisonnés dans des conditions inhumaines, sans accès aux soins de santé.

 

Ces situations de détresse que vivent des millions de migrants ne se limitent pas aux seuls flux vers l'Europe. En Amérique centrale par exemple, chaque année des centaines de milliers de personnes fuient la violence et les persécutions des pays du triangle d'or (Salvador,  Guatemala et Honduras) pour rejoindre le Mexique puis les États-Unis. Sur la route ils sont à la merci des organisations criminelles, parfois avec l'accord tacite ou la complicité des autorités nationales. 

2.

2 Sur le terrain

Opération de recherche et de sauvetage en mer Méditerranée. Les équipes de Médecins Sans Frontières et de SOS MEDITERRANEE interviennent dans des conditions difficiles pour porter assistance à une embarcation en détresse, remplie de personnes en provenance de Libye. Décembre 2016. Mer Méditerranée. 

Opération de recherche et de sauvetage. Les équipes de Médecins Sans Frontières et de SOS MEDITERRANEE interviennent dans des conditions difficiles pour porter assistance à une embarcation en détresse, remplie de personnes en provenance de Libye. Mer Méditerranée. Décembre 2016.  

©Kevin McElvaney

3.

3 Décryptage

© MSF mars 2018

Espoirs volés pour les demandeurs d'asile en Grèce

Grèce, mars 2018. Jamal et Guhdar sont coincés à Samos depuis plus d'un an. Ils attendent encore d'obtenir un permis de séjour pour pouvoir quitter l'île et continuer leur vie. Comme les 50 000 autres personnes coincés en Grèce, ils semblent être oubliés de tous.

4.

4 Les repères chronologiques

2011

Début de l’intervention de Médecins Sans Frontières en Libye.

2012

Début de l'opération d'assistance aux migrants et réfugiés au Mexique.

2015

Début des opérations de recherche et de sauvetage de MSF en Méditerranée.

2015

Réouverture de la mission France de MSF pour porter assistance aux migrants accueillis dans des conditions inhumaines, notamment dans le nord du pays.

2015

Début des opérations d'assistance aux migrants en transit ou bloqués en Grèce.

2016

Signature de l'accord sur l'immigration entre la Turquie et l'Union européenne le 18 mars.

2017

Création et ouverture par MSF du centre d’accueil et d’orientation médical et administratif pour les mineurs non accompagnés à Pantin, en France.

2018

Interdiction d'accoster en Italie et obligation de se détourner en Espagne pour l'Aquarius, navire de recherche et de sauvetage, en juin.

Situation - L’éclairage

La Méditerranée

Le nombre d’arrivées en Europe a connu une très forte augmentation en 2015, notamment du fait des conflits dans des pays comme la Syrie et l’Irak, que des populations ont fui massivement. Elles sont alors venues rejoindre d’autres migrants, comme ceux d’Afghanistan ou du Soudan, qui fuyaient également la guerre ou la misère dans leur pays, dans leur tentative de rejoindre l’Europe.

La réponse des gouvernements européens face à cette situation exceptionnelle a consisté à rejeter les candidats à l’exil hors de leurs frontières : l’abandon du programme de secours Mare Nostrum par l’Union européenne et l’Italie à la fin de l’année 2014 a coûté la vie à des milliers de personnes en mer Méditerranée. Le nombre de morts et les dangers encourus par ceux qui tentaient la traversée au péril de leur vie ont notamment décidé Médecins Sans Frontières à lancer une opération de recherche et de sauvetage en Méditerranée.

© MSF mai 2015

Et bien que l’année 2016 fut la plus meurtrière, plus de 3 000 personnes sont mortes en mer Méditerranée en 2017 (HCR, 2018) en cherchant à rejoindre l’Europe.

L'Aquarius et le sauvetage en mer

MSF décide de lancer une opération de recherche et de sauvetage en mer Méditerranée, suite à l’abandon du programme Mare Nostrum par l’Union européenne et l’Italie à la fin de l’année 2014. 

