Éclairage

Hépatite C : une maladie hors de prix?

Un nouveau traitement efficace et rapide pourrait changer la donne dans la lutte contre cette maladie, responsable de près de 400 000 décès par an. La baisse de son prix, ainsi que l’amélioration et l’accès au diagnostic, font partie des grands enjeux du combat contre l’hépatite C.

27/09/2018
© Todd Brown

SITUATION - Les 4 clés pour comprendre

1.

1 Contexte général

Jusque récemment, les seuls traitements disponibles contre l’hépatite C étaient extrêmement longs et compliqués, et le taux de guérison très faible. L’arrivée de nouveaux médicaments, mis à disposition sur le marché en 2014, et de nouveaux traitements, a offert un nouvel espoir aux patients. Pourtant, leurs prix de vente prohibitifs dans de nombreux pays et les restrictions imposées par les laboratoires pharmaceutiques les rendent inaccessibles à bon nombre de personnes affectées par l’hépatite C.

On estime que près de 80 millions de personnes sont affectées par l’hépatite C et la maladie est présente partout dans le monde.

2.

2 Sur le terrain

Hépatite C : donner espoir aux patients souffrant d'addictions aux drogues injectables

Un patient du centre d'accueil Mith Samlanh à Phnom Penh. De nombreux patients souffrent d'addiction aux  drogues injectables et de pathologies liées comme l'hépatite C. Les équipes de MSF offrent des diagnostics et des traitements contre cette maladie dans le centre d'accueil, mais les personnes souffrant d'addiction aux drogues font face à de nombreux obstacles pour achever leur traitement. Cambodge. 2017

©Todd Brown

3.

3 DÉCRYPTAGE

© MSF septembre 2018

Hépatite C – Traiter les malades, mais à quel coût ? ll y a quelques années, le seul traitement disponible contre l’hépatite C durait un an, coûtait 25 000 euros, comportait de nombreux effets indésirables... Et tout ça pour ne guérir que la moitié des patients mis sous traitement.

4.

4 Les repères chronologiques

1989

Identification du virus de l’hépatite C après plus de quinze années de recherche.

1990

Mise au point de la première génération de test de dépistage de l’hépatite C.

2014

Autorisation de mise sur le marché du sofosbuvir (sous la marque Sovaldi®).

2016

Ouverture d’un projet dédié à l’hépatite C par MSF, dans une clinique de Phnom Penh au Cambodge.

2016

Opposition de MSF aux brevets sur le sofosbuvir en Europe, en association avec d’autres ONG.

2017

Obtention par MSF d’un prix de 120 dollars pour un traitement générique contre l’hépatite C.

Situation - L’éclairage

De nouveaux médicaments

La mise au point, puis la commercialisation en 2014 de nouveaux médicaments permettant de traiter l’hépatite C en 12 semaines, a offert de nouveaux espoirs aux patients contre cette maladie infectieuse dégénérative. Les traitements utilisant le sofosbuvir, un antirétroviral à action directe (AAD), durent 12 semaines et permettent de soigner jusqu’à 95 % des cas.

Néanmoins, la politique de prix prohibitifs mise en place par les laboratoires pharmaceutiques Gilead et Bristol Myers-Squibb freine considérablement l’accès à ces traitements pour les patients et contraignent les soignants à en rationner l’utilisation : en 2015, le prix du traitement pouvait en effet atteindre 126 000 euros. Le traitement varie en fonction des pays mais reste alors hors de prix pour les pays pauvres.

© MSF mai 2017

En 2014, Médecins Sans frontières s’engage dans la lutte pour l’accessibilité de ces nouveaux médicaments : « Le prix de ce traitement oblige déjà les praticiens en France à opérer un tri parmi les patients qui recevront les médicaments. C’est une situation de pénurie qui rappelle celle des années 90 pour le sida, décrivait le Dr. Mego Terzian, président de Médecins Sans Frontières. Ceci est d’autant plus inacceptable que cette pénurie est artificielle, déterminée par des prix qui ne sont justifiés ni par les coûts de production, ni par l’investissement en recherche et développement. »

2 100 000

Fin 2016, soit trois ans après l’introduction du sofosbuvir, seulement 2,1 millions de personnes avaient eu accès à des AAD – une portion infime des 80 millions de personnes affectées par l’hépatite C dans le monde.

En novembre 2017, Médecins Sans Frontières a conclu un accord pour l’achat de versions génériques du sofosbuvir et du daclatasvir à un prix d’environ 100 euros par traitement, contre un prix d’accès de 2.750 euros précédemment concédé par Gilead et Bristol Myers-Squibb. L’association et la Campagne d’accès aux médicaments essentiels, créée en 1999 par MSF, exhortent par ailleurs les Etats à utiliser tous les moyens pour faire baisser ces prix qui constituent une barrière d’accès aux soins pour des millions de personnes dans le monde.

Notre intervention

Depuis 2016, Médecins Sans Frontières offre une prise en charge aux personnes affectées par l’hépatite C au Cambodge.

Médecins Sans Frontières offre depuis 2012 une assistance aux victimes d’exclusion sociale à Téhéran en Iran.

Depuis 2012, Médecins Sans Frontières offre des soins de santé primaire aux populations défavorisées du quartier Machar Colony de Karachi, la capitale du Pakistan.

Les équipes de Médecins Sans Frontières gèrent une clinique en collaboration avec une organisation locale, le Sina Health Education & Welfare Trust et offrent des soins de santé primaire et une prise en charge de l’hépatite C aux populations.

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