Exposition « Libye : Points de bascule » au Prix Bayeux Calvados-Normandie

Migrante en attente de transfert en Libye
A bord d’un pickup, une femme migrante attend avec d’autres femmes. Elles viennent d’être vendues par la milice qui dirige le centre de détention de Sorman situé sur la côté à 70 kilomètres à l’ouest de Tripoli. La collusion entre autorités officielles, milices et réseaux criminels est forte dans les centres de détention, qui représentent un marché lucratif. Sorman. Juin 2016. © Narciso Contreras pour la Fondation Carmignac

MSF est partenaire de la 27e édition du Prix Bayeux Calvados – Normandie des correspondants de guerre ; un prix destiné à rendre hommage aux journalistes qui travaillent dans des contextes de guerre. A cette occasion, l'organisation propose de mettre en lumière la situation en Libye à travers différents rendez-vous dont une exposition collective. 

Entre les moments d’attente, de peur, d’équilibre précaire et de débrouille, ces images s’attachent à montrer les points de bascule qui ponctuent le quotidien des exilés en Libye, coincés entre l’espoir d’un avenir meilleur, un trafic brutal et lucratif, un conflit fluctuant et des politiques des Etats européens toujours plus répressives pour empêcher l’arrivée de demandeurs d’asile sur leur territoire.

A propos de l'exposition

La plupart des migrants en Libye ont rejoint ce pays pour y travailler ; d’autres, en quête d’asile, pour y entreprendre une traversée vers les rivages européens. Quel que soit leur projet, le danger les guette en permanence, et leur vie peut  basculer dans l’horreur à tout moment.

Dès l’entrée dans le pays, aux portes de ce désert libyen parcouru par des caravanes de pick-ups, les plans s’effritent. Il faudra payer plus d’argent que prévu, monter dans un bus à la destination inconnue, obéir aux armes, se laisser dépouiller, et tenter de survivre à la merci des attaques et des violences. Plus loin sur la route, en s’approchant des côtes, le danger est encore là.

Un combattant du gouvernement d'union nationale (GNA) se met à l'abri des tirs des snipers de l'Armée nationale libyenne (ANL) sur une ligne de front à Tripoli, le 17 février 2020. Ce jour là est symbolique. Il marque la date anniversaire de la révolution de 2011 qui a fait chuter le Guide Mouammar Kadhafi et mis fin à son régime. Depuis, la Libye, divisée en territoires rivaux avec plusieurs gouvernements se disputant le pouvoir et le contrôle de ses ressources, reste marquée par des épisodes de violents combats. Tripoli. 17 février 2020. ©Amru Salahuddien.
 © Amru Salahuddien
Un combattant du gouvernement d'union nationale (GNA) se met à l'abri des tirs des snipers de l'Armée nationale libyenne (ANL) sur une ligne de front à Tripoli, le 17 février 2020. Ce jour là est symbolique. Il marque la date anniversaire de la révolution de 2011 qui a fait chuter le Guide Mouammar Kadhafi et mis fin à son régime. Depuis, la Libye, divisée en territoires rivaux avec plusieurs gouvernements se disputant le pouvoir et le contrôle de ses ressources, reste marquée par des épisodes de violents combats. Tripoli. 17 février 2020. ©Amru Salahuddien. © Amru Salahuddien

Au cours de l’offensive du maréchal Haftar sur la capitale, des missiles s’abattent sur Tripoli et ses banlieues, ses rues, chantiers et entrepôts où fourmille une main d’œuvre étrangère bon marché, ses prisons où croupissent les demandeurs d’asile, son port où les candidats à la traversée maritime sont ramenés à terre par les garde-côtes libyens. Reprendre son souffle, jusqu’à la prochaine fois. C’est le règne de l’arbitraire, dont sont témoins les équipes de Médecins Sans Frontières dans différents centres de détention.

Photographes

Photographes

Documentaire d'animation

Des nouvelles de Yonas, un film d'Aurélie Pollet, Gustavo Almenara et Jérôme Tubiana
Image extraite du documentaire d'animation Des nouvelles de Yonas, un film d'Aurélie Pollet, Gustavo Almenara et Jérôme Tubiana.   © Médecins Sans Frontières et Quark Productions

Des nouvelles de Yonas 

Un documentaire d’animation projeté dans le cadre de l’exposition « Libye : Points de bascule ».