Les équipes de l'association travaillent sur l'Aquarius, navire affrété en partenariat avec SOS MEDITERRANEE, et fournissent des soins de santé aux personnes recueillies à bord. Ces personnes en migration présentent souvent des blessures dues à des violences ou aux conditions extrêmes de leur traversée.

Entre le début des opérations de recherche et de sauvetage en 2015 et janvier 2018, MSF a porté assistance à plus de 75 000 personnes.

© Maud Veith/SOS Méditerranée

Une criminalisation des migrations

La stratégie d’endiguement mise en place par les pays de l’Union européenne (UE) a eu des conséquences catastrophiques sur la situation de milliers de personnes aux portes ou sur le chemin de l’Europe. L’accord sur l’immigration signé entre l’UE et la Turquie a notamment eu pour effet de couper l’accès de l’Europe par la route des Balkans et de réduire le flux des migrants qui empruntent ce passage. Des centaines de demandeurs d’asile se retrouvent ainsi bloqués sur les îles grecques ou en Serbie, pays dans lequel ils sont régulièrement victimes de violences perpétrées par les autorités frontalières et la police d'États membres de l'UE.

© MSF mars 2018

Une famille Syrienne craint d'être expulsée de Grèce

L'enfer libyen

La Libye, principal point de départ pour ceux qui tentent de traverser la Méditerranée, est devenue avec la complicité de l’Union européenne une nasse pour les migrants, dans laquelle ils sont emprisonnés, battus et torturés par des groupes et réseaux criminels et retenus dans des conditions inhumaines dans les centres de détention mis en place par les autorités.

« Il est nécessaire de donner à toutes les personnes coincées dans la nasse libyenne, en partie tissée par les soins de la France et de l’Union européenne, la possibilité de s’en échapper par tous les moyens. Cela passe donc aussi par une pleine application du droit d’asile pour ceux qui y sont éligibles et l’intensification des offres de retours volontaires dans le pays d’origine pour ceux qui le désirent vraiment. Il faut également mettre en place de formes de protection, dans les pays voisins, en Europe, y compris en France, qui répondent aux besoins de prise en charge des survivants de cet enfer. »


Thierry Allafort-Duverger, directeur général de Médecins Sans Frontières, extrait d’une tribune parue dans Le Monde en novembre 2017.

© Remi Decoster/MSF

Fuir le Triangle d'or

On estime à 300 000 le nombre de personnes qui chaque année fuient le Guatemala, le Salvador et le Honduras et passent par le Mexique pour tenter d'atteindre les États-Unis. Sur la route ils sont de nouveau victimes de violences (enlèvements, extorsions, viols ou meurtres) et n'ont aucun accès aux soins de santé. Selon les témoignages et les données recueillis sur près de 500 personnes interrogées par les équipes de Médecins Sans Frontières, près de 40 % mentionnait des attaques ou des menaces sur eux et leur famille, des extorsions ou des recrutements forcés par des réseaux criminels comme motif de fuite. 

© MSF mai 2017

Notre intervention

Médecins Sans Frontières intervient depuis 2015 en Grèce pour apporter une assistance aux migrants en transit ou bloqués dans les îles et sur le continent.

Médecins Sans Frontières offre une assistance aux migrants en Italie.

Depuis 2015, Médecins Sans Frontières mène des opérations de recherche et de sauvetage en Méditerranée.

Présente depuis 2011 dans le pays, Médecins Sans Frontières apporte une assistance médicale d’urgence aux migrants en transit, installés ou détenus en Libye.

Depuis 2014, Médecins Sans Frontières offre une assistance aux migrants en Serbie.

Depuis 2012, MSF apporte une assistance médicale d’urgence et des soins de santé mentale aux migrants et réfugiés au Mexique, en provenance d’Amérique centrale.

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