50 ans d'actions humanitaires

50 ans d'actions humanitaires : MSF
© iAko M. Randrianarivelo/Mira Photo

Editorial

MSF a 50 ans cette année. 50 ans d’engagement auprès des populations oubliées. 50 ans d’une idée née au sein d’un groupe de médecins et journalistes français et transformée en fantastique aventure humaine, avec ses succès et ses revers. Les fondateurs n’auraient sans doute pas imaginé que notre association atteindrait avec le temps la taille d’une entreprise multinationale, avec ses 64 000 membres et salariés à travers 88 pays fin 2020. La complexité et la lourdeur de fonctionnement sont aussi parfois celles d’une grande entreprise, et peuvent détonner avec l’image qu’on se fait d’une ONG. Mais ce sont aussi nos dimensions, et nos capacités de mobilisation et de déploiement humaines et logistiques qui font l’efficacité de MSF. Qu’est-ce qui fait que MSF reste encore MSF ? C’est difficile à dire. Mais dans notre ADN il y a le goût du débat, de la discussion, de l’échange ; l’exigence en matière de qualité des soins ; l’indignation vis-à-vis des injustices, des souffrances, des exactions ; la revendication d’une parole libre, d’une forme d’irrévérence, parfois d’impertinence ; et surtout, l’envie toujours renouvelée d’aider, de traverser des frontières – physiques, mais aussi politiques, culturelles et religieuses – pour aller vers l’autre, le soutenir dans sa souffrance, et lui demander simplement : « Qu’est ce que je peux faire pour toi ? » Nos contextes d’intervention et nos pratiques ont beaucoup évolué en 50 ans. Certains des questionnements qui nous occupent sont nouveaux, d’autres accompagnent l’action humanitaire depuis des décennies : comment mieux prendre en compte les besoins, l’avis et les exigences des personnes que nous soignons ?

Quel rôle pour MSF dans la recherche médicale et la mise à disposition des meilleurs traitements et vaccins, alors que la pandémie de Covid-19 bouleverse la santé globale ? Quelles possibilités d’intervention avons-nous, et à quelles conditions, dans les contextes où interviennent des groupes djihadistes transnationaux ?

Ou encore : comment pouvons-nous nous rendre le plus utiles pour les populations exilées, les réfugiés et les migrants, dans un contexte de criminalisation de l’aide ? Nous avons souhaité saisir l’opportunité de cet anniversaire pour partager ces différents questionnements et ces dilemmes avec le public et tous nos compagnons de route, ainsi qu’avec celles et ceux qui, par leurs dons et leur confiance sans faille, permettent à MSF d’exister : nos 541 000 donateurs en France. Tout au long de l’année, plusieurs événements et temps de rencontre marqueront ce cinquantenaire. C’est en acceptant l’échange, l’ouverture, mais aussi la critique, que MSF restera une association vivante, et une organisation fidèle à son mandat : soulager la souffrance d’autrui, en toute indépendance.

Mego Terzian, Président de MSF France

A lire

Aujourd’hui, le mouvement international MSF compte 25 associations indépendantes réunies autour d’une seule et même charte. Toutes sont placées sous la responsabilité d’un Conseil d’administration et d’un président, élus par leurs membres lors d’une assemblée générale annuelle.

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Sur les 25 associations, cinq ont la responsabilité de coordonner les interventions humanitaires de Médecins Sans Frontières sur le terrain : Paris, Bruxelles, Barcelone/Athènes, Amsterdam, Genève.

Les autres associations soutiennent ces interventions, notamment en menant des opérations de collecte de fonds, de communication ou de recrutement.

Découvrez ici comment s'organise aujourd'hui le mouvement MSF.

Décryptages

Vous pouvez retrouver l'intégralité des décryptages sur l'action de MSF à travers le monde ici.

Retour sur quelques idées reçues sur les métiers de l’humanitaire

Mélanie Cagniart
Directrice des ressources humaines

On associe souvent l’image du travailleur humanitaire avec celle d’un jeune médecin blanc. Est-ce la réalité ? 

En 2021, 60% de nos effectifs sont originaires du continent africain. Nos équipes sont issues de 162 pays différents. La diversité est marquée. La moitié du personnel est médical ou paramédical. En revanche, il reste encore des progrès à accomplir pour équilibrer le ratio hommes/femmes et notamment dans les pays d’intervention : seulement un tiers des effectifs sont pourvus par des femmes. Des efforts ont d’ores et déjà été entrepris pour améliorer la diversité au sein des organes de gouvernance et de direction, sur le terrain et dans les sièges. Demain, la diversité et la richesse des différentes nationalités devront davantage se refléter dans la composition des équipes dirigeantes. 

Est-ce qu’une personne qui part en mission le fait bénévolement ? 

Notre modèle est celui du salariat mais l’esprit de volontariat perdure avec des employés qui s’engagent avant tout pour servir la mission sociale, en acceptant notamment des conditions salariales modestes. MSF est un employeur comme un autre, avec toutes les responsabilités qui lui incombent. MSF attend de la personne l’adhésion à la Charte qui fonde ses valeurs. Ce document a été mis en place dès la création de l’association, son contenu n’a pratiquement pas évolué depuis. Il est basé sur les principes d’intervention de l’association : l’impartialité, la neutralité et l’indépendance. La notion d’engagement et de respect de la charte constituent la base des valeurs communes au sein du mouvement MSF.

