Éclairage

Paludisme : la grande tueuse des enfants de moins de 5 ans

Le paludisme est la maladie parasitaire la plus répandue dans le monde : elle touche plus de 200 millions de personnes. L’absence de vaccin efficace, les difficultés d’accès au diagnostic et aux traitements notamment, font du paludisme une des maladies les plus meurtrières au monde.

09/04/2018
© Peter Bauza

SITUATION - Les 4 clés pour comprendre

1.

1 Contexte

Après une nette augmentation du nombre de cas et de décès dans les années 80 et 90, la lutte contre le paludisme a connu d'importants succès à partir du début des années 2000. La mortalité liée à la maladie a ainsi été divisée de près de la moitié en quinze ans, notamment grâce à des tests de diagnostic plus rapides et accessibles et à l'utilisation de traitements à base d'artémisinine. Cependant, l'accès aux moustiquaires imprégnées, trop chères, demeure insuffisant, tandis que l'accès aux traitements les plus efficaces reste inadéquat, notamment dans les contextes où l'instabilité et le faible développement des systèmes de santé empêchent un recours rapide aux soins. L’apparition de résistances aux traitements laisse également craindre de nouvelles difficultés dans la lutte contre le paludisme.

Si la maladie touche une centaine de pays, c’est le continent africain qui paie le plus lourd tribut. Il concentre en effet près de 90% des personnes affectées et des décès liés au paludisme. Et 70 % de tous les décès qui lui sont imputables sont survenus parmi le groupe le plus vulnérable face à la maladie : les enfants de moins de 5 ans.

2.

2 Sur le terrain

Soins pédiatriques et malaria à Aweil. Peter Bauza. Août, 2017

Des familles se reposent sous des moustiquaires à l'hôpital d'Aweil au Soudan du Sud, dans lequel les équipes de Médecins Sans Frontières travaillent. A partir de 19h des moustiquaires doivent être fixées au-dessus de chaque lit. Plus de 60 % des personnes admises dans l'hôpital sont testées positives au paludisme. 2017.

©Peter Bauza

3.

3 Décryptage

© MSF - 2017

Paludisme : cinq éléments clés pour lutter contre la maladie On estime que plus de 6,2 millions de décès liés au paludisme ont été évités entre 2000 et 2015, grâce à d’importants investissements économiques. Mais beaucoup reste encore à faire. En novembre 2016, MSF mettait en avant cinq éléments importants de la lutte contre la maladie.

4.

4 Les repères chronologiques

1955

Résolution de l’Assemblée mondiale de la santé pour la création du programme d’éradication du paludisme et sa mise en oeuvre par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

2001

Recommandation par l’OMS de traitement à base d'artémisinine dans la lutte contre le paludisme.

2009

Ouverture d’un centre pédiatrique médico-nutritionnel à Koutiala au Mali, et développement d’un programme de lutte contre le paludisme.

2010

Ouverture d’un programme de prise en charge des personnes affectées par le paludisme dans la ville de Moïssala au Tchad.

2012

Recommandation par l’Organisation mondiale de la santé de l’utilisation de la chimioprévention du paludisme saisonnier.

2012

Introduction de la chimioprévention du paludisme par MSF dans ses programmes au Mali et au Niger.

Situation - L’éclairage

La difficile lutte contre le paludisme

L'arrivée des ACT (artemisinine-based combination therapy, combinaisons thérapeutiques à base d'artémisinine) recommandés depuis 2001 par l'Organisation mondiale de la santé pour le traitement de la maladie, a représenté une avancée majeure. Elle a en effet permis de remplacer les anciens traitements (comme la chloroquine, la quinine ou la sulfadoxine-pyriméthamine), devenus largement inefficaces. Mais ces dernières années, des résistances à l'artémisinine ont commencé à apparaître en Asie du Sud-Est. L'utilisation de monothérapies (artémisinine seule, non associée à d'autres molécules comme dans les ACT) et les interruptions de traitement (arrêt des traitements dès la disparition des symptômes) accélèrent ce phénomène. La propagation de ces résistances représente un risque majeur de santé publique, aucun nouveau médicament antipaludéen n'étant disponible avant plusieurs années.

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Cas de paludisme traités par les équipes de Médecins Sans Frontières en 2016

Dans les régions où le paludisme est endémique et où le nombre de cas se concentre autour d'un ou plusieurs pics saisonniers, comme dans certains pays en Afrique sub-saharienne, il est possible de diminuer l'impact de la maladie par la distribution préventive d'antipaludéens (la chimioprévention saisonnière du paludisme ou CPS). Cette stratégie, qui permet de prévenir jusqu'à 80 % des cas de paludisme simple, a été introduite avec succès par Médecins Sans Frontières en 2012 au Mali et au Tchad. Depuis, elle a été adoptée par de nombreux pays d'Afrique de l'Ouest. Médecins Sans Frontières a également mis en place des stratégies préventives similaires, basées sur une ou plusieurs distributions préventives de traitements, lors de crises humanitaires (réfugiés sud-soudanais en Ouganda en 2015, épidémie d'Ebola en 2014).

Les causes de la maladie

Le paludisme est transmis à l’homme par un moustique, l’anophèle femelle, qui pique pour se nourrir de sang et stimuler ainsi la production de ses œufs. La ponte se fait principalement dans des eaux stagnantes, ce qui explique la recrudescence de la maladie en saison des pluies.

Le moustique injecte le parasite dans le sang de la personne piquée. La parasite s’installe alors dans le foie où il se multiplie. Puis les parasites migrent dans le sang où ils font éclater les globules rouges. Quand un moustique pique une personne infectée, il devient porteur du parasite et le transmettra lorsqu’il piquera une personne saine.

Le paludisme : une grande tueuse

Le paludisme fait partie des grandes tueuses, responsables de la mort de millions de personnes chaque année. Dans cette série documentaire multimédia, chaque pathologie est abordée à travers cinq modules (vidéo, photo, animation, infographie) portant sur ses contextes géographique et historique, ses effets sur l’organisme, son traitement, et enfin les espoirs pour l’avenir.

© MSF 2016

Grandes tueuses : Le paludisme

Notre intervention

La prise en charge du paludisme est une des activités principales de Médecins Sans Frontières, qu'elle offre sur un grand nombre de ses terrains d'intervention. Vous retrouvez ici quelques-unes des opérations dédiées à la prise en charge du paludisme ou dont cette activité est une composante majeure. 

Depuis 2010, Médecins Sans Frontières prend en charge les personnes affectées par le paludisme à Moïssala, une ville de la région de Mandoul dans le sud du Tchad.

Médecins Sans Frontières ouvre en 2009 au Mali un projet pédiatrique intégré en collaboration avec le ministère de la Santé dans le district de Koutiala, dans le sud-est du Mali.

Depuis 2005, Médecins Sans Frontières offre une prise en charge pédiatrique intégrée dans les régions de Zinder, Maradi et Tahoua. Les équipes de Médecins Sans Frontières poursuivent un programme pédiatrique centré sur la gestion des principales causes de mortalité infantile, notamment la malnutrition et le paludisme, en mettant l’accent sur la prévention et la prise en charge des cas sévères.

Depuis 2008, Médecins Sans Frontières offre des soins obstétricaux et pédiatriques dans l’hôpital d’Aweil, au nord-est du Soudan du Sud. Les équipes de Médecins Sans Frontières gèrent les services de pédiatrie et de maternité de l’hôpital d’Aweil, la capitale de l’État de Bahr el-Ghazal du Nord. Dans ce cadre, elles luttent aussi contre le paludisme et la malnutrition.

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