2016 : les équipes MSF auprès des plus vulnérables. Rétrospective annuelle des actions de Médecins Sans Frontières

Rétrospective annuelle des actions de Médecins Sans Frontières
©Anna Surinyach/MSF

12 mois d'actions en images

Janvier - Ebola

Le 14 janvier, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) annonce la fin de l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest. Tandis que MSF continue à offrir des soins aux survivants, elle rappelle à la communauté internationale qu’il est primordial de tirer des leçons afin d’améliorer la réponse apportée lors d’épidémies futures et maladies négligées de ce type. 

Février - Syrie

L’hôpital MSF de Maarat Al-Nouman dans le nord de la Syrie est bombardé le 15 février par la coalition gouvernementale, tuant 25 personnes. Dans un rapport paru quelques jours plus tard, MSF recense une centaine d’attaques sur les hôpitaux et dispensaires qu’elle a soutenus en Syrie tout au long de l’année 2015. 

Mars - France

MSF aménage un nouveau site, en collaboration avec la municipalité, pour reloger les personnes vivant dans la boue et le froid du camp de Grande-Synthe, dans le nord de la France. Ainsi, 375 abris en bois, chauffés, comportant des douches et des toilettes et pouvant chacun accueillir 4 personnes, sont installés. 

Avril - Malawi

Pour lutter contre une épidémie de choléra déclarée dans trois districts autour du Lac Chilwa dans le sud-est du Malawi, MSF organise une grande campagne de vaccination. C’est en bateau et en voiture que les équipes ont atteint les 80 000 personnes vivant autour et sur le lac pour leur administrer les doses de vaccin contre le choléra. Elles ont également pris en charge les malades dans des centres de traitement et distribué des filtres à eaux à la population. 

Mai - Vaccination

415 959, c’est le nombre de signatures recueillies par la pétition « Afairshot » demandant aux laboratoires pharmaceutiques GSK et Pfizer de réduire le prix du vaccin contre le pneumocoque à 5$. Le 27 avril dernier, elle était remise au quartier général de Pfizer à New-York. Même si la décision est à présent entre leurs mains, MSF poursuivra sa mobilisation en faveur de la vaccination pour tous.

Juin - Nigéria

Les équipes médicales font face à une situation sanitaire critique dans le l’État de Borno, dans le nord-est du Nigeria. Entre 500 000 et 800 000 personnes déplacées ou vivant dans des enclaves ont un besoin urgent de nourriture, de soins médicaux, d’eau potable et d’abri. MSF intervient à Maiduguri et dans les villes de Bama et de Mongono où ses équipes effectuent des consultations médicales, prennent en charge les enfants malnutris et distribuent de la nourriture. 

Juillet - Soudan du Sud

De violents affrontements entre armée sud-soudanaise et groupes armées à Wau, capitale de l’État du Bahr el-Ghazal occidental au Soudan du Sud, entraînent le déplacement de milliers de personnes. MSF a déployé un dispensaire mobile sur un site regroupant des milliers de personnes, assoiffées, affamées et dépourvues de tout : en deux jours, plus de 330 personnes ont été reçues en consultation. 

Août - Yémen

L’hôpital de la ville de Abs, soutenue par MSF et situé dans le gouvernorat de Hajjah, dans le nord-ouest du Yémen, est touché par une frappe aérienne le 15 août. Quatrième attaque sur une structure MSF, elle est la plus meurtrière. 19 personnes, dont un membre de MSF, y perdent la vie et 24 autres sont blessées. MSF prend la décision d’évacuer son personnel des 6 hôpitaux dans lesquels elle intervient dans le nord du pays. 

Septembre - République Démocratique du Congo

Médecins Sans Frontières mobilise des centaines de travailleurs et des ressources considérables pour soutenir les autorités congolaises dans leur campagne de vaccination de grande ampleur contre la fièvre jaune durant laquelle 10,5 millions de personnes seront vaccinées. 

Octobre - Mer Méditerranée 

MSF poursuit ses opérations de sauvetage en Mer Méditerranée, l’un des seuls points de passage vers l’Europe. Depuis avril 2016, les équipes MSF ont porté secours à 19 700 personnes grâce aux opérations de sauvetages menées à bord du Dignity I, du Bourbon Argos et de l’Aquarius (ce dernier en partenariat avec SOS Méditerranée).

