Liban : dans le sud de Beyrouth, MSF intensifie ses actions face aux attaques israéliennes

En collaboration avec Médecins Sans Frontières, les services municipaux procèdent à des travaux de réparation intensifs sur les canalisations d'égouts à Burj El Barajneh, après que les infrastructures hydrauliques ont été endommagées par une frappe israélienne en mars 2026.
En collaboration avec Médecins Sans Frontières, les services municipaux procèdent à des travaux de réparation intensifs sur les canalisations d'égouts à Burj El Barajneh, après que les infrastructures hydrauliques ont été endommagées par une frappe israélienne en mars 2026. © Kristen Poels/MSF

Dahiyeh est une banlieue densément peuplée du sud de Beyrouth. Depuis l’escalade du conflit du 2 mars 2026, elle est devenue une ligne de front urbaine, faisant l’objet d’ordres d’évacuation répétés et subissant des dégâts considérables provoqués par des centaines de frappes aériennes israéliennes. Présente pour aider à rétablir les services essentiels, Médecins Sans Frontières (MSF) s’inquiète des déplacements forcés et de l’insécurité des populations.

Les conséquences dramatiques des attaques israéliennes

Les bombardements ont gravement endommagé les routes, les services publics et les infrastructures hydrauliques, privant des milliers d’habitants d’un accès fiable aux services vitaux et exposant les communautés à des risques sanitaires croissants, tels que la propagation de maladies hydriques. Depuis le début du conflit, la plupart des établissements de santé de la région ont été touchés. Les centres de soins de santé primaires et les hôpitaux ont été vidés de leur personnel, endommagés ou ont dû fermer en raison de risques sécuritaires, restreignant encore l’accès aux soins pour la population.

Jamila, une mère de 50 ans déplacée, et son fils Wissam, âgé de 14 ans, ont passé deux mois à vivre sous des tentes aux abords de Dahiyeh, sans revenus ni aucune aide. « Je suis restée plusieurs jours sans nourriture ni eau. Je ne pouvais même pas me laver », relate-t-elle. Comme Jamila, des milliers de familles déplacées ont perdu leur logement et leurs réseaux de soutien dans la banlieue de Dahiyeh.

« Les populations vulnérables – notamment les enfants, les personnes âgées et celles souffrant de pathologies chroniques – sont particulièrement exposées lorsque les services essentiels deviennent plus difficiles d’accès ou cessent de fonctionner correctement », ajoute Guilherme Bothelo, coordinateur du projet d’urgence de MSF à Beyrouth

Jamila, 50 ans, s'entretient avec le personnel médical de la clinique mobile de MSF installée au parc Horsh, à Beyrouth, au Liban, le 21 mai 2026.

Une séance avec des enfants à la clinique mobile de MSF, installée au Roots Centre à Beyrouth. Liban, 21 mai 2026.

Ali, 11 ans, participe à une séance de thérapie avec l'équipe médicale de MSF au centre du ministère des Affaires sociales à Ghobeiry, à Beyrouth, au Liban, le 21 mai 2026.

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Jamila, 50 ans, s'entretient avec le personnel médical de la clinique mobile de MSF installée au parc Horsh, à Beyrouth, au Liban, le 21 mai 2026.

Une séance avec des enfants à la clinique mobile de MSF, installée au Roots Centre à Beyrouth. Liban, 21 mai 2026.

Ali, 11 ans, participe à une séance de thérapie avec l'équipe médicale de MSF au centre du ministère des Affaires sociales à Ghobeiry, à Beyrouth, au Liban, le 21 mai 2026.

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Que fait MSF en réponse à cette crise ?

Des consultations ambulatoires

Face aux besoins croissants, MSF a intensifié son intervention humanitaire d'urgence en mars 2026, en déployant 9 cliniques mobiles. Elles permettent d'apporter des soins médicaux aux communautés qui ne peuvent plus accéder aux établissements de santé.

Au cours des six dernières semaines, les équipes de MSF ont effectué plus de 2 730 consultations médicales, en proposant notamment :

  • Des consultations en santé mentale ;
  • Des consultations médicales pour les affections aiguës et chroniques ;
  • Des consultations en santé sexuelle et reproductive ;
  • Des programmes de vaccination.

Une clinique mobile de MSF a été mise en place au parc Horsh, à Beyrouth, au Liban, le 21 mai 2026.

Khadija, 64 ans, reçoit des soins de l'équipe médicale de MSF au centre du ministère des Affaires sociales à Ghobeiry, à Beyrouth, au Liban, le 21 mai 2026.

Une clinique mobile de MSF a été mise en place au parc Horsh, à Beyrouth, au Liban, le 21 mai 2026.

Neifa, 57 ans, reçoit des soins de l'équipe médicale de MSF au centre du ministère des Affaires sociales à Ghobeiry, à Beyrouth, au Liban, le 21 mai 2026.

