Près de 2 millions d’enfants atteints du VIH privés d’accès à un médicament plus performant

Anna, 16 ans, vit avec le VIH au Malawi.
Anna, 16 ans, vit avec le VIH au Malawi. ©Luca Sola

Alors que la conférence annuelle sur le VIH/SIDA se tient actuellement à Amsterdam, MSF dénonce la lenteur de ViiV health Care, filiale de Pfizer, GlaxoSmithKline et Shionogi, à mettre à disposition le Dolutegravir aux deux millions d’enfants infectés par le VIH qui en ont besoin.

Aujourd’hui, la grande majorité des enfants traités pour le VIH continuent de recevoir des médicaments peu robustes et causant de nombreux effets secondaires. ViiV, la division VIH des laboratoires pharmaceutiques Pfizer et GlaxoSmithKline, a mis au point une version pédiatrique du Dolutegravir, recommandé comme traitement de premier choix par l’OMS pour les adultes et les enfants de un mois à dix ans.

En novembre 2017, ViiV s’était engagée à rendre le Dolutégravir pédiatrique accessible à son coût de production pour les pays à faibles revenus ou intermédiaires jusqu'à ce qu’un médicament générique soit disponible. Or, presque 18 mois après l’approbation de la formule par l’agence européenne du médicament, et malgré les appels répétés de MSF et d’autres organisations, ViiV n’a engagé la procédure d’enregistrement que dans trois pays d’Afrique subsaharienne - le Kenya, le Nigéria et l’Afrique du Sud. Alors que des dérogations accordées par les gouvernements permettent de contourner les délais d’enregistrement des médicaments, la compagnie refuse de les solliciter, faisant du Dolutegravir un médicament hors d’accès pour la majorité des enfants des pays en voie de développement.

Selon Jessica Burry, pharmacienne VIH pour la Campagne d'Accès aux Médicaments Essentiels (CAME) « Seul producteur d’un médicament aujourd’hui censé être un standard dans la prise en charge du VIH pédiatrique, ViiV devrait faire tout ce qui est en son pouvoir pour le rendre accessible aux enfants et aux bébés qui en ont besoin.  Quatre ans après que le Dolutegravir a été délivré pour la première fois aux adultes, nous constatons que ce laboratoire se cache derrière des prétextes bureaucratiques pour ne pas rendre le médicament accessible aux enfants. Ces excuses ne sont pas valables. »

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