Liban : le difficile retour des familles dans des foyers dévastés
Après l’annonce de cessez-le-feu, des centaines de milliers de déplacés retournent dans le sud du Liban, la Bekaa et la banlieue de Beyrouth. Ils y découvrent des habitations en ruines et un système de santé dévasté. Face à une crise humanitaire qui se poursuit, MSF continue de fournir des soins de santé essentiels aux populations.
Des infrastructures détruites et une insécurité persistante
Les opérations militaires israéliennes (frappes de drones, bombardements, démolitions) se poursuivent dans certaines zones du Sud-Liban, laissant les communautés prises au piège entre le désir de rentrer chez elles et l'insécurité permanente.
« Les besoins humanitaires et médicaux demeurent immenses. La reconstruction ne pourra pas véritablement commencer tant que les gens craindront pour leur sécurité », Jeremy Ristord, coordinateur de MSF au Liban.
Le retour des déplacés vers des villages libanais dévastés
À travers tout le Sud-Liban, des habitants souhaitent pouvoir rentrer chez eux. Mais leur foyer n'a plus rien à voir avec le lieu qu'ils ont quitté : de nombreuses villes et villages sont ont été ravagés par des mois de conflit.
Un impossible retour à la normale
Lina Jouni, une artiste originaire d’un village du district de Nabatiyeh, a été déplacée avec sa mère et sa sœur. « Nous avons dû fuir à cause des bombardements, et ma mère de 79 ans ne pouvait plus bouger ni courir. Je devais la mettre en sécurité », se souvient-elle. De retour dans son village, elle reste profondément partagée. « Revoir mes amis m'a redonné un semblant de normalité, mais je suis dévastée par la destruction qui nous entoure. »
Des localités toujours inaccessibles aux habitants
Si certains ont pu rentrer, de nombreuses localités demeurent totalement inaccessibles. Abdallah Al Khaled, 72 ans, originaire du village d'Ain Arab dans le district de Marjeyoun, a été déplacé dans un abri collectif. Son village n'est qu'à une courte distance, mais les forces israéliennes continuent d'occuper la zone.
Pendant qu'il reçoit des traitements à l'hôpital Najdeh Al-Shaabiyeh de Nabatiyeh, soutenu par MSF, les explosions causées par les frappes de l'armée israélienne se poursuivent. « Nous possédons des terres et des oliveraies dont nous prenions soin. Nous vivions de la terre, et aujourd'hui, à la fin de ma vie, je dois empaqueter mes affaires et vivre sous une tente », confie-t-il. Abdallah ignore tout de ce qu'il reste de sa maison.
Selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), près de 500 000 personnes restent déplacées à travers le Liban au 2 juillet. Dans le Sud-Liban et dans certaines parties de la plaine de la Bekaa, la destruction massive des habitations, des structures de santé, des routes et des infrastructures essentielles prive les habitants de la possibilité de reconstruire leur vie.
Une crise humanitaire qui se poursuit : le retour ne garantit pas la sécurité
Bien que les hôpitaux reçoivent moins de blessés de guerre directs, les civils continuent d'être touchés par les frappes israéliennes.
Un jeune homme, déplacé avec sa famille dans un centre collectif à Ghaziyeh, a décidé de retourner brièvement dans sa ville natale avec un ami, pensant qu'un cessez-le-feu était en vigueur. « Je me souviens du sifflement du missile. Je ne l'oublierai jamais », raconte-t-il. « Mon ami a été tué sur le coup. Je suis resté au sol à saigner pendant des heures. Personne ne pouvait m'atteindre à cause des bombardements et des frappes aériennes. » Il a finalement été évacué vers l'hôpital Najdeh Al-Shaabiyeh à Nabatiyeh, soutenu par MSF. Après sa sortie, il a rejoint l'abri collectif où sa famille est toujours réfugiée.
MSF adapte ses soins médicaux et soutient le système de santé libanais
Les hôpitaux soutenus par MSF continuent de traiter des personnes blessées par les frappes israéliennes, les effondrements de débris et les munitions non explosées.
Nos équipes adaptent leur réponse médicale pour garantir aux populations un accès aux soins essentiels là où elles se trouvent. Les cliniques mobiles déployées dans le sud du pays, la banlieue sud de Beyrouth, la région de Baalbek-Hermel et le nord du Liban fournissent :
- Des consultations de santé primaire et le traitement des maladies chroniques.
- Des soins de santé mentale et de santé sexuelle et reproductive.
- L'orientation des cas graves vers les structures spécialisées.
Parallèlement, les cliniques fixes de Bourj Hammoud et d'Hermel maintiennent l'accès aux soins de routine. MSF soutient également les urgences obstétriques et les soins néonataux à Zahlé et dans la Bekaa centrale, tout en renforçant l'accès aux soins secondaires par un appui direct aux hôpitaux du pays.
Nos équipes ont également entamé la réhabilitation de centres de santé primaires, la distribution de biens de première nécessité, la modernisation d'ambulances et la fourniture de matériel médical et d’outils de préparation aux urgences pour les hôpitaux.
Soutien psychologique et aide d'urgence pour les soignants libanais
Un soutien psychologique adapté est proposé aux professionnels de santé, durement éprouvés par la charge mentale et psychologique tout au long de cette crise.
Ali Awarke, infirmier en chef des urgences à l'hôpital Najdeh Al-Shaabiyeh de Nabatiyeh fait partie des nombreux soignants qui sont restés pendant toute la durée des combats. « Il en allait de notre responsabilité de rester et de prendre soin de notre communauté », affirme Ali. « Les moments les plus difficiles ont été ceux où des secouristes et des collègues soignants sont arrivés parmi les blessés, ou lorsqu'ils ont été tués par des frappes israéliennes. Ces images ne me quitteront jamais. »
Je donne au Fonds d'urgence MSF
L'action de MSF au Liban
Les équipes MSF présentes au Liban répondent aux besoins urgents de la population touchée par l’escalade de violence israélienne depuis le mois de mars 2026, principalement dans le sud du pays. Elles soutiennent les hôpitaux encore opérationnels, offrent des soins ambulatoires et mènent des actions d’eau et d’assainissement.