Éclairage

VIH/Sida, continuer la lutte contre une épidémie mortelle

Des améliorations dans de nombreux domaines, comme l’accès au dépistage et aux traitements, sont nécessaires pour continuer de lutter efficacement contre l’épidémie de VIH/Sida.

24/07/2018
© Luca Sola

SITUATION - Les 4 clés pour comprendre

1.

1 Contexte

Malgré une mobilisation internationale sans précédent au cours des dernières décennies, qui a permis d'obtenir d'importantes avancées dans la lutte contre le VIH/Sida, la maladie continue de tuer massivement, et elle est responsable de près d’un million de décès par an.

Les traitements antirétroviraux (ARV), qui permettent de stabiliser la maladie, sont difficiles d’accès ou inaccessibles dans de nombreux pays ou régions. Sur les quelque 36 millions de personnes séropositives dans le monde, seuls 21 millions auraient ainsi accès aux ARV. Le suivi de la charge virale, meilleur moyen de suivre l’évolution de la maladie, est encore insuffisamment disponible, tout comme des traitements plus adaptés pour les enfants et les adolescents. Avec 36,7 millions de personnes séropositives estimées dans le monde, le VIH/Sida continue de faire des ravages, notamment dans les pays d'Afrique subsaharienne qui concentrent 66 % des nouvelles infections dans le monde. Des pays comme l’Afrique du Sud ou l’Ouganda, sont très largement touchés par l’épidémie, tandis que dans d’autres, comme la République démocratique du Congo ou la République centrafricaine, les populations rencontrent de réelles difficultés d’accès à la prise en charge du VIH/Sida.

2.

2 Sur le terrain

Nsanje, Malawi : traiter le VIH avancé

Un jeune est allongé sur son lit d'hôpital, à l'hôpital de Nsanje, soutenu par Médecins Sans Frontières. Il est venu du Mozambique pour travailler dans ce pays, où il a été diagnostiqué séropositif. Malawi. 2017.

©Luca Sola

3.

3 Décryptage

© MSF juillet 2017

5 minutes pour comprendre : pourquoi meurt-on encore du VIH en 2017 ?

5 minutes pour comprendre : pourquoi meurt-on encore du VIH en 2017 ? Si d’énormes progrès ont été réalisés dans la prise en charge du VIH, beaucoup de patients séropositifs meurent encore, en Afrique notamment. Explications.

4.

4 Les repères chronologiques

1981

Description des premiers cas de syndrome d’immunodéficience inexpliqué aux Etats-Unis.

1983

Identification du virus par l’équipe du professeur Montagnier à l’Institut Pasteur en France.

1987

Utilisation de l’AZT, premier médicament antirétroviral pour traiter les personnes séropositives.

1995

Ouverture du programme de prise en charge des personnes affectées par le VIH/Sida à Surin en Thaïlande, un des premiers de MSF.

1996

Introduction progressive de la trithérapie dans le traitement des personnes séropositives.

1997

Ouverture d’un programme de prise en charge des personnes affectées par le VIH/Sida par MSF au Malawi.

1998

MSF compte désormais 48 projets de terrain dans lesquels le sida est une composante majeure.

2000

Premier patient suivi par Médecins Sans Frontières mis sous trithérapie à l’hôpital de Surin, en Thaïlande.

2013

Publication d’une étude réalisée par Epicentre qui montre que l’épidémie de VIH est sous contrôle dans un district du Malawi, où MSF a introduit les ARV en 2001.

Situation - L’éclairage

Augmenter l’accès aux traitements

On ne guérit pas du VIH/Sida mais, grâce aux traitements antirétroviraux, il est possible de stabiliser la maladie et de vivre plus longtemps en meilleure santé. Le prix du traitement a considérablement baissé depuis le début des années 2000, mais des efforts sont encore nécessaires pour permettre aux populations d’accéder plus facilement aux dépistages et aux traitements. Seulement 56 % des séropositifs étaient sous traitement antirétroviral en 2016, dans le monde (OMS).

232 400

En 2016, MSF a fourni des ARV à 232 400 patients.

Certains pays sont par ailleurs négligés dans l’action mondiale de lutte contre le VIH/Sida, comme le soulignait le rapport Le prix de l’oubli, publié par Médecins Sans Frontières en 2016. En République démocratique du Congo (RDC), si l’épidémie est relativement faible à l’échelle nationale (on estime qu’environ 1 % de la population est séropositive), elle concerne près de 450 000 personnes dans ce pays fortement peuplé. Et seuls 23 % des personnes atteintes par le VIH/Sida, soit un peu plus de 100 000 personnes, recevaient un traitement antirétroviral en 2014.

De nombreux efforts restent également à faire pour tenter de réduire l’intensité de la transmission, comme le traitement en prophylaxie, ceux destinées à la réduction de la transmission de la maladie de la mère à l’enfant ou la circoncision, méthode de prévention avérée et reconnue.

Favoriser l’accès aux traitements ne suffit pourtant pas, il faut également accompagner le patient tout au long de sa vie, ce qui nécessite de faire en sorte que des traitements adaptés à l’évolution de la maladie lui soit accessible. Un des enjeux de l’adhérence au traitement est le rapprochement du système de prise en charge des personnes séropositives, en le déplaçant des hôpitaux de référence vers les centres de santé locaux.

Réduire la mortalité liée au VIH/Sida

Les données épidémiologiques récoltées par MSF montrent que dans certains hôpitaux soutenus par Médecins Sans Frontières, 30 à 40 % des patients admis avec le VIH/Sida meurent, alors qu’ils sont déjà sous traitement antirétroviral pour la moitié d’entre eux. Ces patients présentent souvent des signes d’échecs thérapeutiques et arrivent parfois dans un tel état de Sida avancé, qu’ils meurent dans les 48 heures suivant leur admission.

© MSF - 2016

Un certain nombre de mesures sont nécessaires pour améliorer la prise en charge des patients, comme l’augmentation de la mesure de la charge virale. C’est le moyen le plus important disponible pour déterminer l’efficacité du traitement, puisqu’il permet de contrôler le développement de la maladie chez le patient, et de détecter les cas de résistances et d’échecs thérapeutiques. Ces tests sont encore trop peu répandus : les médecins les prescrivent rarement, les patients les demandent peu et ils sont peu disponibles. Quant aux traitements de seconde et troisième ligne, lorsque les médicaments donnés en première intention ne s’avèrent pas efficaces, ils sont eux aussi hors de prix.

Notre intervention

Depuis 1997, Médecins Sans Frontières offre une prise en charge aux personnes affectées par le VIH/Sida dans le comté de Homa Bay, dans l’ouest du Kenya.

Médecins Sans Frontières soutient les activités de prise en charge des personnes affectées par le  VIH/Sida au Malawi depuis 1997.

Depuis 2001, Médecins Sans Frontières soutient la prise charge des personnes affectées par le VIH/Sida en Ouganda.

Médecins Sans Frontières offre une prise en charge aux personnes affectées par le VIH/Sida en République démocratique du Congo.

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