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Guerre au Yémen : comment empêcher la catastrophe programmée ?

Michaël Neuman, directeur d'études au CRASH, en débattait dans l'émission 28 Minutes sur Arte.

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© MSF novembre 2018
Éclairage

Ebola, Marburg et les fièvres hémorragiques

La catégorie des fièvres hémorragiques virales comprend des maladies extrêmement létales comme Ebola et Marburg, et d’autres plus répandues comme la dengue ou la fièvre jaune.

09/11/2018
© Yann Libessart/MSF

SITUATION - Les 4 clés pour comprendre

1.

1 Contexte

Relativement négligées jusqu’en 2014 et la propagation d’une épidémie d’Ebola d’une ampleur sans précédent en Afrique de l’Ouest (Guinée, Libéria, Sierra Leone), les fièvres hémorragiques sont caractérisées par des taux de létalité potentiellement très élevés et par l’absence de traitement spécifique, bien que des essais cliniques sur des médicaments aient été menés ces dernières années, sans résultat entièrement concluant. Lors de certaines épidémies d’Ebola, jusqu’à 90 % des personnes atteintes par ces fièvres hémorragiques sont ainsi décédées ; le traitement est essentiellement symptomatique : réhydratation du patient, stabilisation de la tension artérielle, contrôle de la fièvre et de la douleur, administration d’anti-vomitif...

Ebola et Marburg appartiennent tous les deux à la même famille de virus, les filovirus. Certaines espèces de singes ou de chauves-souris peuvent transmettre ces maladies à l’homme et la transmission est ensuite interhumaine, par le sang, les liquides biologiques, les sécrétions et tissus des personnes malades, ce qui impose des règles d’hygiène très strictes et une logistique rigoureuse au personnel médical et aux organisations qui prennent en charge les victimes.

La dengue hémorragique, forme la plus sévère de cette maladie, et la fièvre jaune, maladie  pour laquelle il existe un vaccin efficace, font également partie de cette catégorie de fièvres hémorragiques, appartiennent toutes les deux à la même famille et sont transmises par un moustique, l’Aedes.

2.

2 Sur le terrain

Un membre du personnel MSF revêt l'équipement de protection individuelle pour entrer dans une zone à haut risque et offrir des soins de santé à des patients atteints par Ebola, dans l'hôpital de Donka à Conakry. Guinée. 2015.

Une membre du personnel MSF revêt l'équipement de protection individuelle pour entrer dans une zone à haut risque et offrir des soins de santé à des patients atteints par Ebola, dans l'hôpital de Donka à Conakry. Guinée. 2015.

©Yann Libessart/MSF

3.

3 Décryptage

© MSF 2016

En Afrique de l'Ouest, l’épidémie d’Ebola a officiellement été déclarée terminée en janvier 2016, après avoir fait des milliers de victimes durant deux ans. Pourtant, la surveillance doit rester de mise : le virus reste présent dans cette partie du continent africain.

4.

4 Les repères chronologiques

1967

Identification du virus de Marburg, suite à une épidémie en Allemagne.

1976

Identification du virus Ebola, suite à une épidémie au Soudan et au Zaïre.

2014

Début de l’épidémie de virus Ebola en Afrique de l’Ouest.

2015

Début d’une épidémie de fièvre jaune en Angola en décembre.

2016

Annonce officielle en janvier de la fin de l’épidémie de virus Ebola en Afrique de l’Ouest, par L’Organisation mondiale de la santé.

2017

Nouvelle apparition du virus Ebola en République démocratique du Congo en mai.

2018

Intervention de MSF en Ouganda en réponse à une épidémie de virus Marburg.

2018

Intervention de MSF en RDC en réponse à une épidémie d'Ebola débutée en mai dans la province de l’Équateur et déclarée terminée le 24 juillet.

2018

Intervention de MSF en RDC en réponse à une deuxième épidémie d'Ebola débutée cette fois-ci en août dans les provinces du Nord-Kivu et de l'Ituri.

Situation - L’éclairage

Ebola et Marburg

Les virus Marburg et Ebola ont été respectivement identifiés en 1967 et 1976. Plusieurs autres  épidémies ont ensuite eu lieu en Afrique sub-saharienne, notamment au Soudan, en République démocratique du Congo, en Angola, au Gabon et en Ouganda, impliquant jusqu’en 2014 un nombre relativement faible de personnes atteintes, dans des foyers souvent isolés, en bordure de forêts tropicales.

Ainsi, depuis la découverte d’Ebola, et jusqu’à la récente épidémie qui a sévi en Afrique de l’Ouest (Guinée, Libéria et Sierra Leone) ou encore celle qui a frappé la RDC en 2018, on dénombrait environ 2 000 cas et quelques 1 300 victimes du virus. Et moins d’un millier de cas de maladie à virus Marburg (OMS, 2018).

MSF en première ligne

Entre le printemps 2014 et janvier 2016, 28 636 cas et 11 315 décès (OMS) ont été recensés au cours de l’épidémie qui a frappé l’Afrique de l’Ouest.

