Éclairage

Soudan du Sud : une guerre civile dévastatrice

Le conflit qui oppose depuis 2013 l’armée sud soudanaise à des groupes d’opposition a provoqué le déplacement de plusieurs millions de Sud-Soudanais. Ils vivent dans la peur des affrontements et des exactions, avec très peu d’accès aux soins de santé.

26/04/2018
© Peter Bauza

SITUATION - Les 4 clés pour comprendre

1.

1 Contexte

En 2013, des dissensions éclatent au sein de l’exécutif sud-soudanais : après le renvoi du vice-président Riek Machar en juillet, de violents affrontements ont lieu en décembre dans la capitale Juba, entre ses troupes et celles du président Salva Kiir. La guerre civile s’étend alors progressivement à de nombreuses régions du Soudan du Sud, avec de lourdes conséquences pour les populations civiles. Les accords de cessez-le-feu et de paix, signés en 2014 et 2015, ne permettent pas de mettre un terme au conflit entre ces deux groupes armés, autrefois alliés dans la lutte d’indépendance du pays, contre l’armée soudanaise et le gouvernement de Khartoum. De violents combats éclatent à nouveau dans la capitale Juba en juillet 2016, la guerre civile gagne les régions méridionales du pays, jusque-là relativement épargnées, et des centaines de milliers de personnes supplémentaires sont contraintes de fuir vers l’Ouganda voisin.

Le conflit au Soudan du Sud ravive les tensions ethniques dans ce pays et cette région, ravagés par près de trois décennies de conflits armés. Le pays est exsangue : son système sanitaire est quasi inexistant, et de nombreuses structures de santé ont été détruites par des groupes armés. On compte près de 2 millions de déplacés dans le pays, 2,5 millions de réfugiés dans les pays voisins (HCR, 2017), et sur les 13 millions d’habitants que compte le Soudan du Sud, on estime que plus de la moitié dépendent de l’aide humanitaire pour leur survie.

2.

2 La carte de situation

Présence opérationnelle de MSF au Soudan du Sud en 2016

Principales interventions de Médecins Sans Frontières au Soudan du Sud. Source : rapport international de MSF 2016

©MSF

3.

3 Soudan du Sud : « Quel sera notre avenir ? »

© MSF 2016

Indépendant depuis 2011, le Soudan du Sud est plongé en pleine guerre civile depuis 2013. Dans plusieurs villes, les troupes des Nations unies ont mis en place des « camps de protection des civils ». Comme des dizaines de milliers de personnes, Elizabeth s’est réfugiée dans le camp de protection de Malakal quand le conflit a éclaté. Alors que la violence fait rage au dehors, le camp est censé leur offrir un espace de sécurité.

4.

4 Les repères chronologiques

1983

Début de la guerre civile soudanaise opposant le gouvernement soudanais à l’Armée populaire de libération du Soudan.

2005

Signature d’un accord de paix entre le gouvernement soudanais et l’Armée populaire de libération du Soudan.

2008

Ouverture d’un projet de soins secondaire et hospitaliers de MSF à Aweil, dans la région Bahr el Ghazal du Nord.

2011

Indépendance du Soudan du Sud après un l’organisation d’un référendum.

2013

Affrontements entre groupes armés dans la capitale Juba, en décembre.

2014

Signature d’un accord de cessez-le-feu entre les forces gouvernementales et rebelles en mai, suivi d’une reprise des affrontements dans les semaines suivantes.

2015

Signature d’un accord de paix entre les forces gouvernementales et rebelles en août, suivi d’une reprise des affrontements dans les semaines suivantes.

2017

Déclaration de l’état de famine dans plusieurs zones du Soudan du Sud, notamment par l’Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).

Situation - L’éclairage

Un pays déchiré par la guerre

Les cessez-le-feu et les accords de paix signés en mai 2014 et août 2015 entre les forces gouvernementales, dirigées par Salva Kiir, et le mouvement rebelle, mené par Riek Machar, n’ont pas enrayé la dynamique de conflit au Soudan du Sud. Les mouvements d’offensives et de contre-offensives pour la prise de position de villes ont ainsi continué dans le nord-est du pays dans les Etats de Jonglei et du Nil supérieur, par exemple. Tout comme les exactions (massacres, attaques, meurtres, viols) sur les populations civiles et les destructions de villes.

3 683

C’est le nombre de membres des équipes de Médecins Sans Frontières qui ont travaillé au Soudan du Sud en 2016. C’est le deuxième pays d’intervention le plus important en termes d’effectifs MSF sur le terrain.

En juillet 2016, les affrontements dans la capitale Juba se sont ensuite propagés aux villes alentours, forçant des milliers d’habitants de la région d’Equatoria à fuir, notamment vers l’Ouganda voisin. Quant à la Mission des Nations unies au Soudan du Sud (MINUSS), elle s’est révélée incapable de protéger les populations dans cette situation.

© MSF juillet 2017

Les populations déplacées à l’intérieur du pays, qui parviennent à échapper aux exactions et aux combats, sont coupées d’accès aux soins. Les populations font face à des épisodes d’extrême insécurité alimentaire, pendant lesquels le statut nutritionnel des plus vulnérables se détériore rapidement : les équipes de Médecins Sans Frontières ont dû faire face à des épidémies de choléra ou de paludisme, et à des taux de malnutrition infantile alarmants.

Le déplacement rapide des lignes de front impose aux équipes de MSF des suspensions d’activités fréquentes, comme ça a été notamment le cas en avril 2017 lorsque les combats opposant l’Armée populaire de libération aux forces Agwelek ont eu lieu non loin de la ville de Kodok, dans le nord du pays. Et certaines zones du pays sont encore inaccessibles aux équipes d’assistance humanitaire pour des raisons de sécurité.

Des populations qui se réfugient dans les pays voisins

De nombreux habitants du Soudan du Sud ont fui vers les pays frontaliers, la République démocratique du Congo, l’Ethiopie, le Soudan, le Kenya et plus particulièrement l’Ouganda. En novembre 2016, soit quelques mois après les combats violents qui ont eu lieu à Juba la capitale, ils étaient près de 2 000 par jour à fuir les exactions et les violences. Les camps de réfugiés, comme celui de Bidibidi dans le district Yumbe, en Ouganda, ont rapidement atteint leur capacité maximale et on compte plus d’un million de réfugiés sud-soudanais dans le pays (HCR, 2018).

© MSF janvier 2017

Notre intervention

MSF offre une assistance médicale d’urgence aux populations sud-soudanaises, victimes de la guerre civile qui se tient dans le pays depuis 2013.

MSF propose depuis 2013, une assistance médicale d’urgence aux Sud-Soudanais réfugiés dans le nord de l’Ouganda.

Depuis 2008, MSF offre des soins obstétricaux et pédiatriques dans l’hôpital d’Aweil, dans le nord-est du Soudan du Sud.

3 683

C’est le nombre de membres des équipes de Médecins Sans Frontières qui ont travaillé au Soudan du Sud en 2016.

MSF

offre depuis 2013 une assistance médicale d’urgence aux réfugiés sud-soudanais dans le nord de l’Ouganda.

MSF

porte une assistance médicale d’urgence aux populations victimes de la guerre civile qui se tient dans le pays depuis 2013.

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