 

Novembre - Ouganda

L’Ouganda est dépassé par les centaines de milliers de personnes fuyant les violences au Soudan du Sud. Depuis les combats qui ont atteint Juba, capitale du Soudan du Sud, en juillet dernier, 250 000 réfugiés sud-soudanais sont arrivés en Ouganda. Ce rythme n’a cessé de s’accélérer au cours des derniers mois : actuellement 2000 personnes par jour fuient exactions et violences. 

 

Décembre - Alep

Les quartiers assiégés d’Alep ont subi d’innombrables et violents bombardements depuis le début du conflit syrien. Alors que des négociations sont en cours pour permettre l’évacuation des populations civiles, les conditions de vie sont extrêmes. Les stocks sont épuisés et la situation dans la ville est critique. Les gens dorment dans les rues, les voitures et les mosquées, sans nourriture ni eau. Il fait froid et il n’y a ni chauffage ni électricité. Les gens perdent tout espoir. MSF reste en contact avec de nombreux médecins à l’intérieur de l’enclave. Ils sont terrifiés à l’idée d’être victimes de représailles pour avoir continué à soigner en zone rebelle et demandent à être évacués.

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Janvier - Ebola

Le 14 janvier, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) annonce la fin de l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest. Tandis que MSF continue à offrir des soins aux survivants, elle rappelle à la communauté internationale qu’il est primordial de tirer des leçons afin d’améliorer la réponse apportée lors d’épidémies futures et maladies négligées de ce type. 

Février - Syrie

L’hôpital MSF de Maarat Al-Nouman dans le nord de la Syrie est bombardé le 15 février par la coalition gouvernementale, tuant 25 personnes. Dans un rapport paru quelques jours plus tard, MSF recense une centaine d’attaques sur les hôpitaux et dispensaires qu’elle a soutenus en Syrie tout au long de l’année 2015. 

Mars - France

MSF aménage un nouveau site, en collaboration avec la municipalité, pour reloger les personnes vivant dans la boue et le froid du camp de Grande-Synthe, dans le nord de la France. Ainsi, 375 abris en bois, chauffés, comportant des douches et des toilettes et pouvant chacun accueillir 4 personnes, sont installés. 

Avril - Malawi

Pour lutter contre une épidémie de choléra déclarée dans trois districts autour du Lac Chilwa dans le sud-est du Malawi, MSF organise une grande campagne de vaccination. C’est en bateau et en voiture que les équipes ont atteint les 80 000 personnes vivant autour et sur le lac pour leur administrer les doses de vaccin contre le choléra. Elles ont également pris en charge les malades dans des centres de traitement et distribué des filtres à eaux à la population. 

Mai - Vaccination

415 959, c’est le nombre de signatures recueillies par la pétition « Afairshot » demandant aux laboratoires pharmaceutiques GSK et Pfizer de réduire le prix du vaccin contre le pneumocoque à 5$. Le 27 avril dernier, elle était remise au quartier général de Pfizer à New-York. Même si la décision est à présent entre leurs mains, MSF poursuivra sa mobilisation en faveur de la vaccination pour tous.

Juin - Nigéria

Les équipes médicales font face à une situation sanitaire critique dans le l’État de Borno, dans le nord-est du Nigeria. Entre 500 000 et 800 000 personnes déplacées ou vivant dans des enclaves ont un besoin urgent de nourriture, de soins médicaux, d’eau potable et d’abri. MSF intervient à Maiduguri et dans les villes de Bama et de Mongono où ses équipes effectuent des consultations médicales, prennent en charge les enfants malnutris et distribuent de la nourriture. 

Juillet - Soudan du Sud

De violents affrontements entre armée sud-soudanaise et groupes armées à Wau, capitale de l’État du Bahr el-Ghazal occidental au Soudan du Sud, entraînent le déplacement de milliers de personnes. MSF a déployé un dispensaire mobile sur un site regroupant des milliers de personnes, assoiffées, affamées et dépourvues de tout : en deux jours, plus de 330 personnes ont été reçues en consultation. 

