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Haïti : les activités médicales menacées par le blocage des ports et les pénuries

Médicaments dans une clinique mobile de MSF dans le quartier de Bel Air, Haïti.
Médicaments dans une clinique mobile de MSF dans le quartier de Bel Air, Haïti. © Alexandre Marcou/MSF

Depuis fin février, Port-au-Prince est en proie à une violence sans précédent, isolée du monde extérieur en raison de la fermeture de l'aéroport et des ports. L’insécurité croissante perturbe gravement les activités médicales de Médecins Sans Frontières (MSF), qui n'a pas pu importer de médicaments et de matériel médical depuis mi-mars. Le système de santé haïtien est encore plus gravement impacté, laissant la population sans accès aux services de soins essentiels. MSF lance un appel urgent aux groupes armés impliqués dans les combats et aux autorités en charge des douanes pour qu'ils facilitent l'acheminement des fournitures médicales à la population civile qui en a urgemment besoin. 

Hôpitaux fermés

« Si nous ne recevons pas notre matériel médical, dans les deux prochaines semaines, nous serons contraints de réduire considérablement nos opérations », déclare Mumuza Muhindo Musubaho, chef de mission pour MSF. « En raison d’un afflux massif de patients et d’une forte consommation de médicaments, nous sommes actuellement en rupture de stock »

Plus de 30 centres médicaux et hôpitaux ont fermé leurs portes, dont le plus grand, l'Hôpital de l'Université d'État d'Haïti, en raison d'actes de vandalisme, de pillages ou parce qu'ils sont situés dans des zones peu sûres. La fermeture de l'aéroport et des ports en février a entraîné des ruptures de stock critiques pour les structures médicales de MSF. Malgré la réouverture récente de l'aéroport de Port-au-Prince, une coopération plus large est nécessaire pour accélérer les procédures douanières. 

Risque accru de maladies

« Dans cette situation d'urgence, les procédures douanières doivent être plus souples, afin que les médicaments et autres fournitures puissent être livrés aussi rapidement que possible », alerte Mumuza Muhindo Musubaho. Les personnes souffrant de maladies chroniques, telles que la tuberculose et le VIH, risquent de voir leur état s'aggraver en raison du manque d'accès aux soins et aux médicaments. Les conditions insalubres dans les nombreux sites de déplacés qui s’étalent dans Port-au-Prince augmentent le risque de maladies transmises par l'eau comme le choléra. 

L'hôpital MSF de Carrefour, ouvert en mars en réponse à la recrudescence de la violence, illustre ces défis. Bénéficiant initialement d'un stock de six mois, les réserves de l'hôpital ont rapidement diminué en raison de l'augmentation du nombre de patients. « Dans ce contexte, tout devient un défi. Même l'achat de papier pour les rapports médicaux est un gros problème ces jours-ci », explique Jean Baptiste Goasglas, coordinateur de projet MSF. Entre mars et avril 2024, les équipes MSF ont assuré 9 025 consultations externes, pris en charge 4 966 cas urgents, dont 869 blessés par balle et 742 victimes d'accidents de la route, et ont également admis 99 patients gravement brûlés à l'hôpital de Tabarre, dont la moitié étaient des enfants. 

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