Opération

République centrafricaine : offrir des soins de santé secondaire et chirurgicaux à Bangui

7 février 2018
© Jean Chung

Médecins Sans Frontières offre des soins de santé secondaire et chirurgicaux à Bangui, en République centrafricaine.

Les équipes de Médecins Sans Frontières travaillent dans l’hôpital de Sica à Bangui, dans lequel elles prennent en charge les urgences traumatologiques et chirurgicales.

Au Centre Hospitalier Universitaire Communautaire de Bangui et dans plusieurs antennes et centres de santé dans les quartiers de la capitale, un programme d’assistance aux victimes de violences sexuelles a été mis en place. En 2019, 4,000 personnes victimes de violences sexuelles ont bénéficié d’un suivi médical et psychologique fourni par MSF.

© MSF Septembre 2017

5 minutes pour comprendre : que se passe-t-il aujourd'hui en République centrafricaine ?

La République centrafricaine (RCA) est le théâtre de violences de masse, qui touchent une population encore traumatisée par la guerre civile de 2013. Villages brûlés, exécutions, pillages : les exactions contre les populations prises au piège des combats se sont intensifiées en 2017, atteignant des niveaux de violence extrême qui n’épargnent personne. Malgré la signature, en février 2019, d’un accord de paix entre le gouvernement et 14 groupes armés, le quotidien des populations centrafricaines reste marqué par la violence et le dénuement, avec toujours plus d’un Centrafricain sur quatre déplacé à l’intérieur du pays ou réfugié dans un pays voisin. En fin d’année 2020, les enjeux liés aux élections législatives et présidentielles dans le pays donnent lieu à une nouvelle escalade des tensions et affrontements.

Pourquoi Médecins Sans Frontières intervient ?

La situation sanitaire est extrêmement préoccupante en République centrafricaine, pays parmi les plus pauvres du monde. Des maladies qu’il est possible de prévenir, de traiter ou de soigner, comme le paludisme (première cause de mortalité chez les enfants), le VIH ou encore la maladie du sommeil, tuent chaque année des milliers de personnes.

Depuis le coup d’État de 2013 et la guerre civile qui s’en est suivie, les représailles de masse contre la population et les affrontements entre groupes armés ont blessé et causé la mort de milliers de personnes. On compte près de 650 000 déplacés en République centrafricaine et 575 000 réfugiés dans les pays voisins (HCR, 2018).

Présente depuis 1997 en Centrafrique, Médecins Sans Frontières n’a cessé d’augmenter sa capacité d’intervention pour répondre à la défaillance du système de santé et aux cycles de violences qui secouent le pays.

Notre intervention

Depuis 2013, Médecins Sans Frontières offre une prise en charge aux victimes de violences, avec des soins de santé secondaires et chirurgicaux. 

D’abord installées dans le centre national hospitalier universitaire de Bangui, les équipes de Médecins Sans Frontières travaillent depuis 2017 dans un hôpital construit par MSF dans le quartier Sica. Elles offrent une prise en charge des urgences, de la chirurgie d’urgence et traumatique ainsi que de la physiothérapie.

Au Centre Hospitalier Universitaire Communautaire de Bangui et dans plusieurs antennes et centres de santé dans les quartiers de la capitale, un programme d’assistance aux victimes de violences sexuelles a été mis en place. En 2019, 4,000 personnes victimes de violences sexuelles ont bénéficié d’un suivi médical et psychologique fourni par MSF.

Nos équipes soutiennent la maternité des Castors ainsi que celle de Gbaya Dombia pour réduire la morbidité et la mortalité liées aux complications obstétricales et aux conséquences d'avortements clandestins, l'une des principales cause de mortalité chez les femmes dans les maternités soutenues par MSF à Bangui. En 2019, nos équipes ont accompagné plus de 11 000 naissances à Bangui et continuent de renforcer les activités de planning familial pour prévenir les grossesses non désirées, en fournissant des préservatifs, des implants et pilules contraceptives, et en pratiquant, sur demande, la ligature des trompes et des avortements médicalisés.

Une prise en charge médicale gratuite est également fournie aux patients avec un stade avancé du VIH/SIDA, souvent co-infectés par la tuberculose, à travers un nouveau programme au Centre Hospitalier Universitaire Communautaire de Bangui. Dans la capitale de la Centrafrique, la prévalence du VIH est deux fois plus élevée que la moyenne nationale. 

Médecins Sans Frontières reçoit à Bangui des blessés en provenance des régions, parfois éloignées, de la Centrafrique. Elles peuvent être référées par les équipes de MSF présentes dans les différentes provinces du pays.

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