Opération

Kenya : prise en charge intégrée des personnes affectées par le VIH/Sida

23 janvier 2018
© Patrick Meinhardt

Depuis 1997, Médecins Sans Frontières offre une prise en charge aux personnes affectées par le VIH/Sida dans le comté de Homa Bay, dans l’ouest du Kenya.

Depuis 2014, l’association concentre ses efforts sur le district de Ndhiwa et le service de médecine interne de l’hôpital de référence de Homa Bay. Les équipes de MSF offrent des dépistages et des traitements aux habitants du comté d’Homa Bay.

© MSF juillet 2017

5 minutes pour comprendre : pourquoi le Sida tue encore en Afrique

Avec la généralisation des traitements antirétroviraux, le VIH est devenu une infection chronique avec laquelle on peut vivre longtemps et en relative bonne santé. La situation n’a donc plus rien à voir avec les cris d’alarme qu’on poussait il y a 15 ans. On a donc tendance à croire qu’aujourd’hui tout va bien, or ce n’est pas ce que nos équipes constatent sur nos terrains d’intervention. Si d’énormes progrès ont été réalisés dans la prise en charge du VIH, de nombreux patients séropositifs meurent encore, en Afrique notamment, comme avant l’introduction des antirétroviraux.

Pourquoi Médecins Sans Frontières intervient ?

Au Kenya, le VIH/Sida est un problème majeur de santé publique : 5,4 % des adultes de 15 à 49 ans sont séropositifs (ONUSIDA, 2016). On observe également de très fortes disparités géographiques et une étude menée par Epicentre et Médecins Sans Frontières en 2012 dans le district de Ndhiwa, dans l’ouest du pays, a montré que près de 25 % des adultes étaient séropositifs et que 2 % de la population était contaminée chaque année. Ces taux sont parmi les plus élevés au monde.

Notre intervention

Médecins Sans Frontières offre une prise en charge aux personnes affectées par le VIH/Sida à Ndhiwa et soutient l’hôpital de Homa Bay.

L’association, présente dans l’ouest du Kenya depuis 1997, ouvre en 2014 un projet dans le comté de Ndhiwa afin de contrôler l’épidémie, de diminuer l’incidence et de réduire la mortalité liée au VIH/Sida. Selon des données récoltées entre décembre 2014 et mars 2015 par MSF à l’hôpital de référence de Homa Bay, le VIH/Sida représentait près d’un tiers des admissions d’adultes et 55 % des décès. Plus inquiétant encore, la moitié des patients atteints du sida étaient en fait des patients dont le traitement avait échoué.

Face à ce constat, Médecins Sans Frontières met en place une offre une offre de soins curative et préventive complète. En collaboration avec le ministère de la Santé et les communautés, MSF procède à des activités de dépistage, à la circoncision médicale masculine volontaire, la prévention sur les risques de transmission de mère à enfant, un suivi des cohortes sous antirétroviraux ainsi qu’à des soins secondaires pour les patients séropositifs.

En 2018, une enquête sera réalisée enfin de d’évaluer l’évolution de l’épidémie et l’impact du projet dans le district de Ndhiwa.