Irak : à Sadr City, 4 hôpitaux pour 3,5 millions d’habitants

Hôpital de Sadr City à Bagdad. 2019. Irak. 
Hôpital de Sadr City à Bagdad. 2019. Irak.  ©Elisa Fourt/MSF

Les équipes MSF travaillent depuis 2017 dans l'hôpital Imam Ali, situé à Sadr City dans l’un des quartiers les plus défavorisés de Bagdad. C’est l’une des rares structures de santé fonctionnelles en capacité d’offrir des soins à la population.

Sadr City est un quartier de 30 kilomètres carrés, situé dans le nord-ouest de Bagdad. Il a été construit à la fin des années 50, en réponse à une pénurie de logements dans la ville. Le but était de pouvoir loger la population pauvre de Bagdad, venant principalement de la province pour travailler dans la capitale irakienne et qui vivait, jusqu’alors, dans des conditions déplorables.

Près de 60 ans plus tard, Sadr City est un quartier surpeuplé, où vivent environ 3.5 millions d’Irakiens. Il n’y a que quatre hôpitaux pour répondre aux besoins de cette population. MSF a commencé à soutenir l’hôpital Imam Ali, qui compte 240 lits à la fin de l’année 2017.

20 000 personnes chaque mois

En 2017, le département des urgences de l’hôpital Imam Ali a reçu en moyenne 20 000 patients par mois, soit jusqu’à 700 personnes par jour, ce qui est colossal pour un hôpital de taille normale. Les centres de santé primaires ferment généralement en début d’après-midi à Sadr City, donc les gens ont tendance à se rendre directement aux urgences, où certains pensent qu’ils y seront mieux traités.

Entrée des urgences de l'hôpital Imam Ali à Sadr City de Bagdad. 2019. Irak.
 © Elisa Fourt/MSF
Entrée des urgences de l'hôpital Imam Ali à Sadr City de Bagdad. 2019. Irak. © Elisa Fourt/MSF

Le trafic dans les rues est chaotique et les accidents de la route sont fréquents. Les conditions de vie sont loin d’être optimales. En 2017, le district de Rusafa, dans lequel se trouve Sadr City, comptait le plus grand nombre de patients atteints de tuberculose en Irak. Les médecins doivent aussi traiter de nombreux cas cardiaques compliqués et des maladies non-transmissibles.

Les employés des urgences de l’hôpital Imam Ali sont des docteurs irakiens, dans leurs premières années de pratique, qui travaillent sous la direction d’un seul spécialiste urgentiste. Chaque jour, ils font face à des centaines de patients qui viennent pour être traités en urgence. Ils travaillent sous pression, et les événements auxquels ils sont confrontés peuvent vite prendre une tournure chaotique.

L’importance du triage

Une équipe MSF a visité l’hôpital Imam Ali en 2017, puis fait des dons d’équipement, et rénové l’ensemble du département. Le triage, la priorisation des patients en fonction de leur condition, n'étaient pas mis en place dans l'hôpital, or un tel système peut considérablement aider les docteurs et les patients.

Plus de 80 docteurs et infirmiers urgentistes ont été formés au triage, en utilisant un simple code couleur pour prioriser les cas les plus graves: « vert » pour les patients ne présentant pas de blessures ou de conditions médicales graves, « jaune » pour les patients qui sont plus gravement blessés ou malades mais dont la vie n’est pas en jeu à l’instant T, et « rouge » pour les patients qui ont besoin d’être traités immédiatement.  

Quand le nouveau département des urgences a ouvert ses portes en décembre 2018, le personnel médical était prêt à travailler avec ce nouveau système, qui a permis d’apporter plus d’organisation. Depuis, le chaos qui représentait un défi quotidien est devenu beaucoup plus gérable et les conditions de traitement des patients et de travail du personnel médical se sont largement améliorées.

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