Gaza : les enfants touchés de manière disproportionnée par la guerre

Un petit garçon peine sous le poids d'un jerrican d'eau qu'il doit ramener jusqu'à la tente où vit sa famille déplacée, territoires palestiniens occupés, octobre 2025.
Un petit garçon peine sous le poids d'un jerrican d'eau qu'il doit ramener jusqu'à la tente où vit sa famille déplacée, territoires palestiniens occupés, octobre 2025. © MSF

Les autorités israéliennes continuent de restreindre l'accès à l'aide médicale et humanitaire pour la population palestinienne. Dans ce contexte de guerre, les enfants et les nourrissons sont particulièrement touchés par l'insalubrité extrême dans laquelle vivent des dizaines de milliers de familles. Médecins Sans Frontières (MSF) alerte à nouveau sur la gravité de cette situation qui met des vies en danger.

Depuis octobre 2023, la guerre à Gaza et le génocide perpétré par l’État d’Israël provoque une dégradation dramatique de l’état de santé des enfants palestiniens. La destruction du système de santé, l'effondrement des réseaux d'eau et d'assainissement, ainsi que les déplacements forcés de population plongent les familles dans une insécurité extrême. Isolées, privées de leurs proches et de leurs communautés d'origine, des milliers de personnes se retrouvent aujourd'hui dans l'incapacité totale d'accéder à des soins médicaux à temps.

Les nouveau-nés et les nourrissons, une population extrêmement fragile

Les nouveau-nés, âgés de moins d’un mois et les nourrissons, âgés d’un mois à deux ans, comptent toujours parmi les populations les plus vulnérables de Gaza. Leur système immunitaire est encore en développement et les enfants de moins de deux ans ne peuvent pas lutter contre les infections comme le font les enfants plus âgés ou les adultes.

Ils sont touchés de manière disproportionnée par les maladies diarrhéiques et d’autres infections.

« Mon bébé souffrait d’une diarrhée sévère depuis plusieurs jours, mais je n’ai pu trouver ni eau potable ni médicaments. Nous avions peur de la déshydratation, mais nous n’avions aucun moyen de l’éviter », raconte Lobna, une mère de 27 ans.

« Les programmes de vaccination de routine ont été interrompus à de nombreuses reprises, laissant les enfants en situation de vulnérabilité. Lorsque les nourrissons souffrent de diarrhée, leur organisme perd davantage d’eau, leur volume sanguin diminue et le cœur ne parvient plus à pomper suffisamment de sang. Sans traitement, un nourrisson en bonne santé peut se retrouver en danger de mort en l’espace de quelques jours », explique Anas Masadeh, coordinateur médical de MSF à Gaza.

Le bilan est lourd. Entre septembre 2025 et mars 2026, 112 enfants de moins d’un mois sont morts dans les hôpitaux d’Al Helou et de Nasser, soutenus par MSF, soit 6 % du nombre total d’admissions. Les principales causes de décès étaient la détresse respiratoire et la septicémie.

À l’hôpital pédiatrique de campagne de MSF situé à Deir al-Balah, au centre de la bande de Gaza, les nourrissons représentent désormais 58 % de l’ensemble des admissions pédiatriques. C’est deux fois plus que dans certains autres contextes de crise où MSF intervient à travers le monde.

Déplacements et conditions de vie indignes augmentent les risques sanitaires pour les enfants

Après près de trois ans de déplacements forcés massifs et de destruction des infrastructures civiles, les Palestiniens continuent de vivre dans des abris surpeuplés, principalement des tentes de fortune.

L’effondrement des réseaux d'eau et d'hygiène

Dans ces refuges, l’accès à l’eau potable est très limité par le manque de système d’assainissement opérationnel et l’insuffisance de matériel d’hygiène (savon, produits de toilettes, désinfectant, etc.) aggravent les conditions sanitaires. Les nourrissons sont ainsi exposés quotidiennement à de l'eau contaminée favorisant le risque de maladies hydriques telles que le choléra et les maladies diarrhéiques.

L'explosion des maladies respiratoires

Dans ces tentes de fortune, la mauvaise circulation de l’air favorise également la propagation des maladies respiratoires : pneumonies, tuberculose, rougeole...Cette mauvaise ventilation se traduit directement par un nombre toujours élevé d’enfants admis à l’hôpital pour des infections respiratoires aiguës.

La prolifération des nuisibles augmentent les risques de maladies cutanées

Une mère palestinienne montre les problèmes de peau dont souffre son jeune enfant, dus au manque d'hygiène et d'eau potable à Khanyounis.

Un enfant palestinien souffre de maladies de peau en raison du manque d'hygiène et d'eau potable à Khanyounis.

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Une mère palestinienne montre les problèmes de peau dont souffre son jeune enfant, dus au manque d'hygiène et d'eau potable à Khanyounis.

Un enfant palestinien souffre de maladies de peau en raison du manque d'hygiène et d'eau potable à Khanyounis.

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Les conditions de vies dans ces abris sont aggravées par les infestations de nuisibles, notamment de rats, qui prolifèrent de manière incontrôlée à Gaza. MSF a traité un nombre croissant de cas de morsures de rongeurs chez les enfants et constate une forte prévalence de maladies cutanées infectieuses, en particulier la gale.

Au premier trimestre 2026, les enfants de moins de 15 ans représentaient 60 % des patients traités pour des maladies cutanées dans trois de nos cliniques. « Tous mes enfants souffrent d’infections cutanées. Les démangeaisons sont insupportables, surtout la nuit [...] Même lorsqu’un enfant est soigné, les autres sont à nouveau contaminés, car nous ne pouvons pas laver correctement les vêtements ni nettoyer la literie », explique Ahmed, 35 ans, un patient de MSF.

MSF contribue à la réponse aux besoins médicaux colossaux pour les enfants à Gaza

MSF prend en charge des dizaines de milliers d’enfants souffrant d’affections respiratoires, de gastro-entérites, d’infections cutanées et de diarrhées. Entre janvier et avril 2026 seulement, nos équipes présentes dans plus de 20 établissements d’établissements de santé de la bande de Gaza, ont :

  • Effectué 86 000 consultations médicales auprès d’enfants de moins de 15 ans, représentant 25% de l’ensemble des patients ;
  • Hospitalisé 4 860 enfants de moins de 15 ans, soit 34,4 % de l’ensemble des patients ;
  • Pris en charge 11 817 enfants sur 67 863 patients pour des infections cutanées ;
  • Prodigué des soins d’urgence à 1 640 enfants de moins de 15 ans victimes de blessures, dont 500 enfants de moins de cinq ans dans les cliniques de Attar et Mawasi.

Notes

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