Pour les migrants qui transitent par la Libye, la possession d’un smartphone est primordiale, pour pouvoir survivre et continuer leur voyage. C’est souvent le seul moyen d’entretenir des liens avec leur famille restée dans leur pays d’origine et de garder un contact avec le monde extérieur. Nombre de ces migrants sont également en contact avec la communauté de ceux qu’ils appellent les « helpers », des humanitaires ou des journalistes. Les migrants ne se contentent pas de leur demander de l’aide pour eux-mêmes ou leurs camarades : ils partagent des informations, commentent l’actualité et les politiques européennes visant à les empêcher d’entrer en Europe, ou se confient tout simplement sur leur situation. Dans ces fils de discussion s’entremêlent des messages écrits et vocaux, des vidéos ou des photos. Jérôme Tubiana a rencontré Yonas en 2019 dans le centre de détention de Dhar-el-Jebel. Jérôme travaillait pour Médecins Sans Frontières. Yonas avait fui l’Érythrée et tentait de rejoindre l’Europe. Ce court documentaire d’animation (8 minutes 48) met en récit leurs discussions et donne à voir la Libye de l’intérieur, à travers le voyage à l’issue incertaine d’un homme qui cherche à tout prix à trouver un endroit où vivre.

Réalisation : Aurélie Pollet et Gustavo Almenara

Scénario : Jérôme Tubiana

Design sonore et mixage : Quentin Romanet - Martel Studio

Une coproduction Médecins Sans Frontières et Quark Productions.

Table ronde

Migrants piégés en Libye : une voie sans issue ?

Trois ans après l’onde de choc suscitée par un reportage montrant des hommes d’Afrique subsaharienne vendus comme des marchandises en Libye, et l’annonce de mesures visant à protéger les réfugiés et migrants d’un système d’exploitation brutal, des milliers d’exilés demeurent pris au piège d’un cycle de violences et de sévices dans le pays, encouragé par des politiques migratoires toujours plus répressives. Après un rapide état des lieux de la situation actuelle et des dynamiques politiques qui la sous-tendent, nous nous interrogerons, en présence de journalistes, humanitaires, juristes, sur les leviers d’action de la société civile face à une situation qui ne cesse d’empirer.

En présence, notamment, de Jérôme Tubiana, collaborateur MSF et Etienne Huver, journaliste.

Espace Saint-Patrice
Rue du Marché
14400 Bayeux

Entrée libre
Vendredi 9 octobre à 18.00

Mohammed, originaire du Mali, vit en Libye depuis 2015. Il veut retourner dans son pays mais n'a pas assez d'argent pour le moment. Il est venu en Libye pour échapper au conflit malien et trouver du travail pour subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille. Depuis son arrivée, il travaille comme ouvrier pour la municipalité contre un salaire minime. Pour gagner plus d’argent, il ramasse également la ferraille dans une décharge près de l'entrée de la ville. Il reçoit un dinar libyen (0,64 €) pour chaque kilogramme de métal collecté. Tripoli. Janvier 2020.
 © Giulio Piscitelli
Mohammed, originaire du Mali, vit en Libye depuis 2015. Il veut retourner dans son pays mais n'a pas assez d'argent pour le moment. Il est venu en Libye pour échapper au conflit malien et trouver du travail pour subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille. Depuis son arrivée, il travaille comme ouvrier pour la municipalité contre un salaire minime. Pour gagner plus d’argent, il ramasse également la ferraille dans une décharge près de l'entrée de la ville. Il reçoit un dinar libyen (0,64 €) pour chaque kilogramme de métal collecté. Tripoli. Janvier 2020. © Giulio Piscitelli

Salon du livre

MSF sera présente au salon du livre le samedi 10 octobre pour répondre à vos questions.

Informations pratiques

L'exposition se tiendra du 5 octobre au 1er novembre 2020. 

Entrée libre tous les jours de 10h à 12h30 et de 14h à 18h.
Ouvertures exceptionnelles vendredi 9 octobre jusqu’à 19h et samedi 10 octobre de 10h à 18h.

Chapelle de la tapisserie
Rue Nesmond
14400 Bayeux

Plus d'infos > www.prixbayeux.org

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La machine à broyer

Réfugiés et migrants piégés en Libye

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