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Une clinique mobile de MSF a été mise en place au parc Horsh, à Beyrouth, au Liban, le 21 mai 2026.

Khadija, 64 ans, reçoit des soins de l'équipe médicale de MSF au centre du ministère des Affaires sociales à Ghobeiry, à Beyrouth, au Liban, le 21 mai 2026.

Une clinique mobile de MSF a été mise en place au parc Horsh, à Beyrouth, au Liban, le 21 mai 2026.

Neifa, 57 ans, reçoit des soins de l'équipe médicale de MSF au centre du ministère des Affaires sociales à Ghobeiry, à Beyrouth, au Liban, le 21 mai 2026.

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En parallèle, MSF soutient la remise en état de six centres de soins de santé primaires (PHCC) endommagés par les frappes israéliennes, tout en distribuant des articles non alimentaires tels que des couvertures ou des kits d'hygiène aux personnes touchées.

La moitié de nos consultations mobiles ont toutefois dû être suspendues pour des raisons de sécurité et en raison de nouveaux mouvements de population à l'extérieur de Dahiyeh ; elles reprendront dès que les conditions le permettront.

Garantir un accès à l’eau et à l’assainissement

MSF mène également des actions dans le cadre du programme « Eau, assainissement et hygiène » en étroite collaboration avec les municipalités. Ces projets visent à rétablir l'accès à l'eau potable et à améliorer l'assainissement pour plus de 30 000 personnes. Cela permet de réduire les risques immédiats d'épidémies et de garantir des conditions de vie dignes à la population.

« La capacité de MSF à rapprocher les soins médicaux des communautés est essentielle, car elle vient compléter les services existants. Dans le même temps, notre objectif est que ce soutien reste temporaire, le temps que les autorités sanitaires locales retrouvent et maintiennent leur capacité à fournir des soins de manière autonome », ajoute Guilherme Bothelo.

Face aux obstacles sécuritaires, un retour inenvisageable pour les populations déplacées

Depuis mars, de nombreuses familles à travers le pays ont été contraintes de fuir leur domicile à plusieurs reprises, tandis que d’autres vivent toujours dans des conditions précaires.

Alors que les ordres d’évacuation forcée émis par l’armée israélienne continuent de provoquer des mouvements de population répétés, de sérieuses inquiétudes persistent quant à la possibilité pour les habitants de retourner en toute sécurité dans leur région d’origine. La destruction généralisée des services publics – en particulier des réseaux d’approvisionnement en eau, des établissements de santé et des infrastructures essentielles – constitue un obstacle majeur au retour pour de nombreuses familles.

Vue des dégâts causés à l'intérieur du centre de soins de santé primaires de la municipalité de Haret Hreik à la suite d'une frappe israélienne en mars 2026.

Vue d'un bâtiment partiellement détruit à Burj El Barajneh après une frappe israélienne en mars 2026.

Vue des opérations de déblaiement à grande échelle menées à la suite d'une frappe israélienne qui a détruit un bâtiment dans la commune de Haret Hreik en mars 2026.

Vue des opérations de déblaiement à grande échelle menées à la suite d'une frappe israélienne qui a détruit un bâtiment dans la commune de Haret Hreik en mars 2026.

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Vue des dégâts causés à l'intérieur du centre de soins de santé primaires de la municipalité de Haret Hreik à la suite d'une frappe israélienne en mars 2026.

Vue d'un bâtiment partiellement détruit à Burj El Barajneh après une frappe israélienne en mars 2026.

Vue des opérations de déblaiement à grande échelle menées à la suite d'une frappe israélienne qui a détruit un bâtiment dans la commune de Haret Hreik en mars 2026.

Vue des opérations de déblaiement à grande échelle menées à la suite d'une frappe israélienne qui a détruit un bâtiment dans la commune de Haret Hreik en mars 2026.

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« La situation à Dahiyeh illustre la nécessité urgente de répondre à la fois aux besoins humanitaires immédiats et aux conséquences à long terme de l’escalade au Liban », déclare Guilherme Bothelo. « Alors que les frappes israéliennes s’intensifient considérablement dans le sud du pays et dans la Bekaa, nous craignons que ce type de situations ne se multiplient, forçant de plus en plus de personnes à quitter leur foyer et détériorant encore davantage les conditions d’une vie digne pour des communautés entières. Cela mettrait à rude épreuve un système de santé déjà affaibli et mis à mal par des crises successives ».

L'action de MSF au Liban

Les équipes MSF présentes au Liban répondent aux besoins urgents de la population touchée par l’escalade de violence israélienne depuis le mois de mars 2026, principalement dans le sud du pays. Elles soutiennent les hôpitaux encore opérationnels, offrent des soins ambulatoires et mènent des actions d’eau et d’assainissement.

Notes

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