Conférence-débat « Face aux violences de masse, quelles interprétations ? » à Paris

Mental healthcare in Colombia
Colombie, 2012. ©Anna Surinyach/MSF

L’équipe du CRASH vous convie à la prochaine conférence-débat intitulée « Face aux violences de masse, quelles interprétations ? », qui se tiendra le jeudi 3 octobre 2019 de 18h à 20h au siège de MSF à Paris.

Comment des hommes ordinaires se transforment-ils en tueurs ? L’équipe du CRASH vous convie à une conférence-débat en présence de Nicolas Mariot, sociologue et historien. Le chercheur restituera les controverses entre deux courants interprétatifs mobilisés dans les études et enquêtes consacrées aux violences de masse du XXème siècle. 
 
D’une part l’approche culturaliste : celle-ci privilégie une interprétation des massacres  par des motivations haineuses liées au racisme, à l’antisémitisme, au nationalisme, au fondamentalisme, etc. Enracinant l’engagement des tueurs dans une culture de la haine, cette explication est convaincante pour un large public. Certains journalistes et personnalités politiques y trouvent une caution scientifique à une vision du monde réduisant les violences de masse (en Syrie, en République centrafricaine, au Soudan du Sud par exemple) à des conflits identitaires entre groupes radicalisés qui s’opposeraient du seul fait de leurs différences culturelles, ethniques, religieuses, etc.  
 
D’autre part l’approche dite situationnelle : celle-ci s’intéresse au déroulement des massacres à des endroits et des moments précis. Sans nier le rôle des passions, elle met en lumière les logiques politiques, les effets de groupe,  les conditionnements collectifs pouvant transformer des hommes ordinaires en tueurs : les pressions du groupe de « copains », les solidarités locales ou familiales, les rivalités micro-locales, etc.
 
Ces débats concernent directement les analyses des situations où nous intervenons.

L'intervenant

Nicolas Mariot, chercheur au CNRS, est spécialiste de sociologie historique. Il a travaillé, avec Claire Zalc, sur l’histoire de la communauté juive de Lens des années 1930 aux années 1950. Il s’agissait de retracer les itinéraires et choix d’un ensemble de 991 individus, 350 familles, face aux persécutions dont elles ont été l’objet. Il est l’un des co-organisateurs du séminaire « Histoire et historiographie de la Shoah » à l’EHESS. Il s’est intéressé depuis aux rapports sociaux dans les tranchées de la Grande Guerre. Nicolas Mariot travaille actuellement sur une étude comparée des violences de masse au XXe siècle.

Infos pratiques

Jeudi 3 octobre 2019 de 18h à 20h

Au siège de MSF situé au 8 rue Saint-Sabin, 75011 Paris (salle du 1er étage)

Streaming et traduction simultanée en anglais

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