Soudan du Sud : 125 femmes et jeunes filles victimes de violences sexuelles

Les équipes de Médecins Sans Frontières proposent des soins de santé sexuelle et reproductive dans le camp de Bentiu, notamment aux victimes de violences sexuelles. Soudan du Sud. 2017.
Les équipes de Médecins Sans Frontières proposent des soins de santé sexuelle et reproductive dans le camp de Bentiu, notamment aux victimes de violences sexuelles. ©Peter Bauza

Au cours de la semaine dernière, les équipes de Médecins Sans Frontières (MSF) ont offert une assistance médicale et psychosociale d’urgence à 125 femmes et jeunes filles qui ont été violées, battues et brutalisées entre le 19 et le 29 novembre 2018, dans le comté de Rubkona, dans le nord du Soudan du Sud.

« Ces femmes et jeunes filles sont venues “en masse” à la clinique MSF de Bentiu, la semaine dernière, après avoir survécu à d’horribles épisodes de violences sexuelles, explique Ruth Okello, sage-femme MSF. Certaines d’entre elles sont de petites filles qui ont moins de 10 ans et d’autres, des femmes de plus de 65 ans. Les femmes enceintes n’ont pas non plus été épargnées par ces attaques brutales. »

En plus d’avoir été sauvagement violées, les survivantes ont été fouettées, battues ou frappées à l’aide de bâtons ou de crosses de fusils. On leur a dérobé de l’argent, des vêtements, des chaussures et tout autre objet de valeur qu'elles auraient pu posséder et dont elles auraient pu avoir besoin pour soutenir leur famille. Même leurs cartes de rationnement pour recevoir de la nourriture ont été prises et détruites par les agresseurs.

Le camp de protection des civils de Bentiu en septembre 2017. Environ 115 000 personnes déplacées par la guerre vivent désormais sur ce site.
 © Peter Bauza
Le camp de protection des civils de Bentiu en septembre 2017. Environ 115 000 personnes déplacées par la guerre vivent désormais sur ce site. © Peter Bauza

Ces cas de violence sexuelle coïncident avec une augmentation des déplacements de populations à mesure que les gens tentent de rejoindre les distributions de nourriture dans la zone. Les femmes disent se déplacer, pour leur sécurité, au sein de groupes plus importants, mais ce sont des groupes d’assaillants agressifs plus nombreux qui les attaquent en retour.


« Depuis trois ans que nous travaillons au Soudan du Sud, je n’ai jamais vu une augmentation si drastique du nombre de victimes de violences sexuelles qui viennent se faire soigner auprès de nos équipes, ajoute Ruth Okello. Entre janvier et octobre 2018, nous avons traité 104 patientes ayant survécu à des actes de violences sexuelles, alors que pour la seule semaine passée, nous avons porté assistance à 125 personnes. »

« Les enfants, les femmes et les hommes de ce comté ravagé de Rubkona ont besoin de sécurité et de protection de toute urgence, afin qu’ils puissent accéder à l’aide humanitaire, dont les distributions de nourriture, précise Akke Boere, responsable opérationnel MSF au Soudan du Sud. Ces attaques horribles montrent que ces personnes continuent à vivre dans un environnement extrêmement violent et dangereux. »

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