Opération

Yémen : assistance aux victimes du conflit

© Mohammed Sanabani/MSF

Médecins Sans Frontières apporte une assistance médicale d’urgence aux populations victimes du conflit au Yémen.

Les équipes de Médecins Sans Frontières travaillent dans douze hôpitaux et centres de santé au Yémen, dans 11 gouvernorats du pays, et offrent notamment des soins pédiatriques, obstétricaux, chirurgicaux, médico-nutritionnels, une prise en charge des personnes affectées par le paludisme et une réponse aux urgences, comme lors de l’épidémie de choléra en 2017. L’association apporte également son soutien à une vingtaine de structures de santé dans le pays.

Selon le groupe de surveillance indépendant Yemen Data Project, 17 729 civils ont été blessés ou tués au Yémen lors des raids aériens de la coalition menée par l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis, entre 2015 et 2019. Le gouvernorat de Saada, situé dans le nord, reste le gouvernorat le plus ciblé par ces frappes, avec 23% des raids recensés depuis mars 2015. Les bombardements touchent toutes les infrastructures, notamment civiles.

Pourquoi Médecins Sans Frontières intervient ?

Le conflit au Yémen a pris une tournure dramatique depuis mars 2015 et l’intervention militaire de la coalition militaire menée par l’Arabie saoudite et les Emirats Arabes Unis, en soutien au gouvernement reconnu internationalement dans son combat contre les forces d’Ansar Allah. Bombardements aériens, balles perdues, mines ou encore snipers menacent au quotidien les populations civiles dans le pays. Déjà défaillant avant le début du conflit, le système de santé du Yémen s’est effondré : selon une estimation des Nations Unies, plus de la moitié des infrastructures sanitaires sont détruites,. Les Yéménites sont par ailleurs affectées par une grave crise économique, avec une forte inflation sur les biens de première nécessité et une perte de pouvoir d’achat, notamment en raison des restrictions sur les importations dans le pays.

Notre intervention

Médecins Sans Frontières apporte une assistance médicale d’urgence aux populations yéménites, dans 11 gouvernorats du pays.

Les équipes de Médecins Sans Frontières sont présentes aussi bien dans le nord du pays, dans les zones contrôlées par les Houthis, que dans le sud, dans les zones contrôlées par le gouvernement du président Hadi, reconnu internationalement. 

Dans le gouvernorat de Saada, dans le nord du Yémen, les équipes de MSF travaillent de nouveau dans l’hôpital de Haydan depuis 2017, détruit par une frappe aérienne de la coalition en 2015. Elles offrent une prise en charge des urgences, des soins pédiatriques, obstétriques, prénataux et postnatals. 

Dans le gouvernorat d’Amran, au nord de la capitale Sanaa, Médecins Sans Frontières soutient l’hôpital de référence Al-Salam de Khameer. 

A la suite de l’intensification du conflit et de l’offensive dirigée par la coalition sur la ville de Hodeïdah en juin 2018, MSF a ouvert un hôpital de campagne à Mocha en août 2018 pour prendre en charge les blessés de guerre et les femmes enceintes nécessitant une intervention chirurgicale d’urgence. Dans la ville portuaire de Hodeïdah, MSF travaille également à l’hôpital d’Al‐Salakhana depuis septembre 2018 et y gère une salle d’urgence et trois blocs opératoires, afin de prendre en charge les cas de traumatismes, notamment liés au conflit.

Dans le gouvernorat d’Aden, ville portuaire du sud du Yémen, les équipes de MSF gèrent un hôpital d’urgence chirurgicale, et offrent notamment des soins de traumatologie et de physiothérapie. Ouvert en 2012, plus de 30 000 consultations d’urgence y ont été effectuées depuis. En 2018, 5 400 opérations chirurgicales y ont été réalisées, dont 90% liées à la violence.

A Taïz, une ville située dans le sud du pays, MSF mène des opérations d’assistance médicale d’urgence des deux côtés de la ligne de front. De nombreux hôpitaux sont fermés ou détruits à cause du conflit. Dans le quartier de Al Houban, l’association gère l’hôpital de santé maternelle et infantile, et offre notamment des soins médico-nutritionnels. Les équipes offrent également des soins de traumatologie pour les blessés de guerre et les victimes de violence dans un centre dédié. Les déplacements dans et vers cette ville restent limités et dangereux, aussi bien pour les civils que pour le personnel des organisations humanitaires. 

Médecins Sans Frontières travaille également dans l’hôpital d’Abs, touché par une frappe aérienne de la coalition en août 2016, qui avait coûté la vie à 19 personnes et en avait blessé 24 autres.

L’association apporte aussi son soutien à une vingtaine de structures de santé aussi bien dans la ville de Taïz, que dans celle de Sanaa. Le soutien aux structures de santé se fait en fonction des besoins : dons de médicaments, de matériel, formations, référence vers des hôpitaux, appui aux services d’urgence...

 

Chronologie des évènements au Yémen depuis 2014