Août - Yémen

L’hôpital de la ville de Abs, soutenue par MSF et situé dans le gouvernorat de Hajjah, dans le nord-ouest du Yémen, est touché par une frappe aérienne le 15 août. Quatrième attaque sur une structure MSF, elle est la plus meurtrière. 19 personnes, dont un membre de MSF, y perdent la vie et 24 autres sont blessées. MSF prend la décision d’évacuer son personnel des 6 hôpitaux dans lesquels elle intervient dans le nord du pays. 

Septembre - République Démocratique du Congo

Médecins Sans Frontières mobilise des centaines de travailleurs et des ressources considérables pour soutenir les autorités congolaises dans leur campagne de vaccination de grande ampleur contre la fièvre jaune durant laquelle 10,5 millions de personnes seront vaccinées. 

Octobre - Mer Méditerranée 

MSF poursuit ses opérations de sauvetage en Mer Méditerranée, l’un des seuls points de passage vers l’Europe. Depuis avril 2016, les équipes MSF ont porté secours à 19 700 personnes grâce aux opérations de sauvetages menées à bord du Dignity I, du Bourbon Argos et de l’Aquarius (ce dernier en partenariat avec SOS Méditerranée).

 

Novembre - Ouganda

L’Ouganda est dépassé par les centaines de milliers de personnes fuyant les violences au Soudan du Sud. Depuis les combats qui ont atteint Juba, capitale du Soudan du Sud, en juillet dernier, 250 000 réfugiés sud-soudanais sont arrivés en Ouganda. Ce rythme n’a cessé de s’accélérer au cours des derniers mois : actuellement 2000 personnes par jour fuient exactions et violences. 

 

Décembre - Alep

Les quartiers assiégés d’Alep ont subi d’innombrables et violents bombardements depuis le début du conflit syrien. Alors que des négociations sont en cours pour permettre l’évacuation des populations civiles, les conditions de vie sont extrêmes. Les stocks sont épuisés et la situation dans la ville est critique. Les gens dorment dans les rues, les voitures et les mosquées, sans nourriture ni eau. Il fait froid et il n’y a ni chauffage ni électricité. Les gens perdent tout espoir. MSF reste en contact avec de nombreux médecins à l’intérieur de l’enclave. Ils sont terrifiés à l’idée d’être victimes de représailles pour avoir continué à soigner en zone rebelle et demandent à être évacués.

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Focus sur…

Une année aux côtés des réfugiés sur les routes d’Europe

Chaque année, la violence et le désespoir poussent des milliers de personnes à risquer leur vie dans un voyage dangereux à travers la mer Méditerranée et au sein de l’Union Européenne. 

MSF se mobilise pour apporter soutien et soins à ces hommes, ces femmes et ces enfants, notamment en Grèce et en France.

L’accueil en Grèce

© MSF

MSF est intervenue dans plusieurs villes et îles de Grèce tout au long de l’année 2016. Sur l’île de Samos, nos équipes ont accueilli les migrants et réfugiés venant de Turquie au moment où ils débarquaient sur les côtes. 

Elles leur dispensaient les premiers soins et distribuaient de l’eau, des biscuits et des couvertures avant de les emmener en bus à Vathy, où se faisait leur enregistrement. À Vathy, l’équipe a donné des consultations médicales et dispensé des soins de santé mentale. 

MSF a déployé des activités similaires à Agathonisi, une petite île de 120 habitants où des réfugiés accostaient également. 

En 2016, MSF a dispensé plus de 12 000 consultations aux réfugiés arrivés en Grèce, distribué plus de 25 000 repas et prodigué les premiers soins à plus de 7400 personnes arrivant sur les îles de Samos et d'Agathonisi.

Camp de réfugiés de Katsikas, Grèce, en juillet 2016.
 © Bruno Fert
En 2016, MSF a dispensé plus de 12 000 consultations aux réfugiés arrivés en Grèce, distribué plus de 25 000 repas et prodigué les premiers soins à plus de 7400 personnes arrivant sur les îles de Samos et d'Agathonisi. Camp de réfugiés de Katsikas, Grèce, en juillet 2016. © Bruno Fert

Des soins et des abris en France

© MSF

Grande-Synthe, camp de réfugiés ou décharge à ciel ouvert ?

