Grèce : à Samos, MSF conjugue ses efforts avec des bénévoles pour secourir les réfugiés

Les réfugiés arrivent aussi à Aghatonisi une petite île grècque située à une heure et demie au sud de Samos.
Les réfugiés arrivent aussi à Aghatonisi, une petite île grècque située à une heure et demie au sud de Samos. ©Aurélie Baumel/MSF

Une équipe de Médecins Sans Frontières intervient sur l’île de Samos depuis octobre dernier. Tommaso Fabbri, chef de mission de MSF en Grèce, décrit ici les activités menées à Samos pour venir en aide aux réfugiés.

La Grèce, qui est confrontée à un afflux massif de réfugiés depuis plusieurs mois, ne peut faire face seule à cette situation exceptionnelle. Apporter des secours aux populations en détresse et aux réfugiés notamment est l’une des missions de Médecins Sans Frontières. Il nous a donc paru essentiel de venir en aide aux réfugiés arrivant sur les côtes grecques et plus particulièrement à Samos.

En accord avec les autorités, une équipe de MSF dispense des soins médicaux à Samos depuis octobre. Elle donne les premiers secours dès que les migrants arrivent. Quand ils descendent des bateaux, ceux-ci ont froid, ils sont mouillés, fatigués après la traversée. Des couvertures et des vêtements secs leur sont distribués. Nous soignons les enfants et les personnes les plus vulnérables.  Des habitants de l’île avertissent MSF quand ils voient les bateaux  arriver, tôt le matin en général car les traversées se font la nuit, ils téléphonent pour que l’équipe médicale MSF soit là à temps. La police aussi nous demande d’aller chercher des gens sur les plages. En octobre, 800 à 1000 personnes venues de Turquie débarquaient chaque jour. Depuis leur nombre fluctue, il est tombé à moins de 300 personnes puis est remonté récemment à 400 personnes par jour en moyenne.  

Pour aller du lieu de débarquement jusqu’au port où se fait l’enregistrement, les réfugiés devaient marcher longtemps jusqu’à ce que MSF mette en place un service de transport gratuit en coordination avec les autorités de Samos. Nous avons loué un bus pour amener les migrants à Vathy où la procédure d’enregistrement peut être assez longue, surtout depuis que les empreintes digitales sont relevées. Cela peut prendre plus d’une dizaine de jours et varie en fonction des nationalités. Le temps que leur demande soit traitée, les migrants restent sur le port ou sont dirigés vers un centre de rétention au nord de Vathy. Dans ces deux lieux, l’équipe médicale dispense des soins dans un mini-van. Les principaux motifs de consultation sont des infections respiratoires, des plaies et des coupures que les personnes se font sur les rochers en arrivant et des maladies chroniques. Nous avons eu par exemple des cas de coma diabétique, nous avons accompagné les patients à l’hôpital où ils ont été pris en charge. Souvent d’ailleurs, les personnes souffrant de maladies chroniques ne viennent pas consulter à leur arrivée. Elles ont peur de se retrouver séparées du groupe et veulent poursuivre leur route le plus vite possible. Après elles comprennent qu’elles sont là pour un moment et demandent à se faire soigner.

A côté de nous, de nombreux bénévoles apportent une aide aux réfugiés. Non seulement ils surveillent les côtes pour signaler l’arrivée de bateaux, mais ils collectent des vêtements et les distribuent, ils préparent des repas chauds aussi. Nous conjuguons donc nos efforts pour secourir les réfugiés. MSF distribue ainsi des repas chauds, tous les midis, pour 600 à 800 personnes. Le nombre varie s’il y a eu des départs sur le ferry pour aller à Athènes. Mais nous le savons à l’avance car la police nous communique le nombre de personnes enregistrées dans le centre de rétention.

Il reste néanmoins le problème des abris, les capacités d’hébergement sont insuffisantes pour accueillir tous les migrants. Pour y remédier en accord avec la municipalité, MSF a réhabilité un bâtiment dans le port de Karlovathy où 100 places sont disponibles. MSF fournit gratuitement tous ces services à ces populations en transit, comme elle le fait sur ses autres terrains d’intervention.

Samos est loin d’être la seule île grecque à accueillir des réfugiés. Lesbos, Chios, Leros sont d’autres îles où débarquent de très nombreux réfugiés venus de Turquie et où MSF intervient également. Plus près de Samos, à Agathonisi, une autre équipe MSF apporte les premiers soins aux migrants, leur distribue des couvertures et des vêtements et leur fournit des abris car les besoins sont les mêmes.


 

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