Opération

Malawi : prise en charge intégrée des personnes affectées par le VIH/Sida

05 février 2018
© Luca Sola

Médecins Sans Frontières soutient les activités de prise en charge des personnes affectées par le VIH/Sida au Malawi depuis 1997.

Nos équipes travaillent dans le district de Chiradzulu et celui de Nsanje, ainsi que dans les prisons centrales de Maula et Chichiri.

© MSF juillet 2017

5 minutes pour comprendre : pourquoi meurt-on encore du VIH en 2017

Pourquoi Médecins Sans Frontières intervient ?

Au Malawi on compte près de 1 million de personnes contaminées par le VIH/Sida, soit 9,2 % des adultes de 15 à 49 ans (ONUSIDA, 2016), un nombre en baisse significative depuis une quinzaine d’années. Certaines régions ou catégories socio-professionnelles sont toutefois plus largement touchées, comme les travailleurs du sexe, les chauffeurs routiers, les ouvriers agricoles, les policiers, les enseignants, les pêcheurs et les commerçants frontaliers. Dans le district de Chiradzulu, le taux de contamination était de 17 % en 2013, selon une étude menée par Epicentre, le ministère de la Santé et MSF.

Notre intervention

Depuis 1997, Médecins Sans Frontières contribue à améliorer la prise en charge des patients atteints de VIH/Sida en lien avec le ministère de la Santé.

Cette collaboration a permis de décentraliser les soins vers des services locaux, de simplifier les protocoles de soin et de déléguer le traitement (initiation et suivi) à du personnel médical moins qualifié.  

Médecins Sans Frontières introduit progressivement les antirétroviraux (ARV) en 2001 au Malawi, dans le district de Chiradzulu. Quinze ans plus tard, en 2016 plus de 30 000 patients étaient mis sous traitement.

L’étude CHIPS (Chiradzulu HIV Impact in Population Study), réalisée par Epicentre, le ministère de la Santé et MSF, en 2013, montre des résultats encourageants dans cette région. Parmi la totalité des gens contaminées par le VIH, 77,7 % avaient déjà été diagnostiqués et 73,4 % étaient sous traitement. Plus significatif encore, 91 % des patients sous ARV avaient une charge virale indétectable.

En août 2014, Médecins Sans Frontières commence un processus de transfert au ministère de la Santé d’une durée de quatre ans. Nos équipes se concentrent maintenant sur des groupes difficiles à atteindre, notamment les adolescents séropositifs et les patients en échec thérapeutique, qui ont besoin d’un traitement de deuxième ou troisième intention.

En 2013, Médecins Sans Frontières a mis en place des outils de diagnostic décentralisé pour améliorer l’accès aux tests de charge virale dans cinq centres de santé du district.

A Nsanje, l’équipe cadre du district manque cruellement de moyens. Médecins Sans Frontières soutient un programme VIH et tuberculose totalement décentralisé, qui inclut les nourrissons qui viennent d’être diagnostiqués séropositifs. Médecins Sans Frontières soutient aussi la prise en charge des cas avancés de VIH dans l’hôpital de district.

Enfin, dans les prisons centrales de Maula et Chichiri, où Médecins Sans Frontières dispense des soins primaires et des traitements contre le VIH et la TB, 97% des détenus ont fait le test de dépistage du VIH en 2016. Parmi ceux qui ont été diagnostiqués positifs, 94% ont été mis sous traitement et 93% ont atteint une charge virale indétectable. Médecins Sans Frontières a étendu ses services à deux prisons de district, où les détenus ont moins accès aux soins de santé.