À Calais, les équipes ont effectué des consultations médicales et ont installé des douches et des latrines sur le site de « la Jungle » où des exilés syriens, afghans, érythréens ou encore irakiens vivaient dans des conditions insalubres. En mai 2016, ils étaient environ 5 000 à survivre dans « cette décharge à ciel ouvert ».

Dans le camp de Grande-Synthe, situé à 6km de Dunkerque, 2 500 personnes, dont nombre de familles avec de jeunes enfants, étaient contraintes de camper dans la boue et le froid. Face à ce constat, MSF, qui y avait déjà déployé des activités médicales, a décidé en janvier 2016 d’aménager un nouveau site comprenant des abris en bois chauffés, des douches et des toilettes.  

« La seule chose dont nous pouvons nous targuer, c’est d’avoir, avec d’autres ONG et collectifs présents sur Grande-Synthe, sorti des gens de la boue et de l’indignité dans laquelle les autorités les ont maintenus. Maintenant le problème reste entier. Ce camp n’est que la démonstration qu’avec un minimum de ressources, il est possible de proposer des conditions de vie sommaires mais décentes à des gens qui n’ont pas vocation à y rester », André Jincq, responsable des interventions auprès des réfugiés pour MSF.

À Calais, les équipes MSF ont dispensé plus de 8 400 consultations entre novembre 2015 et février 2016.

Démantèlement de la « Jungle », octobre 2016.
 © Samuel Hanryon/MSF
À Calais, les équipes MSF ont dispensé plus de 8 400 consultations entre novembre 2015 et février 2016. Démantèlement de la « Jungle », octobre 2016. © Samuel Hanryon/MSF

En direct du terrain

Prince a fui le Nigeria pour la Libye, il y a 10 ans. Quand la guerre a éclaté en Libye, il a fui vers l’Italie. Après un an et demi, alors que sa demande d’asile est rejetée, il part en France. Au bout de quatre ans, il se décide à tenter de rejoindre l’Angleterre et arrive à Calais. 

© MSF

Prince, 26 ans

« Je veux aller là où sont les miens, c’est-à-dire en Angleterre. J’ai beaucoup souffert. Où que j’aille, il y a des problèmes. Dès que je mets le pied quelque part, il y a un problème. La chance est contre moi, je ne sais pas pourquoi. Je continue d’essayer... Je continuer de bouger. »

À Calais comme sur les îles en Grèce, MSF a été présente en plusieurs endroits clés du parcours des réfugiés et demandeurs d’asile. 

Suite à l’entrée en vigueur de l’accord sur les réfugiés conclu par l’Union européenne et la Turquie, Médecins Sans Frontières a décidé de suspendre ses activités liées au « hotspot » de la Moria, sur l’île de Lesbos ainsi que le transport des réfugiés vers le « hotspot » sur l’île de  Samos.

Entretien avec André Jincq, responsable des interventions auprès des réfugiés pour MSF

« La première chose que nous devrions distribuer, ce sont des pinces coupantes. »

André Jincq, responsable des interventions auprès des réfugiés pour MSF

« Que dire du sort des réfugiés, enfermés derrière des grilles, prisonniers d’un calcul mathématique étriqué, désormais forcés d’embarquer sur les bateaux après avoir parfois pris tous les risques pour fuir la violence ? On peut légitimement craindre l’accroissement de tensions déjà vives, nourries par une politique funeste imposée d’en haut, et par laquelle on demande aux Grecs, bénévoles et solidaires des migrants ainsi qu’aux organisations d’aide, tantôt de baisser les bras, de fermer les yeux ou de servir d’auxiliaires dans l’application de décisions toujours plus inhumaines. »

Une année au plus près des victimes de conflits armés

Libye

Polyclinique de Zwara, en Libye. Avril 2016
 © Samuel Gratacap
Polyclinique de Zwara, en Libye. Avril 2016 © Samuel Gratacap
© MSF
© MSF

Khaled  Almnfe, chef de mission adjoint de MSF en Libye :

« 80 % des hôpitaux du pays ont réduit leurs activités et n’assurent plus que les urgences. Seules la maternité et les urgences fonctionnent encore, mais avec des difficultés parce qu’il n’y a pas assez de personnel médical. La plupart du temps, ils demandent aux patients d’amener le matériel médical. 

