En bref

Plus de trois ans après la fin de la guerre, le Liberia est en phase de transition. La reconstruction du système de santé relevant de la responsabilité de l'Etat et de ses bailleurs de fonds, nous avons décidé d'arrêter nos activités médicales dans le pays au premier semestre 2007.

A Monrovia, nous avons arrêté nos activités en juin 2007 à l'hôpital de Mamba Point. Nous nous sommes retirés du Lofa, région particulièrement touchée par la guerre, début 2007, en passant à d'autres acteurs engagés dans la reconstruction une partie de nos activités médicales dans les villes de Kolahun et de Foya. Enfin l'assistance aux personnes déplacées dans les camps du Bong avait pris fin en mars 2006, suite au retour des populations dans leurs villages.

Contexte

Au Liberia, 14 années de guerre (1990-2003) ont fait, selon les estimations, 250.000 morts et 850.000 déplacés ou réfugiés. Charles Taylor, élu Président en 1997, a quitté le pouvoir sous la pression de puissances internationales (Etats-Unis, Grande-Bretagne et France) après de violents combats en juin 2003 à Monrovia, la capitale. Un accord de paix a été signé en août 2003 et une force de maintien de la paix des Nations unies (la MINUL, forte de 16.000 hommes) a été mise en place. En avril 2006, poursuivi pour crimes de guerre devant le tribunal spécial pour la Sierra Leone, Charles Taylor a été arrêté au Nigeria où il s'était réfugié. Le contexte régional reste tendu, les troubles politiques sont importants dans les pays limitrophes, la Côte d'Ivoire et la Guinée.

En 2005, des élections présidentielles ont porté au pouvoir Ellen Johnson Sirleaf, qui bénéficie du soutien de la communauté internationale. Le processus de transition politique progresse, mais les conditions de vie de la population restent extrêmement difficiles. La capitale, Monrovia, regroupe 1,5 millions de personnes, soit 40% de la population totale libérienne, dont une grande majorité de personnes déplacées vivant dans des bidonvilles. Les combattants, désarmés pour la plupart, sont une source de violence pour la population libérienne, principalement à Monrovia.

Les priorités de la communauté internationale ont été jusqu'ici la sécurité et la relance de l'économie. Le système de santé, encore largement dépendant des ONGs, manque considérablement de moyens. Il relève maintenant de la responsabilité des bailleurs de fonds et d'autres acteurs de réussir la phase de reconstruction.

Projets

Monrovia : hôpital de Mamba Point

Nous avons ouvert l'hôpital de Mamba Point, à Monrovia, en novembre 2003 suite aux violentes attaques de juin 2003. D'une capacité de 155 lits, l'hôpital a connu une diminution de son activité en 2006 liée à la fermeture de nos services de pédiatrie en octobre 2005 (spécialité de l'hôpital Island, de la section belge de MSF) et d'obstétrique en janvier 2006 (spécialité de l'hôpital Benson de la section espagnole de MSF) et à la reconstruction progressive de l'hôpital public JFK. En 2006, 25.700 consultations ont été réalisées aux urgences, (près de 36.000 en 2005) et moins de 6.300 hospitalisations dans les services de chirurgie et de médecine interne (plus de 8.300 en 2005). Près de 3.000 actes chirurgicaux ont été réalisés en 2006.

Les infections aiguës représentent environ 40% des admissions à l'hôpital. Plus d'un tiers des patients hospitalisés étant atteints d'une pathologie chronique, nous avons ouvert un centre de suivi pour ces patients au sein de l'hôpital, notamment pour améliorer le traitement des infections opportunistes des patients séropositifs et proposer aux malades du sida une trithérapie antirétrovirale. 42 patients ont débuté un traitement ARV. Le taux de mortalité observé à l'hôpital (15%), et particulièrement dans le service de médecine interne (25%) reste élevé mais la tendance est à la baisse.

En accord avec le ministère de la Santé libérien et l'hôpital de référence JFK, Nous prévoyons de cesser nos activités à l'hôpital de Mamba Point en juin 2007. Une reprise de nos activités par un autre acteur est envisagée.

Le Lofa : accès aux soins

La population dans la région du Lofa a été multipliée par sept en deux ans. Territoire d'affrontements entre rebelles et forces gouvernementales durant près de 4 ans, la plupart de ses habitants avaient fui vers les pays limitrophes, la Guinée et la Sierra Leone, ou vers l'intérieur du pays et les camps de déplacés du Bong, voire jusqu'à Monrovia. En février 2004, nous avons réhabilité deux hôpitaux, à Kolahun et à Foya, dans la partie nord du Lofa. 35.000 personnes y vivaient alors, elles sont aujourd'hui estimées à 250.000.

En 2006, nous avons effectué plus de 96.600 consultations externes (76.000 en 2005) - la première pathologie soignée étant le paludisme -, 3.400 hospitalisations, 10.000 consultations prénatales et 700 accouchements. Compte-tenu de l'arrivée de nouveaux acteurs dans cette région, nous allons fermer ces deux structures au cours du premier semestre 2007. A Kolahun, les agences des Nations unies ont reconstruit l'hôpital public et nos activités seront reprises par l'ONG International Rescue Comittee (IRC). A Foya, l'ONG suédoise PMU a réhabilité l'ancien hôpital et y pratique des consultations gratuites et des hospitalisations.

Assistance médicale et approvisionnement en eau dans les camps du Bong

De 2001 à 2003, les combats entre les troupes de Charles Taylor, alors au pouvoir, et les combattants du LURD, principal mouvement rebelle, ont provoqué des déplacements de population, beaucoup de personnes cherchant refuge dans le Bong. MSF a pris en charge les soins et l'approvisionnement en eau dans les camps de Maimu, de Totota, et de Salala, qui ont abrité jusqu'à 100.000 personnes déplacées. En 2005, les déplacés de ces camps sont rentrés dans leurs villages, bénéficiant d'une aide au retour des Nations unies, et les camps de Maimu et de Totota ont fermé durant l'été. Notre activité a donc nettement diminué au fil de l'année et a pris fin à la fermeture du camp de Salala en mars 2006.