Éclairage

La place des secours humanitaires dans les catastrophes naturelles

Les secours que Médecins Sans Frontières est capable de déployer notamment après un séisme ou un cyclone sont particulièrement vitaux quand ceux-ci produisent un grand nombre de blessés et dépassent ou détruisent les capacités de réponse locale.

10/10/2018
© Luca Sola

SITUATION - Les 4 clés pour comprendre

1.

1 Contexte

Séisme, inondation, ouragan, tsunami… Les catastrophes naturelles peuvent affecter la vie de dizaine de milliers de personnes et nécessitent le déploiement de secours d’urgence. Mais toutes n’ont pas le même impact et la capacité de réponse d’un acteur humanitaire international tel que Médecins sans Frontières varie.

Souvent prise en charge par les acteurs locaux, l’urgence des tous premiers jours est de rechercher les sinistrés, rétablir les moyens de communication et les voies d’approvisionnement, conditions nécessaires au déploiement de secours extérieurs. Inondations ou tsunamis peuvent entraîner beaucoup de morts mais peu de blessés (Asie du Sud Est, 2005), tandis que certains tremblements de terre (Pakistan, 2005 ;  Haïti 2010) provoquent un grand nombre de blessés, écrasés par l’effondrement des habitations. Une des priorités pour Médecins sans Frontières est alors de déployer des unités médicales afin de mener des interventions chirurgicales, ce qui est particulièrement nécessaire quand les capacités sanitaires locales ont elles aussi été affectées par la catastrophe. Le rétablissement des services de santé de routine, et la distribution d’abris et de biens de première nécessité font aussi partie des priorités d’intervention de l’association dans ce type de contexte.

2.

2 Sur le terrain

Malawi floods, FEB 2015

Le Malawi a été touché par de graves inondations en 2015. L'hélicoptère des pompiers sud-africains, utilisé par les équipes de Médecins Sans Frontières pour effectuer des évacuations médicales d'urgence de l'île de Makhanga vers l'hôpital du district de Nsanje, se pose dans des conditions météorologiques difficiles.

©Luca Sola

3.

3 Décryptage

© MSF 2015

Arughat, nord-ouest de Katmandou, au Népal. En mai 2015, Médecins Sans Frontières installe un hôpital gonflable d’une capacité initiale de 20 lits en réponse au séisme qui a frappé la région.

4.

4 Les repères chronologiques

1971

Création de MSF à Paris.

1988

Intervention de MSF en Arménie, suite à un séisme de magnitude 6,9.

2004

Intervention de MSF après le passage d’un tsunami en Asie du Sud-Est.

2005

Conception puis première utilisation d'hôpitaux gonflables par MSF dans la région du Cachemire suite à un séisme de magnitude 7,6.

2010

Intervention de MSF à Haïti, suite à un séisme de magnitude 7,3 en janvier.

2010

Intervention de MSF au Pakistan, suite aux inondations qui touchent le Pakistan à partir de juillet.

2013

Intervention de MSF, suite au passage du typhon Haiyan qui a frappé les Philippines en novembre.

2015

Intervention de MSF au Népal, suite à un séisme de magnitude 7,9 en avril.

Situation - L’éclairage

La réponse aux catastrophes naturelles fait partie des activités de Médecins Sans Frontières depuis plus de 40 ans : des événements comme le tremblement de terre au Pérou et le cyclone de Bhola au Bangladesh en 1970 ont ainsi concouru à sa création l’année suivante. Depuis, l’association est intervenue en réponse à de nombreuses catastrophes naturelles - séisme qui a frappé l’Arménie en 1988, passage du typhon Haiyan aux Philippines en 2013, notamment - et s’est retrouvée confrontée à de nombreux défis, qu’elle a essayés de relever, aussi bien par des innovations que par une amélioration de l’évaluation des besoins des populations touchées.

Tsunami 2004

Le séisme de magnitude 9,3 sur l’échelle de Richter qui a lieu le 26 décembre 2004 dans l’océan indien provoque un tsunami d’une ampleur sans précédent, qui frappe de nombreux pays d’Asie du Sud-Est. Bien que la vague, qui a pu atteindre jusqu’à 30 mètres de hauteur, ait tué plusieurs centaines de milliers de personnes, les évaluations des équipes de Médecins Sans Frontières font état de besoins relativement limités sur place pour porter assistance aux blessés. Les structures de santé sont quasi intactes et les secours locaux se mettent en place. Au Sri Lanka, par exemple, le tsunami a touché une bande côtière d’environ 300 mètres de large, sans détruire le système de santé national. D’autre part, contrairement aux appels lancés ou repris par certaines organisations de secours internationales, le risque épidémique consécutif à ce genre de catastrophes naturelles n’est pas avéré.

Médecins Sans Frontières décide rapidement, au regard des besoins et des sommes récoltées, de stopper son appel aux dons.

© Journal de l’année de MSF 2006

Cachemire 2005

Le 8 octobre 2005, un séisme de magnitude 7,6 frappe la région du Cachemire, et notamment le nord du Pakistan, zone la plus touchée. Les soins aux blessés deviennent un enjeu majeur de l’aide internationale : alors que jusqu’ici, lors d’un tremblement de terre, on dénombrait un nombre relativement faible de blessés, on compte cette fois-ci plus de 75 000 personnes tuées et près de 40.000 blessés. Ces chiffres sont notamment dus à la densité de population de cette région disputée par l’Inde et le Pakistan, dans le cadre d’une stratégie volontariste de peuplement et d’un conflit de longue date, et à l’extension d’habitats précaires.

La plupart des établissements de santé sont détruits, ceux qui fonctionnent encore sont rapidement surchargés et les besoins médicaux, notamment en soins chirurgicaux, sont immenses. C’est l’occasion pour l’association de déployer ses premiers hôpitaux gonflables sur le terrain. Cette innovation logistique permet un déploiement rapide et une meilleure prise en charge des victimes : auparavant, les équipes de Médecins Sans Frontières devaient s’installer dans des structures existantes (bâtiments administratifs par exemple), qui n’offraient pas toujours les meilleures conditions d’intervention.

 

Un hôpital prêt-à-l'emploi

Ces hôpitaux sont composés de boudins gonflables qui, une fois déployés, portent l’ensemble des tentes de la structure. Fabriqué en toile de PVC, résistant aux intempéries, chaque module occupe une surface de 100 m2 et est facilement transportable. Transformé en unité chirurgicale, il peut contenir deux blocs opératoires et une salle de réveil. Il peut être acheminé en 48 à 72 heures sur des zones de conflit ou une région touchée par une catastrophe naturelle.

© Rémi Vallet

Haïti 2010

L’ampleur des conséquences du tremblement de terre qui frappe Haïti le 12 janvier 2010 est exceptionnelle à plusieurs titres. On compte des millions de sans-abris, et plusieurs centaines de milliers de morts et de blessés, en partie dus, comme au Pakistan, à la précarité des installations et des habitations. Même si la solidarité locale s’organise, les équipes médicales sur place subissent la destruction de la quasi totalité du système de santé. Exception notable dans les cas de catastrophes naturelles, la capitale du pays est partiellement détruite et la capacité de réponse de l'État haïtien est gravement affectée. Enfin, l’existence d’une seule et unique voie d’accès aérienne, l’aéroport de Port-au-Prince, créé des difficultés majeures dans le déploiement de l’aide internationale.

© MSF 2010

Notre intervention

Médecins Sans Frontières offre une assistance médicale d’urgence en réponse aux catastrophes naturelles en Haïti.

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