Opération

Grèce : assistance aux migrants

© Bruno Fert

Médecins Sans Frontières intervient depuis 2015 en Grèce pour apporter une assistance aux migrants en transit ou bloqués dans les îles et sur le continent.

Les équipes de Médecins Sans Frontières offrent des soins médicaux, des hébergements d’urgence et une assistance juridique aux migrants bloqués en Grèce.

En novembre 2019, le président international de MSF a visité les îles de Samos et Lesbos en Grèce, et racontait les conditions déplorables dans lesquelles vivent migrants et réfugiés.

Pourquoi Médecins Sans Frontières intervient ?

La signature d’un accord entre l’Union Européenne (UE) et la Turquie en mars 2016 a considérablement réduit le flux des migrants empruntant la route des Balkans. Le nombre de personnes arrivant en Grèce est passé de 3 000 par jour en moyenne en 2015 à une centaine fin 2016. Les milliers de migrants et réfugiés arrivés avant la signature de cet accord se retrouvent piégés en Grèce. Ils sont sans accès aux services de base, sans hébergement ni assistance juridique. La situation est particulièrement dure sur les îles grecques : les migrants n’ont pas le droit de les quitter pendant l’examen de leur demande d’asile et les conditions de vie sont extrêmement précaires. 

Notre intervention

Les îles grecques :

Depuis 2015, Médecins Sans Frontières offre une assistance d’urgence aux migrants qui arrivent dans les îles grecques et les hot-spots, avec des activités de prise en charge sanitaire à l'arrivée des réfugiés sur les plages et le port : transport, distribution de matériel de première nécessité et de nourriture.

Médecins Sans Frontières concentre ses activités, à partir de mai 2016, sur les questions de l’hébergement et de la prise en charge médicale et psychologique des personnes les plus vulnérables à Samos et Lesbos.

En septembre 2016, Médecins Sans Frontières ouvre une clinique dans le centre-ville de Mytilène, principale ville de Lesbos, et offre des soins de santé sexuelle et reproductive, le traitement des maladies chroniques et un soutien en santé mentale. Une équipe a aussi commencé des activités de terrain à Moria, dans l’est de l’île, pour identifier des vulnérabilités spécifiques et des besoins en santé mentale.

En juillet 2019, le gouvernement grec a révoqué l’accès à l’assurance sanitaire publique pour tous les ressortissants étrangers. Depuis, les autorités grecques ont mis en place un nouveau dispositif d’accès aux soins à destination des personnes bénéficiant du statut de réfugié, laissant en revanche plus de 55 000 demandeurs d’asile et sans-papiers sans aucun accès gratuit aux soins, dont des bébés de moins de six mois nés dans les camps. Cette situation de vide juridique aggrave la situation de ces personnes qui étaient déjà confrontées aux difficultés structurelles du système de santé grec – par exemple le nombre insuffisant de traducteurs et médiateurs culturels – et les coupes budgétaires.

Entre mars et décembre 2019, les soignants du centre pédiatrique de MSF, situé à l’extérieur du camp de Moria, ont vu plus de 270 cas d’enfants souffrant de maladies chroniques qui nécessitent des traitements spécialisés, que ce centre ne peut fournir faute d’équipement. L’hôpital public de Lesbos n’est pas non plus en mesure de prodiguer des soins à autant de patients, et certains services spécialisés ne sont pas disponibles.

À Olive Grove, à côté du camp de Moria sur l'île de Lesbos, nos équipes soignent entre 80 et 100 enfants par jour, qui souffrent de maladies liées à leurs conditions de vie désastreuses.

Grèce : conditions de vie inhumaines dans le camp de Moria

 

Athènes :

Depuis l’automne 2015, Médecins Sans Frontières travaille dans différents quartiers d’Athènes avec la mise en place d’actions spécifiques en matière de soins et d’accompagnement des migrants : des soins de santé primaire, des donations et des appuis à des associations, des orientations vers le système sanitaire grec et des consultations de santé mentale sont mis en place.

Médecins Sans Frontières maintient ses activités dans le quartier de Victoria Square, lieu historique de rassemblement des réfugiés à Athènes, avec une petite clinique qui délivre des soins de santé primaire et mentale.

L’association se concentrent sur des soins de santé mentale dans les camps mis en place par le gouvernement grec pour héberger les milliers de personnes bloquées dans la région de l’Attique et de l’Épire, suite à l’accord UE-Turquie.

Les consultations psychologiques dans les camps révèlent des informations précieuses sur les dynamiques de migration en cours et les perspectives de ces populations. Elles sont conjuguées avec un appui juridique afin d’accélérer les procédures de relocalisation et de regroupement familial ou de préparer les entretiens des personnes qui arrivent dans les hot-spots, mis en place pour enregistrer les migrants.