Guerre au Yémen : comment empêcher la catastrophe programmée ?

Michaël Neuman, directeur d'études au CRASH, en débattait dans l'émission 28 Minutes sur Arte.

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Au Yémen, une situation humanitaire «désespérée»

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Éclairage

Réduire les risques liés à la grossesse

On estime que 99 % des décès de femmes liés à la grossesse ou l’accouchement ont lieu dans les pays en développement. Les équipes de Médecins Sans Frontières assistent chaque année près de 250 000 naissances sur leurs terrains.

14/11/2018
© Frédéric NOY

SITUATION - Les 4 clés pour comprendre

1.

1 Contexte

Chaque jour, plus de 800 femmes meurent des suites de complications ou de maladies liées à leur grossesse ou à leur accouchement (OMS). On estime que près de la moitié des enfants de moins de cinq ans décèdent pendant leur premier mois de vie, et le quart lors du premier jour. La mortalité maternelle et infantile touche principalement les pays en voie de développement, particulièrement l’Afrique sub-saharienne et l’Asie du Sud, des régions dans lesquelles l’accès aux soins de santé est très faible.

 

Des millions de naissances ont ainsi lieu chaque année sans recours possible à du personnel qualifié, à cause d’un contexte particulier (conflit armé, migrations, déplacements, catastrophes naturelles…), d’une trop grande distance jusqu’au centre de santé ou d’un manque d’informations ou de moyens. Des situations dans lesquelles des gestes simples et du matériel adapté pourraient sauver des milliers de vies.

2.

2 Sur le terrain

Une femme a accouché de deux jumeaux, assistée par les équipes de Médecins Sans Frontières. Old Fangak. Soudan du Sud. 2017.

Camille, responsable du service maternité de l'hôpital d'Old Fangak, regarde à travers la moustiquaire des jumeaux recroquevillés dans les bras de leur mère. Elle a contribué à les mettre au monde quelques jours plus tôt. Soudan du Sud. 2017.

©Frédéric NOY

3.

3 Décryptage

© MSF - 2016

En novembre 2014, MSF a ouvert un service d’urgence spécialisé en soins obstétriques et néonataux au sein de l’hôpital public de Dasht-e-Barchi, dans l’ouest de Kaboul. Ce service est l’une des rares offres de soins gratuites dans ce quartier de la capitale afghane.

4.

4 Les repères chronologiques

2004

Intégration formelle de l’accès à l’interruption volontaire de grossesse dans les soins offerts par MSF.

2008

Ouverture d’un projet de gestion des services pédiatriques et de maternité à Aweil au Soudan du Sud.

2008

Ouverture d’un projet de gestion des urgences obstétriques de l’hôpital de Jahun au Nigéria.

2011

Ouverture d’un hôpital construit et géré par MSF à Peshawar au Pakistan.

2012

Ouverture d’une maternité à Khost, dans l’est de l’Afghanistan.

2014

Ouverture de la maternité MSF de Dasht-e-Barchi à Kaboul, spécialisés dans les urgences obstétriques, au sein de l’hôpital du ministère de la Santé.

2014

Ouverture d'un programme MSF de santé maternelle et infantile dans la région du Hambol en Côte d'Ivoire en collaboration avec le ministère de la Santé.

Situation - L’éclairage

Sur les terrains de Médecins Sans Frontières, les équipes de l’association sont amenées à lutter contre les cinq principales causes de mortalité maternelle : hémorragie, septicémie, avortement non-médicalisé, complication liée à de l’hypertension artérielle et obstruction lors de l’accouchement.

250 000

Médecins Sans Frontières a assisté 250 000 naissances dans le monde en 2016, dont 24 000 par césarienne.

Les soins obstétricaux d’urgence

La majorité des décès maternels surviennent juste avant, pendant ou après l’accouchement, généralement dus à des complications imprévues. On estime qu’environ 15 % des accouchements dans le monde présentent des complications potentiellement mortelles, et les mortalités maternelles et néonatales, qui concernent le bébé dans ses 28 premiers jours, sont étroitement liées. L’accès à des soins d’urgence obstétricaux et néonataux s’avère crucial pour ces cas-là : une équipe médicale qualifiée peut identifier le problème, et avoir à sa disposition les médicaments et le matériel nécessaires pour intervenir rapidement.

