Éclairage

RCA : une population livrée à la violence

La République centrafricaine est plongée dans une spirale de violence meurtrière depuis 2013 : les exactions massives et ciblées contre les populations civiles ont fait des milliers de victimes et de blessés. La situation pour les Centrafricains est critique, dans un pays au système de santé quasi inexistant.

09/04/2018
© Marcus Bleasdale/VII

SITUATION - Les 4 clés pour comprendre

1.

1 Contexte

En République centrafricaine (RCA), les conflits et affrontements entre groupes armés pour le contrôle des ressources et des territoires se multiplient depuis 2013, depuis le renversement du régime du président François Bozizé par la Séléka, une coalition venue du nord-est du pays.

Les populations civiles sont victimes de violences de masse et d’exactions ciblées qui ont fait des milliers de morts et de blessés. Plus d’un million de Centrafricains ont fui les combats et les exactions, espérant trouver refuge dans des pays voisins, ou des enclaves (camps, quartiers et bâtiments protégés par des troupes internationales).

La population centrafricaine est largement dépendante de l’aide internationale pour sa survie et cette escalade de violence a des conséquences majeures sur la situation sanitaire du pays, l’un des plus pauvres au monde.

2.

2 La carte de situation

Principales interventions de Médecins Sans Frontières en République centrafricaine.

Principales interventions de Médecins Sans Frontières en République centrafricaine. Source : rapport international de MSF 2016.

©MSF

3.

3 Decryptage

© MSF septembre 2017

5 minutes pour comprendre : que se passe-t-il aujourd'hui en République centrafricaine ?

La République centrafricaine (RCA) est de nouveau le théâtre de violences de masse, qui touchent une population encore traumatisée par la guerre civile de 2013. Villages brûlés, exécutions, pillages : les exactions contre les populations prises au piège des combats se sont intensifiées en 2017, atteignant des niveaux de violence extrême qui n’épargnent personne.

4.

4 Les repères chronologiques

2013

Renversement du régime de François Bozizé par la coalition Séléka en mars et début d’une escalade de violence dans le pays.

2013

Intervention la Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine (MISCA) en décembre.

2013

Début de l’opération Sangaris, intervention française en Centrafrique, en décembre.

2013

Explosion de violences à Bangui à la fin de l’année, et exactions sur les communautés musulmanes.

2014

Exode massif d’une partie de la population vers le Tchad et le Cameroun à partir de janvier.

2014

Signature en juillet d’un accord de cessation des hostilités entre la Séléka et les anti-balakas.

2016

Élection du président de la République centrafricaine Faustin-Archange Touadéra en février.

2016

Reprise des affrontements en novembre, et nouvelles exactions massives sur les populations.

2016

Retrait de l’opération militaire française Sangaris en octobre.

2017

Forte augmentation du nombre de déplacés dans le pays et de réfugiés dans les pays voisins, en réponse à l’escalade meurtrière dans le pays.

Situation - L’éclairage

Pays morcelé et insécurité

La prise de pouvoir en mars 2013 de la Séléka, une coalition composée principalement de groupes armés musulmans venus du nord-est du pays, a ouvert une nouvelle période de violences en République centrafricaine. Aux exactions des membres de la Séléka, ont suivi les atrocités commises par les groupes anti-balakas, des milices dites d’autodéfense majoritairement chrétiennes : les populations civiles ont été assimilées à l’une ou l’autre des factions et persécutées pour leur appartenance ethnique ou religieuse. Ces violences de masses font de nombreux morts et blessés, et entraînent le départ de dizaines de milliers de Centrafricains, qui fuient les représailles vers les pays voisins à la fin de l’année 2013.

Une violence meurtrière

Une enquête de mortalité rétrospective de Médecins Sans Frontières fait état de 2 599 décès parmi les membres des familles centrafricaines réfugiées à Sido, au sud du Tchad, pour la période de novembre 2013 à avril 2014.

Ce chiffre représente 8 % de la population centrafricaine alors réfugiée à Sido et 91 % des décès sont imputables à la violence, lors de la campagne de persécutions contre les minorités musulmanes en République centrafricaine.

© Camille Lepage / Polaris

En République centrafricaine, les affrontements et les violences se multiplient, faisant fuir massivement les populations civiles. Le conflit et les exactions s’étendent progressivement à la quasi-totalité du pays, malgré l’intervention militaire Française, avec l’opération Sangaris de décembre 2013 à octobre 2016, ou celle de la Mission internationale de soutien de l’Union africaine, devenue en septembre 2014 la Mission des Nations unies pour la stabilisation en RCA (MINUSCA).

© MSF septembre 2017

Des communautés affectées par les violences

L’évolution du conflit, les divisions et l’évolution des allégeances au sein des différentes factions, ont conduit au morcellement du pays, aujourd’hui majoritairement contrôlé par des groupes armés. D’anciens membres de la Séléka, des milices anti-balakas, ou des groupes armés criminels, luttent entre eux pour s’approprier les ressources du pays (pétrole, diamant, bétail ou contrôle des routes) et commettent régulièrement des attaques meurtrières. Cette insécurité touche également les structures hospitalières, fréquemment attaquées.


En République centrafricaine, le système de santé quasi inexistant est incapable de répondre aux besoins médicaux de la population et aux urgences liées à la guerre. Les habitants meurent encore massivement de maladies qu’il serait pourtant facile de prévenir ou de soigner, comme le soulignait en 2011 le rapport La crise silencieuse publié par MSF.

Notre intervention

Médecins Sans Frontières offre des soins de santé secondaire et chirurgicaux à Bangui, en République centrafricaine.

Médecins Sans Frontières offre une assistance médicale aux populations des provinces de la République centrafricaine, et adapte ses programmes pour répondre aux besoins urgents générés par les violences.

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