L'hôpital d'Haydan, dans le nord du pays, détruit dans un bombardement en mars 2016
L'hôpital d'Haydan, dans le nord du pays, bombardé par voie aérienne en mars 2016 © Atsuhiko Ochiai/MSF

Au Yémen  , la population vit toujours à l’heure de la guerre opposant les Houthis, qui contrôlent le nord du pays avec le soutien du président déchu Saleh, aux groupes armés de la Résistance du Sud alliés au président Hadi. Ce dernier avait fui Sanaa début 2015, quand les Houthis avaient pris le contrôle de la capitale. Autre acteur du conflit, une coalition internationale menée par l’Arabie Saoudite, qui intervient au côté des forces du sud depuis mars 2015 et a le soutien des Etats-Unis, de la France et de la Grande-Bretagne.

Bombardements et tirs d’artillerie frappent le pays, du gouvernorat de Saada dans le nord, au gouvernorat de Taiz dans le sud. Le 15 août 2016, l’hôpital de la ville de Abs, située dans le gouvernorat de Hajjah, dans le nord-ouest du Yémen, a été touché par une frappe aérienne de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite. Cette attaque  était la quatrième en un an touchant une structure de soins MSF. Avec 19 morts et 24 blessés, c’était aussi la plus meurtrière.

Pour des raisons de sécurité, MSF a alors décidé d’évacuer son personnel des six hôpitaux qu’elle soutenait dans le nord du Yémen, à savoir les hôpitaux de Haydan, Razeh, Joumouri et Yasnim (gouvernorat de Saada) et ceux de Abs et Gamhouri (gouvernorat de Hajjah). Depuis, MSF a repris ses activités à Abs et Gamhouri en novembre 2016, puis à Haydan en mars 2017.


 

Globalement, le bilan de ce conflit est très lourd. Il a fait plus de 6000 morts et plus de trois millions de déplacés, selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires aux Nations unies. Le pays est également confronté à des restrictions sur les importations, rendant difficile l’approvisionnement.

Pour la population, l’accès aux soins est très difficile. De nombreuses structures de soins ne fonctionnent plus. Celles encore ouvertes manquent souvent de matériel essentiel, de personnel, de médicaments et de carburant pour faire fonctionner les générateurs électriques, ou alors elles sont situées dans des zones trop dangereuses.

Entre mars 2015 et avril 2017, MSF a reçu plus de 493 000 patients dans ses services d'urgence et a pris en charge plus de 60 000 blessés de guerre. Les équipes MSF ont également dispensé plus de 191 000 consultations à des personnes déplacées, grâce à des dispensaires mobiles.


Epidémie de choléra au Yémen

L’épidémie progresse de façon spectaculaire à travers le Yémen, et touchait 18 des 22 gouvernorats du pays au 19 mai, selon le ministère de la Santé et de la Population. Le nombre de cas suspects identifiés a atteint les 50 000 au 29 mai, d’après les estimations de l’OMS.

En réponse à cette épidémie, MSF a mis en place des centres et des unités de traitement du choléra dans plusieurs hôpitaux afin d’isoler les patients et de traiter ceux qui présentent des symptômes. L’organisation soutient également d’autres structures gérées par les autorités sanitaires.

Depuis le 30 mars 2017, les équipes MSF reçoivent et traitent un nombre croissant de cas de choléra et de diarrhée aqueuse aiguë dans les gouvernorats d’Amran, Hajjah, Al-Dhale, Taiz, Ibb et Sanaa. Alors qu'au 9 mai, le nombre de patients pris en charge par MSF atteignait plus de 780, ce nombre a dépassé les 5000 patients au 23 mai, puis les 12 000 au 31 mai pour atteindre les 24 135 au 8 juin et les 41 479 au 18 juin.
 

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Claire Manera, coordinatrice de projet MSF au Yémen, fait le point sur la situation suite à l'épidémie de choléra qui sévit actuellement dans le pays.



Quels sont les effets du choléra sur le corps humain ?

Le choléra est une infection intestinale aiguë très contagieuse, transmise par l’ingestion d’eau contaminée par le bacille du choléra. La contamination est orale, d'origine fécale, et peut se faire par l'ingestion d'eau ou d'aliments souillés.

Les principaux symptômes sont les diarrhées liquides et les vomissements, provoquant une déshydratation sévère et rapide pouvant entrainer la mort. Les jeunes enfants et les personnes âgées sont les plus vulnérables.

Chez la personne atteinte, le développement de la maladie est très rapide, voire fulgurant. Néanmoins, il s'agit d'une maladie facile à traiter.

Plus d'infos sur cette maladie avec notre série vidéo "Grandes Tueuses"



Comment fonctionne un centre de traitement du choléra ?

Au Yémen, MSF a mis en place des centres et des unités de traitement du choléra dans les gouvernorats d’Amran, Hajjah, Al-Dhale, Taiz, Ibb et Sanaa.

Découvrez comment fonctionnent ces centres grâce à notre mini-site :

Centre de traitement du choléra virtuel

Cliquez pour accéder à notre minisite présentant le fonctionnement d'un CTC



En savoir plus

Revivez le Facebook live mené le 21 mai avec Caroline Seguin, responsable adjointe des projets de MSF au Moyen-Orient, pour en savoir plus sur cette épidémie :


Activités de MSF au Yémen

Avec près de 1600 employés, dont 82 expatriés actuellement au Yémen, MSF fournit directement des soins médicaux et chirurgicaux dans 13 hôpitaux et soutient plus de 18 structures médicales dans 11 gouvernorats du Yémen : Taiz, Aden, Al-Dhale’, Saada, Amran, Hajjah, Ibb, Sanaa, Hodaida, Abyan et Lahj.

Survolez la carte pour faire apparaitre les informations ou cliquez ici pour l'afficher en grand format.

Activités de MSF au Yémen

 

Aller plus loin

Pour en savoir plus sur le contexte yéménite et les activités de MSF dans ce pays, vous pouvez revoir l'interview d'Eric, chef de mission de retour du Yémen, qui s'est déroulée le 3 mars en live sur la page Facebook de MSF :

 

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