Est-ce qu’aujourd’hui on peut faire carrière dans l’humanitaire ? 

A MSF, on retrouve une grande diversité de métiers, généralistes ou spécialisés. Le personnel médical ou paramédical représente un peu moins de la moitié des effectifs et la logistique environ un quart. Les employés administratifs et les personnes en charge de la supervision des opérations composent le reste des équipes. Chaque année, plus de 7 000 personnes partent pour des missions de terrain dont près de 20% pour une première mission. Une partie importante d’entre eux continuent leur parcours professionnel au sein de MSF. Pour les personnes recrutées localement, elles sont de plus en plus encouragées à évoluer professionnellement, notamment vers l’expatriation ou des postes de coordination. Alors qu’il y a quelques années, ce processus d’évolution était limité, une attention importante est portée aujourd’hui à un meilleur accès à la formation, à la mobilité professionnelle et la possibilité de réaliser des carrières longues au sein de l’ONG. 

De quelle manière la diversité des équipes influence la mise en œuvre des projets ? 

MSF considère le multiculturalisme et la diversité des expériences professionnelles dans ses équipes comme une grande richesse. La mixité au sein des projets, la présence de salariés internationaux est une des composantes du modèle de la solidarité internationale et garantit notre indépendance d’action. Dans certains cas, les équipes internationales permettent de moins exposer nos collègues nationaux à des risques liés à nos activités. Par exemple, MSF a offert un avortement sécurisé à 30 100 femmes en 2020, même si la législation ou la culture dans certains pays d’intervention rendent cette activité difficile. C’est souvent la présence d’une personne étrangère qui donne la possibilité de réaliser cette opération médicale. 

L’humanitaire est-il un métier dangereux ? 

MSF est un employeur responsable qui met tout en œuvre pour protéger la sécurité de ses équipes. Avant de partir sur le terrain, chaque employé international reçoit l’ensemble des informations à jour concernant la sécurité (les risques identifiés et les incidents survenus récemment) afin que les personnes puissent prendre la décision de partir en toute connaissance de cause. Certains contextes d’intervention, notamment où le risque d’attaques ou d’enlèvements ciblés est élevé, ne permettent plus d’envoyer certains profils, sur la base de leur couleur de peau ou nationalité. Cette pratique dite du profiling pose à l’association un certain nombre de dilemmes éthiques et opérationnels. Faut-il se soumettre à ces contraintes ? Comment apprécier le risque auquel les équipes recrutées localement s’exposent ? Ces questions continuent d’être régulièrement débattues.

Dossier de presse

Retrouvez dans le dossier de presse, disponible ici, d'autres témoignages de personnes employées par MSF, sur le terrain ou au siège, des présentations détaillées du fonctionnement de l'association, de celui de ses satellites, et de son ambition.

 

Autour des 50 ans de MSF

A l’occasion des 50 ans de l’association, différentes initiatives sont organisées tout au long de l’année pour revenir sur des contextes et des thèmes emblématiques d’hier et d’aujourd’hui mais également pour attirer l’attention sur les populations et les crises qui nécessitent une mobilisation urgente.

LE FESTIVAL

Du 10 au 13 juin 2021, l’Assemblée Générale de MSF s'est ouverte au public. Elle a été intégrée dans un Festival  qui a eu lieu à la Cité Fertile de Pantin. Durant tout le week-end se sont tenues diverses rencontres, parmi lesquelles des projections, expositions, rencontres, ateliers et débats avec des acteurs de l’humanitaire et des intervenants extérieurs pour discuter des grands enjeux qui animent l’association. Vous pouvez trouver plus d'informations sur ce festival et le replay des débats sur cette page.

MSF fait son festival : Ouvrons les débats!

Découvrir le festival

71|21 MSF S'EXPOSE EN GARE(S)

L’organisation propose dès à présent l'exposition 71|21 qui retrace les événements marquants de son histoire à travers une série de clichés emblématiques, capturés par des photographes engagés. Cette présentation est réalisée en partenariat avec SNCF Gares et Connexions. Il s’agira d’une série d'expositions inédites à découvrir sur le parvis de la Gare de Lyon à Paris, à partir du 11 mai à Strasbourg, et dès le 1er septembre à Bordeaux.

71|21 : Médecins Sans Frontières s'expose en gare(s)

Plus d'informations

PODCAST PREMIERE LIGNE

« Première ligne, 50 ans d’humanité » est un podcast en douze épisodes, produit par Europe 1 studio pour Médecins sans frontières, qui retrace l’aventure de l’ONG par la voix de ses professionnels engagés sur de nombreux terrains à travers le monde. Ce podcast embarque l’auditeur au coeur de cinq décennies d’action humanitaire racontée par celles et ceux qui l’ont vécue.

Podcast Première ligne

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