MSF salue la décision de l’OMS de promouvoir les nouveaux traitements contre la tuberculose multi-résistante

Mama Kamano souffre de problèmes rénaux, d'hypertension et de tuberculose. Elle est prise en charge par MSF à l'hôpital de Donka à Conakry en Guinée. Mars 2018
Mama Kamano, 56 ans, souffre de problèmes rénaux, d'hypertension et de tuberculose. Elle est prise en charge par MSF à l'hôpital de Donka, à Conakry en Guinée. Mars 2018 ©Albert Masias/MSF

La bédaquiline, dont l’utilisation est désormais encouragée, doit maintenant devenir abordable pour tous.

Médecins Sans Frontières (MSF) salue les nouvelles recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) en matière de traitement pour les patients atteints de tuberculose résistante aux médicaments (TB-MR), qui privilégient l’utilisation de médicaments administrés par voie orale, notamment la bédaquiline, plutôt que des médicaments injectables.

Les nouveaux traitements recommandés, d’une durée de 18 à 20 mois, peuvent permettre d’améliorer le taux de guérison, de diminuer la mortalité et ce avec moins d’effets secondaires. Les résultats intermédiaires d’une étude menée par le partenariat endTB, dont fait partie MSF, montrent que la bédaquiline (comme l’autre nouveau médicament, le delamanide), est moins toxique que les médicaments couramment utilisés.

Pour que ces nouvelles recommandations soit mises en œuvre, MSF appelle Johnson and Johnson (J&J), qui produit la bédaquiline, à rendre ce médicament accessible à tous les patients atteints de TB-MR, en particulier dans les pays à revenus faibles et intermédiaires, et dans ceux où le nombre de cas est le plus élevé. MSF soutient l’appel des organisations de la société civile demandant à J&J de réduire le prix de la Bédaquiline à 192 dollars pour un traitement de six mois dans ces pays.

J&J a récemment annoncé une réduction du prix de la bédaquiline, mais le prix annoncé, de 400$ pour six mois de traitement, demeure trop élevé. Et la bédaquiline n’est que l’un des médicaments nécessaires pour le traitement, en association avec d’autres médicaments également coûteux.

Aujourd’hui, seulement 20% des patients atteints de TB-MR reçoivent le meilleur traitement possible. Les autres doivent suivre un traitement très lourd : 20 pilules par jour pendant aux moins deux ans et des injections quotidiennes pendant huit mois, avec d’importants effets secondaires, et un taux de guérison de 55%. Pourtant, deux nouveaux médicaments ont été approuvés pour traiter la TB-DR ces six dernières années, mais leur utilisation reste faible.

« Les patients souffrant de TB-MR attendent depuis trop longtemps un traitement plus efficace et moins toxique, explique le Dr Mercedes Tatay, secrétaire médical international de MSF, qui travaille à l’heure actuelle dans le projet MSF de traitement de la TB-MR à Mumbai, en Inde. Les gouvernements et les laboratoires doivent donner accès au meilleur traitement incluant la bédaquiline. Pour cela, Johnson and Johnson doit baisser le prix du médicament pour qu’il soit accessible à tous ».

Les chefs d’Etat et de gouvernement du monde entier, qui vont se réunir en septembre prochain à New York lors du premier sommet des Nations Unies sur la tuberculose, doivent faire de l’accès à tous les médicaments TB une priorité, pour que chaque patient puisse bénéficier du meilleur traitement disponible pour sa forme de tuberculose.

« Nous assistons enfin à une prise de conscience politique, indispensable pour juguler cette urgence sanitaire de portée mondiale, dit Els Torreele, directeur exécutif de la Campagne d’Accès aux Médicaments Essentiels (CAME) de MSF. Maintenant, nous avons à disposition de meilleurs outils pour diagnostiquer et traiter la tuberculose. Il faut que les gouvernements relèvent le défi et réduisent enfin le nombre de morts dus à cette vieille maladie ».

MSF prend en charge des patients atteints de tuberculose depuis 30 ans, et a ouvert son premier projet de traitement de la TB-MDR en 1999. Aujourd'hui, MSF est l'un des principaux acteurs dans le traitement de ces formes de la maladie.

EndTB (Expand New Drug Markets for TB) est un partenariat qui associe Partners In Health (PIH), Médecins Sans Frontières (MSF), et Interactive Research and Development (IRD), avec le soutien financier d’UNITAID. Il ambitionne de transformer radicalement la prise en charge des formes multi-résistantes de la tuberculose (TB-MDR). Il conduit de la recherche opérationnelle et un essai clinique sur de nouveaux médicaments contre la TB incluant les nouveaux médicaments - bédaquiline et delamanide - dans 17 pays à travers le monde (Arménie, Bangladesh, Biélorussie, Corée du Nord, Ethiopie, Géorgie, Haïti, Indonésie, Kazakhstan, Kirghizistan, Kenya, Lesotho, Myanmar, Pakistan, Pérou, Vietnam et Afrique du Sud).

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