Pourquoi Médecins Sans Frontières intervient ?
Malgré les importantes avancées des dernières années sur le plan des vaccins et des traitements curatifs, la maladie à virus Ebola reste très létale : pendant l’épidémie de 2018-2020 en République Démocratique du Congo, la plus importante recensée dans l’histoire du pays, deux tiers des patients sont décédés. La prise en charge de cette maladie hautement mortelle est d’ailleurs compliquée par d’autres facteurs. Tout d'abord, les symptômes, surtout dans la phase initiale, peuvent ressembler à ceux d’autres maladies présentes en Afrique, comme le paludisme ou le choléra, ce qui entraîne un risque de retard dans le diagnostic. De plus, la capacité d’endiguer la propagation de l’épidémie repose sur l’identification et le suivi de tous les contacts directs et indirects des personnes infectées par le virus, ce qui est souvent compliqué à réaliser dans des régions peu accessibles, à cause de barrières géographiques ou à cause de l’insécurité. Enfin, la maladie reste peu connue dans certaines régions du continent africain, ce qui peut créer des difficultés dans la relation entre le personnel soignant et les populations affectées par l’épidémie.
L’épidémie annoncée le 15 mais 2026 est due au virus Ebola, de souche Bundibugyo. Il n’existe pour ce variant actuellement ni vaccin ni traitement approuvés. L’épidémie touche principalement trois régions : l’Ituri, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, avec un épicentre en Ituri qui concentre près de 95% des cas recensés notamment dans les zones de Mongbwalu et Rwampara.
Notre intervention
En RDC, MSF est en première ligne dans l’investigation des potentielles épidémies d’Ebola, chaque fois que des cas suspects sont signalés. Une fois qu'une épidémie est déclarée, les équipes MSF lancent une intervention d’urgence, dont les modalités et la durée dépendent de l’évolution de l’épidémie elle-même. Les activités principales couvertes par nos interventions incluent la prise en charge des patients, la vaccination des personnes potentiellement exposées au virus, le renforcement des mesures d’hygiène dans les structures médicales de la zone affectée, ainsi que la sensibilisation et la promotion de la santé auprès de la population.
Entre 2018 et 2020, face à l’ampleur des épidémies, les équipes de MSF ont été impliquées dans le développement de nouveaux traitements curatifs pour la souche Zaïre, qui ont prouvé leur efficacité.
Ces interventions ont également permis de développer une modalité de prise en charge des patients qui s’appuie davantage sur les structures de santé locales préexistantes et de moins en moins sur la création de nouvelles structures intégralement dédiées à la réponse à l’épidémie d’Ebola. Cette nouvelle approche, également utilisée lors de l’épidémie de 2026, a permis de se rapprocher des patients et d’améliorer leurs chances de survie ; elle répond aussi au besoin de renforcer le système de santé local dans ces moments critiques, pour que les soins pour tout autre problème de santé puissent continuer à être prodigués.
En 2026, l’intervention de nos équipes est multiple et suit la même dynamique que nos interventions précédentes.
Elle consiste d’une part en des mesures épidémiologiques et de santé publique combinées :
- Isolement précoce des cas suspects et confirmés ;
- Suivi quotidien des personnes contacts pendant 21 jours avec une mise en quarantaine immédiate si des symptômes sont présents ;
- Application stricte des protocoles de prévention et de contrôle des infections (PPCI) : hygiène des mains, gestions des déchets, points d’eau chlorée, EPI pour les soignants ;
- Enterrements dignes et sécurisés pour éviter la transmission pendant les rituels funéraires ;
- Travail épidémiologique de terrain pour reconstituer les chaines de transmissions et identifier les pratiques à risque.
D’une autre part, nos équipes sont présentes pour prendre en charge les patients affectés ou suspects.
Partout en RDC, à défaut d’un traitement ciblé, la prise en charge des patients repose essentiellement sur le traitement des symptômes (fièvres, céphalées, vomissements, diarrhées) et des soins intensifs afin d’améliorer les chances de survie (compensation des pertes de liquides, apport d’oxygène, suivi des paramètres sanguins et cardiaques).
En parallèle, MSF a déployé des équipes mobiles dans les zones reculées afin de pouvoir isoler les cas suspectes et endiguer l’épidémie.