Mexique : l'attente pour les demandeurs d'asile, au péril de leurs vies

MIGRANTS DAY: NTCA AND MEXICO
MSF fournit un soutien médical, des services de santé mentale et sociaux aux migrants et aux réfugiés dans différents centres d'hébergement de Nuevo Laredo, Reynosa et Matamoros au Mexique. ©Anna Surinyach/MSF

Lundi 24 juin, le Mexique et les Etats-Unis ont décidé d'étendre leur politique d’asile, officiellement connue sous le nom de Protocoles de protection des migrants, à la ville frontalière de Nuevo Laredo. Cette décision oblige les demandeurs d’asile qui cherchent refuge aux Etats-Unis à attendre la fin des procédures légales dans des régions ultra-violentes du Mexique, au péril de leurs vies.  

Ville de l'État de Tamaulipas, à la frontière avec les Etats-Unis, Nuevo Laredo est aux mains de groupes criminels violents. Les demandeurs d’asile y sont confrontés à des vols, des enlèvements, des agressions qui peuvent aller jusqu'à l’homicide. 

Selon nos données, entre janvier et mai 2019, plus de 45% des 378 patients traités par MSF à Nuevo Laredo ont vécu au moins un épisode de violence dans la ville, alors qu'ils attendaient pour franchir la frontière et se rendre aux États-Unis. 
 

Les équipes MSF fournissent un soutien médical, des services de santé mentale et sociaux aux migrants et aux réfugiés à Nuevo Laredo, Reynosa et Matamoros.

A l'intérieur d'un centre d'hébergement pour demandeurs d'asile, une femme lave son linge.

Selon les données MSF sur le premier semestre 2019, près de la moitié des patients traités à Nuevo Laredo ont subi au moins un épisode de violence dans la ville.

Une femme consulte son téléphone portable dans un centre d'hébergement pour demandeurs d'asile, au Mexique.

12 % des patients traités dans le cadre des programmes de santé mentale de MSF en 2019 ont été enlevés, dont plus de la moitié au cours des sept jours précédant leur consultation médicale.

Des groupes criminels ciblent les migrants et les demandeurs d'asile dès leur arrivée à Nuevo Laredo.

Des affaires appartenant à des demandeurs d'asile, dans un centre d'hébergement au nord du Mexique.

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Les équipes MSF fournissent un soutien médical, des services de santé mentale et sociaux aux migrants et aux réfugiés à Nuevo Laredo, Reynosa et Matamoros.

A l'intérieur d'un centre d'hébergement pour demandeurs d'asile, une femme lave son linge.

Selon les données MSF sur le premier semestre 2019, près de la moitié des patients traités à Nuevo Laredo ont subi au moins un épisode de violence dans la ville.

Une femme consulte son téléphone portable dans un centre d'hébergement pour demandeurs d'asile, au Mexique.

12 % des patients traités dans le cadre des programmes de santé mentale de MSF en 2019 ont été enlevés, dont plus de la moitié au cours des sept jours précédant leur consultation médicale.

Des groupes criminels ciblent les migrants et les demandeurs d'asile dès leur arrivée à Nuevo Laredo.

Des affaires appartenant à des demandeurs d'asile, dans un centre d'hébergement au nord du Mexique.

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« Cette politique inacceptable confine les personnes vulnérables dans des zones contrôlées par des organisations criminelles, qui considèrent les migrants comme une potentielle source de revenus, ce qui les expose à un très haut niveau de violence », a déclaré Maria Hernandez, responsable MSF au Mexique. 

Sur les 378 patients traités dans le cadre des programmes de santé mentale de MSF en 2019, 45 personnes (12 %) ont été enlevées, dont 26 au cours des sept jours précédant leur consultation médicale. Les équipes MSF fournissent un soutien médical, des services de santé mentale et sociaux aux migrants et aux réfugiés dans différents centres d'hébergement de Nuevo Laredo, Reynosa et Matamoros.

Des migrants attendent dans la ville de Nuevo Laredo, au nord du Mexique, située à proximité de la frontière avec les Etats-Unis.
 © Anna Surinyach/MSF
Des migrants attendent dans la ville de Nuevo Laredo, au nord du Mexique, située à proximité de la frontière avec les Etats-Unis. © Anna Surinyach/MSF

« La majorité de nos patients ne sortent pas dans la rue en raison du fort risque d'enlèvement », explique Maria Hernandez. « Les demandeurs d'asile que nous traitons à Nuevo Laredo viennent de nombreux pays, notamment de Cuba, de la République démocratique du Congo, du Cameroun et du Mexique. Cependant, il ne fait aucun doute que ce sont les ressortissants d'Amérique centrale qui risquent le plus d'être kidnappés, et c'est cette même population qui sera renvoyée en grand nombre au Mexique en vertu de la politique d’asile mise en place par les gouvernements américain et mexicain », alerte-elle. 

Selon des témoignages recueillis par MSF, des groupes criminels ciblent les migrants et les demandeurs d'asile dès leur arrivée à Nuevo Laredo. « Ils sont kidnappés aux terminaux de bus et détenus dans des maisons où ils sont dépouillés et agressés. Certains sont menacés de mort, détenus pendant de longues périodes pour travaux forcés, exploités sexuellement ou recrutés de force par des organisations criminelles », détaille la porte parole de MSF. 
 

La semaine dernière, MSF a dénoncé les récentes arrestations massives de migrants menées par les autorités mexicaines à la frontière sud du pays avec le Guatemala. Ce type d'opérations visant les migrants qui empruntent des routes clandestines les exposent à davantage de dangers — notamment aux gangs impliqués dans la traite des êtres humains — et les empêchent d'accéder aux services de santé.

La politique migratoire menée par les administrations mexicaines et américaines a des conséquences humanitaires dévastatrices : elle aggrave les souffrances de milliers de personnes qui fuient leur pays et menace directement leurs vies. MSF exhorte les autorités mexicaines et américaines à mettre la protection des êtres humains et l'assistance humanitaire au coeur de leurs politiques migratoires. 

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