20 ans de lutte pour l’accès aux médicaments en images

Campagne CAME
« Les médicaments ne devraient pas être un luxe. »  ©CAME

Les équipes médicales de MSF sont depuis longtemps confrontées à des difficultés pour obtenir des traitements efficaces et abordables pour les patients qu’elles prennent en charge. En 1999, MSF a créé l’Access Campaign (Campagne pour l’accès aux médicaments essentiels ou CAME, telle qu’elle s’appelait à l’époque) pour lutter contre les obstacles politiques et juridiques entravant l’accès de nos bénéficiaires aux traitements, dans les communautés où nous travaillons et au-delà.

Depuis sa création il y a 20 ans, la CAME a mis en oeuvre de nombreuses campagnes sur des thématiques aussi variées et importantes que l’accès aux traitements antirétroviraux (ARV), les médicaments antituberculeux, contre l’hépatite C, la lutte contre les extensions abusives de brevets... Florilège de ces 20 ans de lutte en images. 

 

[2005] Des traitements antirétroviraux adaptés aux enfants

"Des millions d'enfants ne vivront jamais ce jour" - Le poster de la CAME pour l'accès des enfants aux soins antrirétroviraux. 
 © CAME
"Des millions d'enfants ne vivront jamais ce jour" - Le poster de la CAME pour l'accès des enfants aux soins antrirétroviraux.  © CAME

En 2005, Médecins Sans Frontières prend en charge un nombre croissant d'enfants atteints du VIH/sida, et présente les données de ses programmes à la 3e Conférence de l’International AIDS Society (IAS) sur le sida à Rio de Janeiro.

Bien que ces résultats soient très encourageants, il existe encore d’énormes lacunes dans les outils de diagnostic et les formulations des médicaments pour enfants, ce qui empêche l’extension généralisée du traitement des enfants.

On compte à ce moment-là 2,2 millions d'enfants infectés par le VIH dans le monde, mais seule une fraction reçoit un traitement antirétroviral permettant de prolonger leur vie. En conséquence, la moitié des enfants atteints du sida meurent avant leur deuxième anniversaire.

En 2018, les équipes de MSF sont toujours témoins des difficultés des pays en développement à fournir aux enfants séropositifs les traitements recommandés par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), car les versions pédiatriques des médicaments antirétroviraux qui les composent n’y sont pas disponibles.

[2006] Novartis cible la « pharmacie du monde en développement »

« Abandonnez l'affaire ! » Campagne de la CAME contre les contestations de Novartis sur la législation indienne. 
 © CAME
« Abandonnez l'affaire ! » Campagne de la CAME contre les contestations de Novartis sur la législation indienne.  © CAME

En 2001, 39 laboratoires pharmaceutiques attaquaient en justice la loi sud-africaine destinée à diminuer le prix des médicaments. Cinq ans plus tard, Novartis récidive et s'en prend cette fois à la législation indienne sur les brevets.

Le laboratoire pharmaceutique suisse conteste la validité d'un article crucial de la loi indienne sur les brevets, dont le but est de protéger les patients contre le brevetage d'améliorations mineures apportées à des molécules connues.

Une victoire de Novartis réduirait la production de nouveaux médicaments génériques vendus à des prix abordables en provenance d'Inde, dont des millions de personnes dépendent à travers le monde.

La campagne de MSF, « Novartis, drop the case! [abandonnez l’affaire] », recueille près d’un demi-million de signatures. Le groupe pharmaceutique perd l’affaire, fait appel et ira même jusqu'à la Cour suprême, mais la décision prise à l'encontre de la société est finalement confirmée en 2013.

[2013] Un manifeste contre la tuberculose résistante

 

Une personne sous traitement contre la tuberculose résistante doit avaler jusqu’à 14 600 comprimés et subir 240 injections douloureuses. Et après tout ça, il n’a seulement que 50 % de chances de guérir.

Le manifeste « Test me, treat me » (« Des diagnostics, des traitements ») donne la parole aux personnes atteintes de formes pharmacorésistantes de la tuberculose et exige un soutien politique et financier pour améliorer les diagnostics et les traitements de cette maladie.

55 000 personnes signent le Manifeste rédigé par Phumeza Tisile, patiente soignée par MSF pour une forme de tuberculose ultrarésistante à Khayelitsha, en Afrique du Sud, et son médecin, Jenny Hughes. En mai 2014, Phumeza prend la parole devant l'Assemblée mondiale de la santé alors que les gouvernements approuvent un plan mondial ambitieux sur 20 ans visant à lutter contre l'épidémie de tuberculose.

