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En France, les patients peuvent rester en salle de réveil une ou deux heures. Ici, c’est 10 minutes. Dès qu’ils sont réveillés et à peu près stabilisés, ils partent dans les services. Ça limite les techniques d’analgésie...

Kelly, médecin anesthésiste réanimatrice

Au 16e jour de l'offensive « Bordure protectrice » lancée le 8 juillet par Israël sur la bande de Gaza, l'Organisation des Nations unies (ONU) déplore plus de 652 morts côté palestinien, et 31 du côté israélien, et des milliers de blessés et de déplacés. Sur place, aux côtés de la Croix-Rouge internationale (CICR) et del'ONU, Médecins Sans Frontières (MSF) est la seule organisation non gouvernementale (ONG) médicale internationale présente.

Le Dr Kelly Dilworth, anesthésiste réanimateur, a été la première médecin MSF à venir prêter main forte aux équipes palestiniennes de l'hôpital Al Shifa, dans la ville de Gaza, avant d'être rejointe par un urgentiste, quiofficie en salle de déchocage, un chirurgien, et un autre anesthésiste.

La médecin, qui partage son temps entre le service des brûlés et les 6 salles du bloc, a d'abord été frappée par l'expertise du personnel palestinien en matière de médecine de guerre. « C'est une très importante équipe, qui assure les soins 24 heures sur 24 en se relayant. Il y a par exemple 30 à 40 anesthésistes, avec un à 2 seniors, 5 ou 6 juniors et 5 ou 6 techniciens. »

Le Dr Kelly Dilworth a vu « énormément de civils, blessés ou tués parmi les familles et 80 % ont des enfants ».Beaucoup souffrent de blessures liées aux explosions. « Si la personne est à proximité de l'explosion, elle est brûlée, des projectiles entrent dans son corps, le souffle détruit les poumons, la moelle épinière, et les membres. Ces gens-là meurent sur place ou décèdent en salle d'urgences. » Au bloc, les survivants sont polytraumatisés :« On voit des combinaisons trauma-crânien - trauma-thoracique, très différents des monotraumas des membres, qu'on observe lors de blessures par balles. » Au cours d'une nuit, le Dr Dilworth, a endormi 3 enfants de moins de 5 ans repris aux blocs : « Leurs blessures se sont réveillées tardivement : c'était des éclats. »

Quant aux blessés mineurs, atteints par des projectiles, leurs plaies sont nettoyées, ils prennent des antibiotiques, et quittent l'hôpital rapidement.

Rapidité, débrouille et solidarité

« Environ 25 % des blessés sont hospitalisés et 15 % passent au bloc », jauge le Dr Dilworth. Souvent les 6 salles tournent simultanément. La vitesse devient une vertu. « En France, les patients peuvent rester en salle de réveil une ou deux heures. Ici, c'est 10 minutes. Dès qu'ils sont réveillés et à peu près stabilisés, ils partent dans les services. Ça limite les techniques d'analgésie... »

La pratique médicale doit se plier aux contraintes en termes de médicaments et d'équipement médical, malgré les dons des ONG. « Nous avons des analgésiques, des opioïdes, des pansements, du sang, des médicaments de base mais il n'y a pas toujours les pièces pour les machines d'anesthésie ; par exemple, une seule salle possède un monitoring de CO2 expiré pour les cas très graves. Parfois, on endort sans capteur. Certains médicaments sont rationnés ou limités. On utilise du penthotal périmé depuis décembre 2013 car on n'a pas le choix. »

« Tout le monde se débrouille, on fait ce qu'on peut et on continue à rigoler... C'est notre mécanisme d'adaptation face à la colère, à la tristesse, à la frustration... », analyse le Dr Dilworth. Le sentiment d'incertitude et d'insécurité domine. « Nulle part nous sommes protégés, ni dans les voitures MSF, ni dans les ambulances ». Les médecins palestiniens sont en outre éprouvés par la situation de leurs proches en danger.

L'hôpital Al Shifa n'a pas encore été frappé, bien que des frappes aériennes soient tombées à 100 mètres du service des brûlés. Il est toujours approvisionné en eau, et des générateurs garantissent l'apport en électricité, ce qui est loin d'être le cas dans le reste de la bande, parfois éclairée qu'une à trois heures par jour.

Mais la clinique postopératoire MSF ne fonctionne plus qu'à 30 % de ses activités, l'intensité des bombardements empêchant les patients d'y accéder. L'ONG a aussi dû interrompre ses activités à l'hôpital Nasser de Khan Younis.

L'hôpital Al Aqsa, à Deir El Balah, a été la cible d'un bombardement le 21 juillet, provoquant la mort d'au moins 4 personnes, et la fuite de nombreux blessés.

Avec l'aimable autorisation de l'auteure Coline Garré et du Quotidien du Médecin.
Ce texte a été publié le 23 juillet 2014 sous le titre "Gaza : le Dr Kelly Dilworth (MSF) livre son témoignage depuis l'hôpital Al Shifa".
Pour le lire dans son intégralité, rendez-vous sur le site du Quotidien du Médecin

► Retrouvez notre dossier spécial consacré à l'urgence qui frappe actuellement la bande de Gaza.


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