Imaginons que ma femme est sur le point d’accoucher, je l’amène à l’hôpital, mais je dois m’arrêter en chemin dans une pharmacie privée pour acheter du matériel alors que les soins devraient être gratuits à l’hôpital. 

Tout cela est devenu problématique pour l’accès aux soins dans tout le pays, et pas seulement dans quelques villes. » 

© MSF

République Centrafricaine

Vaccination et dépistage de la malnutrition, République centrafricaine, février 2014. 
 © Pierre-Yves Bernard/MSF
Vaccination et dépistage de la malnutrition, République centrafricaine, février 2014.  © Pierre-Yves Bernard/MSF

Adama, 12 ans, a rejoint l’enclave de Carnot après avoir fui sa ville natale de Gueng :

« C’est parce que les anti-balaka* sont venus que nous sommes partis. Je suis venue avec ma mère et mes deux frères. Les anti-balaka ont tué mon père. Ici, si quelqu’un veut amener des problèmes, nous lui disons non. Il n’y a pas de divisions entre nous. Nous lui rappelons ce qui est arrivé et que le passé appartient au passé. 

Selon moi, nous sommes bien à Carnot par rapport à Gueng. À Gueng, on tuait les gens sous nos yeux. Ceux qui sont partis avant et qui n’ont pas vu l’attaque peuvent y retourner. Mais nous, ils ont tué mon père sous nos yeux. »

* Les anti-balaka désignent les milices d’auto-défense mises en place par des paysans et apparues en République centrafricaine en 2009 pour lutter contre les coupeurs de route.

© MSF

Yémen

L’hôpital d’Haydan, dans le nord du pays, détruit dans un bombardement en mars 2016.
 © Atsuhiko Ochiai
L’hôpital d’Haydan, dans le nord du pays, détruit dans un bombardement en mars 2016. © Atsuhiko Ochiai
© MSF
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Céline Langlois, coordinatrice d’urgence pour MSF au Yémen :

« Les avions au-dessus de nos têtes maintiennent les gens en alerte, empêchent les enfants de dormir, réveillent les bébés au milieu de la nuit, et surtout, tuent des personnes. 

Les Yéménites ont appris à vivre avec, nous avons fait de même. L’avion survole la ville, lâche une bombe et s’en va, et puis revient. Il peut rester dans le ciel pendant quatre heures, rendant tout le monde nerveux. Tout ce que les gens souhaitent, c’est que l’avion vide sa cargaison mortelle et s’en aille pour qu’ils puissent reprendre leur vie. Tous les jours, des bombes sont lâchées au Yémen et c’est comme cela que tout le monde vit. » 

© MSF

Nigéria

Une distribution de nourriture organisée par MSF pour les déplacés, à Maïduguri, dans le nord-ouest du Nigeria, en novembre 2016.
 © Aurelie Baumel/MSF
Une distribution de nourriture organisée par MSF pour les déplacés, à Maïduguri, dans le nord-ouest du Nigeria, en novembre 2016. © Aurelie Baumel/MSF
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Fatima s’est réfugiée avec sa famille à Mairi Kuwait, quartier de Maiduguri, après l’attaque de son village par Boko Haram. Elle a été prise en charge par les équipes de MSF : 

« Mon enfant est malade. J’ai quitté Mairi Kuwait, tôt ce matin. Je suis venue à pied. Quand je suis arrivée, j’avais faim et ma fille aussi. Nous étions assoiffées. Elle allait très mal. Comme je n’ai pas d’argent, j’ai dû faire ce long trajet pour venir ici. Je suis partie à 6h du matin et je suis arrivée ici à 3h de l’après-midi. 

Quand nous sommes arrivées, ils nous ont donné des médicaments. Ma fille réagit bien au traitement. Maintenant elle va mieux. 

J’ai laissé mes autres enfants chez moi. Je ne sais pas s’ils pourront manger. C’est leur père qui s’occupe d’eux. Il vend de l’eau mais il ne gagne pas beaucoup d’argent. 

Quand je partirai d’ici, je ne saurai pas quoi faire. Je n’ai pas d’argent. Je ne sais pas comment rentrer. » 

© MSF

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