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© MSF novembre 2018

RCA : deux ans de campagne de vaccination de masse au milieu des violences

Détection de la malnutrition lors d'une vaccination. République centrafricaine. 2016.
Détection de la malnutrition lors d'une vaccination. République centrafricaine. 2016. ©Pierre-Yves Bernard/MSF

Les crises successives qu’a connues la République centrafricaine (RCA) ont mis à mal un système de santé déjà très précaire, privant la population d’un accès aux soins les plus basiques. Dans ce contexte, de nombreux enfants n’ont jamais été vaccinés de manière régulière.

À partir de 2015, Médecins Sans Frontières (MSF) a lancé en collaboration avec le ministère de la Santé une campagne sans précédent pour vacciner plus de 213 000 enfants contre neuf des maladies les plus fréquemment rencontrées.

Médecins Sans Frontières, après analyse, peut maintenant partager les résultats de cette campagne.

En 2011, les équipes médicales de MSF, intervenant dans de nombreuses régions de la RCA, avaient alerté sur la faiblesse de la couverture vaccinale contre les principales maladies infantiles. Cette situation contribuait à des taux extrêmement élevés de mortalité – bien au-dessus des seuils d’urgence, alors que des maladies comme la rougeole et la poliomyélite, qui peuvent pourtant facilement être évitées, faisaient des ravages parmi les enfants non vaccinés.

Les enfants centrafricains sont non seulement à la merci des violences, des déplacements, et des blessures et autres conséquences directes des conflits qui touchent le pays ; mais ils se retrouvent également exposés au risque de développer des maladies qui peuvent se révéler mortelles et qui pourraient pourtant être évitées par la vaccination.

La situation s’est aggravée à cause de la guerre civile qui s’est déclenchée en 2013 – 2014. Le taux d’enfants vaccinés dans le pays s’est effondré. Les statistiques du ministère de la Santé indiquent qu’entre 2012 et 2014, le taux d’enfants vaccinés contre la rougeole est passé de 64 % à 25 %, et celui de ceux vaccinés contre des infections respiratoires sévères de 52 % à 20 %. À la fin de l’année 2013, seul 13 % des enfants de moins d’un an étaient complètement à jour de leur vaccination dans tout le pays.

Sensibilisation des populations à la vaccination par les équipes de MSF. République centrafricaine. 2016.
 © Pierre-Yves Bernard/MSF
Sensibilisation des populations à la vaccination par les équipes de MSF. République centrafricaine. 2016. © Pierre-Yves Bernard/MSF

En collaboration avec le ministère de la Santé, MSF a répondu à ces constats alarmants par le lancement en 2015 d’une campagne de vaccination de masse, touchant six des sept régions sanitaires du pays pour une durée de deux ans. MSF s’est aussi engagée à renforcer les activités de vaccination dans les structures de santé où ses équipes interviennent en appui au ministère. L’administration des vaccins s’est souvent déroulée en mettant à profit des moments de relative accalmie, peu de temps avant que de nouvelles violences ne frappent la zone d’intervention, et que la population affectée ne se retrouve coupée de toute assistance.

Des vaccins essentiels

Les vaccins concernés sont ceux contre la poliomyélite, la rougeole, le pneumocoque - responsable de nombreuses infections respiratoires - ainsi que le vaccin pentavalent qui protège simultanément contre la diphtérie, le tétanos, la coqueluche, l’hépatite B et l’Haemophilus influenzae de type b (qui peut provoquer entre autres la méningite), et la fièvre jaune.

© MSF

« Cette campagne de vaccination préventive est la plus grande jamais entreprise par MSF en RCA et l'une des premières visant à protéger les enfants de moins de cinq ans contre tant de maladies à la fois, explique le Dr. Anne-Marie Pegg, référente médicale sur les sujets liés aux épidémies et à la vaccination chez MSF. Compte tenu de la situation actuelle en RCA, l’un des enseignements de cette campagne serait de “faire autant que l’on peut tant qu’on le peut !”, c’est-à-dire saisir et maximiser chaque opportunité d’être au contact des enfants pour les protéger contre le risque d’épidémies et de maladies, en combinant la vaccination et d’autres activités préventives », ajoute-elle.

Vaccination à Paoua dans la préfecture de Ouham-Pendé. République centrafricaine. 2017.
 © Alexis Huguet
Vaccination à Paoua dans la préfecture de Ouham-Pendé. République centrafricaine. 2017. © Alexis Huguet

Au total, plus d’un million de doses de vaccins ont été administrées à des enfants de moins de cinq ans. En fonction des besoins spécifiques de chaque zone d’intervention, les équipes MSF ont associé aux activités de vaccination d’autres mesures préventives comme le dépistage de la malnutrition, le déparasitage, la distribution de vitamines, de moustiquaires imprégnées, d’antipaludéens ou encore de savons. La campagne s’est déroulée dans les 15 préfectures où MSF avait une présence opérationnelle : Berbérati, Sosso-Nakombo, Dédé-Makouba, Gamboula, Amada-Gaza, Bangassou, Bakouma, Ouham-Pende, Carnot, Bria, Mbaiki, Moungoumba, Kabo, Batangafo et Ndélé.

Les enquêtes menées par MSF dans les zones ciblées par la campagne ont montré un taux de couverture vaccinale supérieur à 80 % à l’issue du premier tour de vaccination. Les enseignements tirés de cette campagne continuent d’orienter les réponses d’urgence ponctuelles que mène MSF dans des zones où la couverture vaccinale reste basse et où l’accès de la population à des soignants peut d’un instant à l’autre se détériorer. Les efforts des équipes se concentrent également sur le renforcement de l’appui au programme élargi de vaccination dans les structures de santé soutenues par MSF.

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