Offrir un suivi lors de la grossesse, notamment au niveau des vaccinations, et un traitement contre les infections avant ou après l’accouchement permet de réduire ou de soigner avec des antibiotiques, les infections qui participent à près de 15 % à la mortalité maternelle. L’une des mesures les plus efficaces est la vaccination des futures mères contre le tétanos qui protège l'enfant contre les formes néonatales de la maladie, presque toujours mortelles. Les hémorragies, qui surviennent principalement après l’accouchement, peuvent être évitées et traitées simplement, avec par exemple une injection d’ocytocine pour les cas les moins sévères.

Un personnel médical expérimenté peut anticiper les obstructions lors de l’accouchement et décider de l’utilisation d’une assistance instrumentale ou de la nécessité d’une césarienne, une des interventions chirurgicales les plus pratiquées par Médecins Sans Frontières. Les césariennes peuvent également éviter le décès de la mère, notamment lors d’une éclampsie, caractérisée par des convulsions et provoquée par de l’hypertension artérielle, lorsque l’administration de sulfate de magnésium ne suffit pas. Enfin, un personnel qualifié peut également détecter et soigner les cas de fistules vésico-vaginales, une pathologie sous-estimée et stigmatisante, qui touche près de 100 000 femmes chaque année.

L’interruption volontaire de grossesse 

Parmi les principales causes de mortalité maternelle, les complications liées aux avortements non-médicalisés sont les seules qu’il est totalement possible de prévenir. Mais près de la moitié des avortements dans le monde sont réalisés dans des conditions précaires, et on estime que 90 % d’entre eux ont lieu dans des pays en voie de développement. Ces mauvaises conditions et l’absence de personnel qualifié augmentent considérablement le risque de complications : hémorragies sévères, infections, péritonites, entraînant des traumatismes, la stérilité, voire le décès.

Depuis 2004, Médecins Sans Frontières s’est engagée formellement à intégrer l’accès à l’interruption volontaire de grossesse dans les soins de santé maternelle qu’elle offre sur ses terrains d’intervention.

Notre intervention

Médecins Sans Frontières offre des soins de santé maternelle et infantile dans de nombreux pays dans le monde et assiste près de 250 000 naissances par an. Vous trouverez ici quelques-unes des opérations de Médecins Sans Frontières dédiées à la santé maternelle et infantile.

Depuis 2008, Médecins Sans Frontières offre des soins obstétricaux et pédiatriques dans l’hôpital d’Aweil, au nord-est du Soudan du Sud.

Les équipes de Médecins Sans Frontières gèrent les services de pédiatrie et de maternité de l’hôpital d’Aweil, la capitale de l’Etat de Bahr el-Ghazal du Nord. Dans ce cadre, elles luttent aussi contre le paludisme et la malnutrition.

Depuis 2008, Médecins Sans Frontières offre des soins obstétricaux et chirurgicaux dans l’Etat de Jigawa, dans le nord du Nigeria.

Les équipes de Médecins Sans Frontières gèrent les urgences obstétriques de l’hôpital de Jahun, avec une prise en charge des fistules vésico-vaginales et soutiennent des centres de santé primaire dans les villes de Jahun et Miga, dans l’État de Jigawa,

Depuis 2009, date de son retour dans le pays, Médecins Sans Frontières offre des soins de santé maternelle et infantile aux populations afghanes.

Les équipes de Médecins Sans Frontières sont présentes à Kaboul et dans les provinces de Khôst, à l’est, et du Helmand, au sud-ouest de l’Afghanistan. Elles offrent des soins obstétricaux et pédiatriques et contribuent à réduire la mortalité maternelle et infantile, très élevée dans ce pays.

Médecins Sans Frontières offre des soins de santé maternelle et infantile à Benghazi, en Libye.

Les équipes de Médecins Sans Frontières travaillent dans une clinique de Benghazi et offrent des soins obstétricaux, pédiatriques et de santé mentale aux populations vulnérables de la région.

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