Consultation de soins psychiques au Liban, en décembre 2010 © Dina Debbas

Consultation de soins psychiques au Liban, en décembre 2010 © Dina Debbas

Journée mondiale de la santé mentale

Retrouvez notre dossier consacré à la Journée mondiale de la Santé mentale et regroupant des histoires de patients recueillies sur nos terrains d'intervention.

Des psychologues et psychiatres MSF mettent en place des thérapies intensives de courte ou moyenne durée principalement basées sur la parole, afin de soulager et aider les personnes qui nécessitent de tels soins.

Un traitement médicamenteux adapté peut être associé à la psychothérapie pour les cas les plus sévères.


Description de l'activité

Les soins psychiques s'adressent à des personnes souffrant de troubles consécutifs aux violences et aux pertes subies lors de situations de conflits, de guerres, de catastrophes, de déplacements forcés, d'épidémies ou de violences sexuelles.

Ils s'adressent aussi à des personnes soignées pour une condition médicale telle qu' une maladie chronique (tuberculose ou VIH/sida) ou qui ont subit des actes chirurgicaux et qui présentent des signes de souffrance psychologique.

La prise en charge s’oriente en priorité vers des troubles accessibles à une intervention psychothérapeutique intensive et de moyenne durée, laquelle s'avère efficiente sur les troubles suivants :

  • les troubles psycho-traumatiques (état de choc, détresse, souvenirs intrusifs)
  • les troubles anxieux (angoisses, phobies)
  • les troubles dépressifs (perte de l'estime de soi, pensées suicidaires, deuils)
  • les manifestations symptomatiques douloureuses et invalidantes

 

Auprès de quels patients MSF intervient-elle ?


► Les victimes de violences

Tout contexte de crise ou de conflit accroît le niveau des affections individuelles d’ordre psychologique générées par la confrontation avec la violence, les pertes, l’abandon, la fuite, les blessures et atteintes physiques, etc.

Dans certains contextes où nous intervenons, le réseau local n'est pas en mesure de prendre en charge les personnes souffrant de troubles psychiques. Le soutien psychologique fourni par les équipes MSF s’adresse aux personnes les plus affectées, ou les plus vulnérables, qui présentent de manière durable des symptômes psychiques et des troubles qui peuvent handicaper gravement leur fonctionnement quotidien, et entraîner une détresse intense.

Le cas particulier des violences sexuelles, par l’impact émotionnel et personnel qu’elles génèrent, impose la nécessité d’ajouter aux soins médicaux une prise en charge psychologique. Les syndromes psychotraumatiques consécutifs à cette forme de violence constituent des séquelles durables souvent silencieuses qui auront des conséquences sur la vie personnelle familiale et sociale du sujet.
Nos équipes ont mis en place des protocoles spécifiques pour prendre en charge les enfants victimes de viols. Les enfants de moins de 12 ans représentent 25% de nos patients pris en charge dans nos programmes à Matharé, au Kenya, et à Port-Harcout, au Nigeria.

Nos équipes proposent aussi des soins dans les camps de réfugiés. Dans le cadre des soins de santé primaires, des soins psychiatriques visent à prendre en charge les troubles graves liés au conflit mais pas exclusivement : ces troubles peuvent aussi résulter de la rupture ou de l’absence de prise en charge causées par le déplacement des patients.

Ines Belkhodja, psychologue MSF, parle avec l'association des femmes réfugiées de Dar es Salam. © Sylvain Cherkaoui/Cosmos

Ines Belkhodja, psychologue MSF, parle avec l'association des femmes réfugiées de Dar es Salam, au Tchad.
© Sylvain Cherkaoui/Cosmos


► Les victimes de catastrophes naturelles

L’ampleur d’une catastrophe naturelle, sa rapidité et sa soudaineté ne posent pas en première ligne les interventions psychologiques lors des actions de premiers secours. Mais dans un second temps, MSF s’emploie à ce que des soins psychologiques soient inclus dans l’offre de soins au sein des structures médicales mises en place.


► Les patients traités pour des maladies chroniques (VIH, TB)

Les patients atteints de maladies chroniques graves, comme l’infection VIH ou la tuberculose résistante, sont fragilisés par la découverte de leur maladie et par les bouleversements physiques et psychologiques auxquels la maladie les confronte.

Certains traitements spécifiques de ces maladies s’accompagnent par ailleurs d’effets secondaires affectant la sphère psychique, en particulier des signes dépressifs, qu'il ne faut pas négliger.

La nécessité de les prendre en compte vise à soulager les patients de leurs symptômes, à les soutenir psychologiquement tout au long du traitement qui représente un parcours long et éprouvant, parfois décourageant pour certains, et à atténuer l’impact de la maladie pour le patient.


La médiation du traducteur : l’enjeu de la langue

L’interprète est un assistant de première importance pour le psychologue ou le psychiatre expatrié. Il permet qu'un entretien approfondi et individualisé puisse avoir lieu avec les patients, et joue le rôle de médiateur culturel. Une bonne collaboration, basée sur la confiance mutuelle entre l’interprète et le psychologue ou psychiatre, est essentielle pour la qualité des interventions thérapeutiques.

Chaque fois qu'elle est possible, la co-présence de thérapeutes expatriés et nationaux permet un échange de savoirs mutuel et réciproque à travers un travail en compagnonnage.