Éclairage

Venir en aide aux populations déplacées et réfugiées

Les situations de déplacements massifs peuvent entraîner de véritables hécatombes au sein des populations déplacées ou réfugiées. Elles nécessitent des interventions d'urgence incluant des soins médicaux et des distributions d'eau et de nourriture.

12/12/2018
© Pierre-Yves Bernard/MSF

SITUATION - Les 4 clés pour comprendre

1.

1 Contexte

Guerres au Soudan du Sud ou en Syrie, affrontements armés en Centrafrique, populations piégées entre l’armée et Boko Haram dans le nord du Nigéria, persécutions et massacres des Rohingyas au Myanmar : autant de situations récentes, même s’il s’agit pour certaines de résurgences de conflits plus profonds et anciens, qui illustrent ce qui peut pousser des personnes à fuir leur pays par milliers.

 

Affaiblies par leur exode, exposées aux risques épidémiques, soumises à la promiscuité des camps où elles sont regroupées dans des conditions souvent insalubres, confrontées au manque de nourriture et d’eau potable, les franges les plus vulnérables parmi les déplacés et les réfugiés -femmes enceintes, jeunes enfants, malades, personnes âgées- peuvent mourir en très grand nombre en quelques semaines. MSF fait sa première expérience des camps de réfugiés en 1976 en Thaïlande, et c’est au contact des déplacements massifs de population en Ethiopie en 85 ou dans la région des Grands lacs dans les années 90, qu’elle développe un panel d’actions qu’elle est capable aujourd’hui de déployer en urgence : distribution d’eau ; assainissement ; campagnes de vaccination ; distributions de nourriture, prévention et prise en charge de la malnutrition et des épidémies, construction d’abris, consultations médicales et hospitalisations.

2.

2 Sur le terrain

Camp de réfugiés de Domiz dans le nord de l'Irak. 2013. 

Camp de réfugiés de Domiz dans le nord de l'Irak. 2013. 

©Pierre-Yves Bernard/MSF

3.

3 Décryptage

© MSF janvier 2017

À l’été 2016, les combats au Soudan du Sud ont atteint la capitale Juba et sa région, forçant des milliers de personne à fuir vers l’Ouganda. Cet afflux massif de réfugiés a rapidement excédé les capacités d'accueil du pays. Quelque 250 000 réfugiés ont ainsi été installés en quelques mois dans le camp de réfugiés de Yumbe, où MSF offre des soins et met en place des points d’eau et latrines. Une situation dont MSF rendait compte en janvier 2017.

4.

4 Les repères chronologiques

1976

Opération d’assistance aux populations cambodgiennes réfugiées en Thaïlande.

1984

Mission exploratoire puis intervention de MSF dans le camp de déplacés de Korem en Éthiopie.

1991

Opération d’assistance aux populations kurdes déplacées en Irak.

1992

Opération d’assistance aux populations somaliennes réfugiées aux Kenya, dans le camp de Dadaab.

1994

Opération d’assistance aux populations rwandaises réfugiées au Zaïre.

2004

Opération d’assistance aux population soudanaises déplacées au Darfour.

2013

Début de l'opération d'assistance aux populations sud-soudanaises réfugiées en Ouganda suite à l'explosion de violence dans leur pays

2017

Début de l’opération d’assistance aux réfugiés rohingyas au Bangladesh, suite aux violences perpétrées contre eux au Myanmar.

Situation - L’éclairage

Déplacés ou réfugiés : intervenir dans les camps

Les déplacements parfois massifs de population nécessitent une intervention urgente, notamment pour prévenir les risques épidémiques liés à la fois aux conditions sanitaires des lieux dans lesquelles les populations s’installent et à leur état de santé.

Dans les camps de déplacés (ou de réfugiés, lorsque ces personnes ont franchi une ou plusieurs frontières), la promiscuité, l’absence de vaccination préalable, l’accès réduit ou inexistant à l’eau potable peuvent conduire à la propagation de maladies hydriques, comme le choléra par exemple, et extrêmement contagieuses et dangereuses, comme la rougeole, pour des personnes vulnérables, dont font partie les enfants de moins de cinq ans.


Depuis les premières missions de Médecins Sans Frontières dans des camps de réfugiés, en Thaïlande, l’association a progressivement mis en place une logistique appropriée pour réduire les risques encourus par les populations lors de ces interventions d’urgence, comme au Bangladesh en 2017 par exemple. Entre le 15 août et la fin décembre, plus de 647 000 Rohingyas ont fui les persécutions et les massacres au Myanmar leur pays pour se réfugier au Bangladesh, dans le camp Kutupalong-Balukhali.

© MSF février 2018

Des besoins de santé spécifiques

Les populations vivant dans ces camps peuvent également avoir des besoins de santé spécifiques, notamment lorsqu’elles ont fui un conflit armé, comme en Irak et en Syrie, après la reprise des villes comme Rakka, Deir-ez-Zor ou Mossoul. Les blessures infligées à ces populations durant le siège de ces villes, pendant l'offensive ou au cours de leur fuite peuvent nécessiter des opérations chirurgicales, et les traumatismes qu’elles ont subis des soins de santé mentale.

© MSF novembre 2017

Fuir Rakka et Deir-ez-Zor, paroles de Syriens

D’autre part, les camps de réfugiés et de déplacés peuvent s’installer dans la durée, notamment si la situation sécuritaire dans les régions où les pays d’origine de leurs habitants n’offrent pas les conditions suffisantes pour envisager un retour.

Les premiers camps de Dadaab au Kenya, par exemple, ont été créés en 1991 pour accueillir les réfugiés somaliens qui fuyaient la guerre civile dans leur pays. En 2018, malgré la volonté des autorités kenyanes de fermer ces camps, près de 230 000 personnes y vivaient encore avec un accès aux soins de santé extrêmement restreint. Médecins Sans Frontières est par exemple la seule organisation humanitaire présente à Dagahaley, l’un des six camps qui composent le complexe de Dadaab.

Notre intervention

Médecins Sans Frontières offre depuis 2013 une assistance médicale d’urgence aux réfugiés sud-soudanais dans le nord de l’Ouganda.

Médecins Sans Frontières offre une assistance médicale aux déplacés dans les gouvernorats d’Erbil, d’Al Anbar et de Ninive en Irak.

Médecins Sans Frontières apporte depuis 2013 une assistance médicale d’urgence aux populations syriennes réfugiées en Jordanie.

Depuis 2012, Médecins Sans Frontières apporte une assistance médicale aux victimes du conflit dans l’État de Borno, dans le nord-est du Nigeria, qui oppose l’armée nigériane au groupe armé Boko Haram.

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