Près de Khamir, dans le gouvernorat d'Amran, où MSF mène des activités médicales. 2013
Près de Khamer, dans le gouvernorat d'Amran, où MSF mène des activités médicales. 2013 © Jacob Zocherman

L’heure n’est plus aux négociations au Yémen. La trêve de quatre mois instaurée en avril 2016 pour discuter d’un accord de paix a volé en éclats en août dernier. La population vit de nouveau à l’heure de la guerre opposant les Houthis, qui contrôlent le nord du pays avec le soutien du président déchu Saleh, aux groupes armés de la Résistance du Sud alliés au président Hadi. Ce dernier avait fui Sanaa début 2015, quand les Houthis avaient pris le contrôle de la capitale, et a installé à Aden son propre gouvernement. Autre acteur du conflit, une coalition internationale menée par l’Arabie Saoudite, qui intervient au côté des forces du sud depuis mars 2015 et a le soutien des Etats-Unis, de la France et de la Grande-Bretagne.

Bombardements et tirs d’artillerie frappent le pays, du gouvernorat de Saada dans le nord, au gouvernorat de Taez dans le sud. Le 15 août dernier, l’hôpital de la ville de Abs, située dans le gouvernorat de Hajjah, dans le nord-ouest du Yémen, a été touché par une frappe aérienne de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite. Cette attaque  est la quatrième en un an touchant une structure de soins MSF. Avec 19 morts et 24 blessés, c’est aussi la plus meurtrière.

Pour des raisons de sécurité, MSF a décidé d’évacuer son personnel des six hôpitaux qu’elle soutenait dans le nord du Yémen, à savoir les hôpitaux de Haydan, Razeh, Joumouri et Yasnim (gouvernorat de Saada) et ceux de Abs et Joumouri (gouvernorat de Hajjah).


 

Globalement, le bilan de ce conflit est très lourd. Il a fait plus de 6000 morts et plus de trois millions de déplacés, selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires aux Nations unies. Le pays est également confronté à des restrictions sur les importations, rendant difficile l’approvisionnement.

Pour la population, l’accès aux soins est très difficile. De nombreuses structures de soins ne fonctionnent plus. Celles encore ouvertes manquent souvent de matériel essentiel, de personnel, de médicaments et de carburant pour faire fonctionner les générateurs électriques, ou alors elles sont situées dans des zones trop dangereuses.

Plus de 2000 employés de MSF, dont 90 expatriés, travaillent actuellement au Yémen. Entre mars 2015 et juin 2016, MSF a reçu près de 210 000 patients dans ses services d'urgence et a pris en charge plus de 43 000 blessés de guerre. Les équipes MSF ont également dispensé plus de 82 000 consultations à des personnes déplacées, grâce à des dispensaires mobiles.

Avant l'évacuation des équipes du nord du pays, MSF travaillait dans onze hôpitaux et centres de santé au Yémen et apportait un soutien à 18 autres hôpitaux et centres de santé situés dans huit gouvernorats : Aden, Al-Dhale, Taez, Saada, Amran, Hajjah, Ibb et Sanaa.

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Activités de MSF au Yémen

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