Covid-19 : France, RCA, Venezuela, des répercussions dramatiques sur les systèmes de santé

Des personnes attendent à l’entrée des urgences à l’hôpital Vargas de Caracas, au Venezuela. Les cas de Covid-19 étant pris en charge en priorité, de plus en plus de personnes se retrouvent privées de soins pour leurs maladies chroniques ou des traitements d’urgence.
Des personnes attendent à l’entrée des urgences à l’hôpital Vargas de Caracas, au Venezuela. Les cas de Covid-19 étant pris en charge en priorité, de plus en plus de personnes se retrouvent privées de soins pour leurs maladies chroniques ou des traitements d’urgence. © Carlos Becerra/MSF

En raison de la propagation de la pandémie de Covid-19 et de ses effets sur les systèmes de santé, de nombreuses personnes à travers le monde se sont retrouvées sans assistance médicale vitale. Une situation qui a également touché les équipes de MSF, présentes dans plus de 70 pays à travers le monde. Elles ont souvent eu des difficultés à répondre à la fois aux conséquences directes de la Covid-19 et aux autres urgences médicales tout en faisant face aux restrictions de déplacement et à leurs conséquences sur l’approvisionnement en produits médicaux de première nécessité. Témoignages du Venezuela, de France et de République centrafricaine (RCA).

Venezuela : un système de santé saturé

Dans un pays où le système de santé est au bord du gouffre, la Covid-19 a privé de nombreuses personnes de soins médicaux, que ce soit pour des maladies chroniques ou des soins d’urgence.

Alberto Martínez, 35 ans, attend des clients sur son mototaxi à Petare, dans l’agglomération de Caracas. Récemment, quand son fils de quatre ans, asthmatique, a eu besoin d’une assistance médicale, Alberto n’a pas trouvé la moindre structure médicale accueillant des patients atteints de pathologies autres que la Covid-19.
Alberto Martínez, 35 ans, attend des clients sur son mototaxi à Petare, dans l’agglomération de Caracas. Récemment, quand son fils de quatre ans, asthmatique, a eu besoin d’une assistance médicale, Alberto n’a pas trouvé la moindre structure médicale accueillant des patients atteints de pathologies autres que la Covid-19. © Carlos Becerra/MSF

Dans la capitale, Caracas, le projet MSF d’aide aux victimes de violences sexuelles a dû réduire ses services car la moitié de son personnel a été redéployé pour faire face à la pandémie de Covid-19. De nombreux patients sont dans l’incapacité de se rendre à l’hôpital en raison des restrictions de déplacement. Cependant, malgré ces difficultés, l’équipe réduite fait tout son possible pour poursuivre ses activités et venir en aide aux patients. 

Yamilette élève seule ses quatre enfants. Depuis des mois, elle a des douleurs dans les hanches qui l’empêchent d’aller travailler. Malgré ses besoins médicaux urgents, elle a été refusée par plusieurs hôpitaux qui donnent la priorité aux cas de Covid-19.

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Dulce, médecin spécialiste, travaille au sein du projet MSF d’aide aux victimes de violences sexuelles dans l’hôpital Vargas de Caracas, capitale du Venezuela. Lorsque la Covid-19 a frappé le pays, elle a vu sa charge de travail quotidienne s’alourdir considérablement. MSF a dû revoir sa manière de procéder pour continuer de répondre aux besoins des patients. Quand la pandémie touchera à sa fin, Dulce sait parfaitement ce qu’elle fera en premier.

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France : des populations précaires coupées d’accès aux soins

Au pic de l'épidémie, les hôpitaux français, belges, italiens ou encore espagnols ont atteint leur pleine capacité.

Composées d’un médecin, de deux infirmiers, d’un logisticien et d’un assistant social, les cliniques mobiles de MSF à Paris proposent des soins de santé primaire, des informations et des tests pour la Covid-19 aux personnes vivant à la rue.
Composées d’un médecin, de deux infirmiers, d’un logisticien et d’un assistant social, les cliniques mobiles de MSF à Paris proposent des soins de santé primaire, des informations et des tests pour la Covid-19 aux personnes vivant à la rue. © Corentin Fohlen

À Paris, de nombreux sans-abris, y compris des migrants et des demandeurs d’asile, ont dû faire face à des changements tels que la fermeture de leurs établissements de soins habituels ou l’absence des associations qui les soutiennent habituellement. Les équipes de MSF ont mis en place des cliniques mobiles pour venir en aide aux personnes vivant à la rue, victimes invisibles de l’effet boomerang de la Covid-19.

Seco est originaire de Gambie. Il est sans-abri à Paris. Comme de nombreuses autres personnes vivant à la rue, il a eu du mal à obtenir des soins pour une affection dermatologique pendant la pandémie. Ne sachant pas où se faire soigner, il n’a d’autre solution que de se rendre à la clinique mobile de MSF, qui propose des tests pour la Covid-19 et des soins de médecine générale aux sans-abris.

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Jean-François Véran est coordinateur du projet de cliniques mobiles en France. Depuis le début de la pandémie de Covid-19, il a constaté un changement dans les catégories de personnes nécessitant une assistance alimentaire et médicale de base à Paris.

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République centrafricaine : des moyens trop faibles pour lutter

La République centrafricaine est l’un des pays africains où la pandémie n’a pas atteint les niveaux de gravité que l’on craignait. Pourtant, les répercussions de la Covid-19 sur un système de santé déjà fragile ont été considérables.

Le personnel de l’hôpital de Bambari contribue à réduire l’impact de la Covid-19 en identifiant les patients présentant des symptômes dès que possible. Mais les habitants de la RCA ont d’autres soucis et besoins médicaux plus urgents, tels que le paludisme et l’augmentation du taux de malnutrition chez les enfants.
Le personnel de l’hôpital de Bambari contribue à réduire l’impact de la Covid-19 en identifiant les patients présentant des symptômes dès que possible. Mais les habitants de la RCA ont d’autres soucis et besoins médicaux plus urgents, tels que le paludisme et l’augmentation du taux de malnutrition chez les enfants. © Adrienne Surprenant/Collectif Item

La vaccination et le traitement de maladies telles que le paludisme, la malnutrition et la rougeole ne sont que quelques exemples d’activités essentielles qui ont dû être réduites. Bien que la pandémie n’ait pas été aussi virulente que prévu, le personnel de MSF continue de suivre la situation de près.

Zara travaille dans l’unité MSF de triage des cas de Covid-19 à Bambari, en République centrafricaine. Sa principale préoccupation est de savoir comment un système de santé déjà fragile et des hôpitaux en difficulté peuvent venir à bout de la pandémie de Covid-19 tout en couvrant les autres besoins médicaux.

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Fidèle, responsable du triage pédiatrique à l’hôpital de Bambari, indique notamment qu’il est difficile de protéger les patients atteints de la Covid-19 dans un contexte où la population est préoccupée par d’autres besoins médicaux tout aussi urgents.

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