Médecins Sans Frontières a employé près de 4 000 personnels nationaux et 325 membres du personnel international au plus fort de l’épidémie, dans ces trois pays. Les équipes ont admis plus de 10 000 patients dans leurs centres de traitement et ont ensuite offert des soins et un soutien aux survivants.

© Yann Libessart/MSF

Ces deux maladies rares, dont les symptômes ne sont pas spécifiques (fièvre parfois brutale, douleurs musculaires, maux de tête, faiblesse générale, nausées entre autres), nécessitent des précautions extrêmes pour le personnel soignant. Les équipes doivent ainsi porter une combinaison imperméable, des gants, un masque et des lunettes de protection pour éviter et réduire les risques de contamination lorsqu’elles travaillent dans les zones d’isolement des malades, elles-mêmes encadrées par des sas de confinement.

Il n’existe pour l’heure aucun médicament qui ait fait ses preuves dans le traitement spécifique de ces maladies. Toutefois, dans le cas du virus Ebola, lors de l’épidémie de 2014 - 2016, l’administration conjointe de traitements expérimentaux et de soins cliniques de bonne qualité a montré des résultats prometteurs.

En mai 2018, face à l’épidémie d’Ebola qui a touché la République démocratique du Congo, MSF et son centre de recherche épidémiologie Epicentre ont vacciné des personnels de santé parmi les plus exposés au virus ainsi des proches des personnes ayant contracté la maladie, en partenariat avec le ministère de la Santé et l’OMS.
Sur la base du volontariat, les participants ont reçu le « rVSVDG-ZEBOV-GP », un vaccin à l’essai qui n’a pas encore été homologué et qui a donc été utilisé dans le cadre d’un protocole d’étude approuvé par les autorités nationales, le Comité Ethique à Kinshasa et le Comité Ethique de MSF.

Manifestations de la maladie

Ebola

Après une incubation de 2 à 21 jours, le virus d'Ebola provoque une fièvre brutale, des maux de tête, des douleurs musculaires, une conjonctivite, une faiblesse générale puis dans un deuxième temps des vomissements, des diarrhées et parfois une éruption cutanée et des hémorragies internes et externes.

Marburg

La période d'incubation est estimée entre 3 et 10 jours. La phase aiguë de la maladie intervient au bout de 7 à 15 jours après les premiers symptômes. Lors de l’épidémie qui a sévi en 1999 - 2000 en République démocratique du Congo, la létalité avait atteint 70 %.

Les grandes tueuses - Une série documentaire

Le virus Ebola fait partie des grandes tueuses, responsables de la mort de millions de personnes chaque année. Dans cette série documentaire multimédia, chaque pathologie est abordée à travers cinq modules (vidéo, photo, animation, infographie) portant sur ses contextes géographique et historique, ses effets sur l’organisme, son traitement et enfin les espoirs pour l’avenir.

© MSF 2016

Grandes Tueuses - Ebola

La fièvre jaune et la dengue

La fièvre jaune et la dengue, dans sa forme sévère, sont également rangées dans la catégorie des fièvres hémorragiques virales. Il existe toutefois un vaccin efficace contre la fièvre jaune et une prise en charge rapide et intensive de la dengue permet de réduire considérablement la taux de mortalité de la maladie à 1 %. Moins létales, ces maladies sont néanmoins plus répandues et apparaissent plus fréquemment qu'Ebola et Marburg. Selon l’Organisation mondiale de la santé, on compte chaque année près de 500 000 personnes atteintes de dengue, une maladie qui touche plus particulièrement les enfants et 2,5 % d’entre eux meurent. Quant à la fièvre jaune, endémique dans de nombreux pays ou régions d’Afrique et d’Amérique du Sud, et bien qu’il soit assez difficile d’obtenir des estimations précises, elle toucherait près de 200 000 personnes et occasionnerait le décès d’environ 30 000 personnes par an.

© MSF 2015

En juin 2016, six mois après le début d’une épidémie de fièvre jaune qui avait démarré en Angola, Médecins Sans Frontières faisait le point sur la situation. La prévention est la seule arme qui permet de contenir le virus.

Notre intervention

Médecins Sans Frontières offre une assistance médicale et une réponse aux urgences médicales aux populations de la République démocratique du Congo. MSF dispose de plusieurs unités de réponse aux urgences en RDC. Elles sont basées à Kinshasa, à Bukavu au Sud-Kivu, à Goma au Nord-Kivu et dans la région du Tanganyika, tandis que des équipes mobiles conduisent des missions exploratoires.

Depuis 2017, Médecins Sans Frontières offre des soins de santé mentale aux populations des quartiers défavorisés de Monrovia, la capitale du Libéria. Les équipes de MSF travaillent dans la clinique de santé mentale à Clara Town, ouverte en septembre 2017, dans un des quartiers les plus pauvres de Monrovia. Le Libéria fait partie des pays les plus touchés par la récente épidémie d’Ebola.

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