[2015] Un vaccin contre la pneumonie à un prix abordable

Poster de la CAME pour la campagne « L'injuste prix », contre les prix élevés du vaccin contre la pneumonie. 
 © CAME
Poster de la CAME pour la campagne « L'injuste prix », contre les prix élevés du vaccin contre la pneumonie.  © CAME

Alors qu’un million d’enfants meurent d’une pneumonie chaque année, le vaccin contre le pneumocoque demeure largement inaccessible dans les pays en développement.

Seul un tiers des enfants dans le monde en bénéficie, à cause notamment de son prix trop élevé : 10$ par enfant au prix le plus bas dans les pays les plus pauvres, et au moins 21$ par enfant pour les acteurs humanitaires.

Après des années de négociations infructueuses avec les deux producteurs de vaccins contre le pneumocoque, Pfizer et GlaxoSmithKline (GSK), MSF lance en avril 2015 la campagne « A Fair Shot / L’injuste prix », afin de leur demander de rendre publics les prix pratiqués pour ces vaccins et d’en réduire le prix.

En novembre 2015, MSF lance une pétition mondiale s’adressant aux deux PDG de Pfizer et GSK, Ian Read et Andrew Witty, en leur demandant de réduire le prix du vaccin dans les pays en développement et pour les acteurs humanitaires. Ouverte jusqu'en avril 2016, cette pétition récolte plus de 400 000 signatures à travers 170 pays.

En 2016, un prix de 9$ par enfant est proposé à des organisations humanitaires telles que MSF, pour une utilisation en cas d'urgence. Mais des millions d'enfants ne sont toujours pas vaccinés dans les pays où le vaccin est encore trop cher. La campagne continue d'exiger un prix abordable pour tous les pays en développement.

 

[2016] Ne fermez pas la pharmacie des pays en développement !

Campagne « Hands Off Our Meds » de la CAME, 2016.
 © CAME
Campagne « Hands Off Our Meds » de la CAME, 2016. © CAME

MSF s'appuie fortement sur les médicaments génériques fabriqués en Inde pour mener à bien ses activités médicales dans plus de 60 pays. Mais la « pharmacie du monde en développement » est attaquée par les États-Unis, l’Union européenne, le Japon et d’autres qui préfèrent protéger les profits des laboratoires pharmaceutiques plutôt que la vie des patients.

Peu avant le sommet UE-Inde qui s’est déroulé en mars 2016 à Bruxelles, MSF sort la campagne « Hands Off Our Meds » (Ne touchez pas à nos médicaments) et exhorte le Premier ministre indien Narendra Modi à maintenir ouverte la pharmacie du monde en développement. Son pays doit résister à la pression de l'Union européenne et refuser les dispositions néfastes d’un accord commercial qui restreindrait la production de médicaments génériques et en limiterait l'accès pour des millions de personnes.

MSF, les génériques et l’Inde

► 94% des médicaments utilisés par MSF pour traiter le VIH, la tuberculose, le paludisme et d'autres maladies infectieuses sont des médicaments génériques.

► Près des deux tiers de ces médicaments sont fabriqués en Inde.

 

[2017] Baisse de prix pour les médicaments contre l'hépatite C

Campagne de la CAME pour le traitement contre l'Hépatite C. Traitement de l'hépatite C: 71 000 000 personnes attendent leur tour. 
 © CAME
Campagne de la CAME pour le traitement contre l'Hépatite C. Traitement de l'hépatite C: 71 000 000 personnes attendent leur tour.  © CAME

Les médicaments disponibles actuellement contre l’hépatite C sont très efficaces, mais leur prix élevé en empêche l’accès, en particulier dans les pays à revenu intermédiaire.

MSF et d'autres acteurs de la société civile contestent les brevets et font pression sur les sociétés pharmaceutiques pour qu'elles réduisent leurs prix. En 2017, MSF obtient un prix de 120$ pour un traitement de 12 semaines, soit moins d'un dixième du prix lors du lancement commercial fixé à 147 00$.

Alors que MSF intensifie ses programmes de traitement de l'hépatite C, nous voulons que tous les gouvernements bénéficient du même prix modique.

[2019] La Campagne célèbre 20 ans de lutte en faveur de l’accès aux médicaments

Campagne des 20 ans de la CAME : « Les médicaments ne devraient [toujours] pas être un luxe. »
 © CAME
Campagne des 20 ans de la CAME : « Les médicaments ne devraient [toujours] pas être un luxe. » © CAME

Vingt ans plus tard, le marché ne fournit toujours pas de médicaments abordables - et pourtant d’une importance vitale - aux populations des pays en développement. Les équipes MSF continuent de voir des patients mourir car ils ne peuvent pas se payer les traitements qui pourraient leur sauver la vie.

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