Yémen : "C’est la journée la plus dure que j’ai eu à vivre depuis que j’ai rejoint MSF"

L'hôpital MSF est plein les blessés sont installés sur des matelas. Aden mars 2015.
L'hôpital MSF est plein, les blessés sont installés sur des matelas. Aden, mars 2015. ©MSF

Plus de 250 blessés en l'espace de quelques jours, l'hôpital MSF à Aden dans le sud du Yémen est plein. L'équipe médicale sur place fait face à cette situation d'urgence sans pouvoir recevoir de renfort en raison de la suspension de l'ensemble des vols. Opérateur radio, médecin et responsable de l'équipe d'urgence, trois membres du personnel de Médecins Sans Frontières à Aden et Sana'a témoignent.

« C’est la journée la plus dure que j’ai eu à vivre depuis que j’ai rejoint MSF il y a 3 ans. Un grand nombre de personnes sont arrivées à l’hôpital qui est rempli de blessés. On entend des tirs dans le quartier où nous sommes et on a peur que des hommes armés entrent à l’intérieur de l’enceinte de l’hôpital où nous soignons des combattants des deux bords et des civils. La situation est particulièrement tendue à l’extérieur et nous ne savons pas ce qu’il se passera par la suite. »

Opérateur radio
Témoignage recueilli le jeudi 26 mars

« La situation est terrible à l’hôpital. Ce jeudi nous avons reçu 87 blessés.  C’était dramatique. Nous avons travaillé dans des conditions très difficiles, on baissait la tête constamment de peur d’être touché par les tirs continus qu’on entendait à l’extérieur. La veille on avait reçu 45 patients. Depuis la semaine dernière jusqu’à aujourd’hui, MSF a reçu un grand nombre de blessés, au moins 250 et on a dû réquisitionner les espaces de bureaux pour y installer des blessés sur des matelas. A Aden la situation est toujours autant dramatique. Dans ce contexte, nous avons besoin de plus de ressources humaines, de volontaires et de journaliers. La morgue est pleine de cadavres que les familles ne peuvent pas venir récupérer à l’hôpital. C’est encore très dangereux pour nous, venir travailler à l’hôpital est très risqué. J’ai dû quitter l’hôpital la nuit dernière pour voir ma famille et m’assurer qu’ils avaient tout ce qu’il fallait en mon absence. »

Dr. Hani Isleem, responsable des activités externes
Témoignage recueilli le vendredi 27 mars

« Nous étions censés soutenir notre équipe à Aden, mais la situation s’est brutalement détériorée et les vols internes ont été annulés. Nous ne pouvons plus rejoindre Aden et renforcer l’équipe médicale sur place. »

Moeen Mahmoud, responsable du YEP (pool d’urgence MSF au Yémen)
Témoignage recueilli le vendredi 27 mars

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► Consulter notre dossier sur la crise au Yémen.

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