République centrafricaine : « un an d’escalade de la violence »

RCA - Pierre Terdjman/Cosmos
©Pierre Terdjman/Cosmos

Massacres, tueries, tortures, déplacements, regroupements de certaines populations, exodes massifs… Un an après le coup d’Etat en République centrafricaine (RCA), dans un rapport intitulé : « RCA : un an d’escalade de la violence », les équipes de Médecins Sans Frontières (MSF) reviennent sur les atrocités dont elles sont les témoins dans ce pays.

Il y a un an, le 24 mars 2013, les forces de l’ex-coalition rebelle de la Séléka prenaient Bangui, la capitale de la République Centrafricaine (RCA).

Depuis plus de 12 mois, ce pays déjà exsangue traverse une crise politico-militaire majeure, dont les conséquences sont, pour la population, dramatiques et sans précédent. « Ce qui se passe en RCA est choquant. Nous avons l’habitude de travailler dans des contextes très violents mais là, même les plus aguerris d’entre nous ont rarement vu un tel niveau de violence. La vulnérabilité sécuritaire et sanitaire des populations est absolue », témoigne Marie-Noëlle Rodrigue, directrice des opérations à MSF, de retour de RCA.

Si ces derniers mois, la minorité musulmane - condamnée à s’exiler massivement vers les pays voisins - paye plus particulièrement le prix de cette instabilité, c’est l’ensemble de la population centrafricaine qui est touchée. « Tout le monde a peur. Chrétiens comme musulmans, à Bangui comme dans le reste du pays... Les populations sont terrorisées, les familles sont déchirées. La tension est exacerbée, les discours sont haineux », rapporte Delphine Chedorge, coordinatrice des activités d’urgence MSF.

Parce que malgré la dégradation des conditions sécuritaires il faut répondre à une masse croissante de besoins, MSF, acteur médical majeur en RCA, a fait de ce pays sa priorité et y déploie un important dispositif opérationnel.

Depuis plusieurs années, nous n’avons eu de cesse d’alerter sur les conséquences de l’abandon, y compris financier, qui entoure la crise en RCA. Ce rapport est un nouvel appel pour la Centrafrique : malgré la présence des forces armées internationales, le contexte sécuritaire reste volatile et très précaire. « La situation humanitaire et médicale était déjà catastrophique avant le coup d’Etat. Depuis un an, elle ne fait qu’empirer. Nous le savons, la crise en RCA durera encore un moment. Or aujourd’hui, sur le terrain, nous sommes encore trop peu nombreux pour répondre à la masse des besoins. Pourtant, l’urgence perdure », rappelle Marie-Noëlle Rodrigue.


MSF travaille dans le pays depuis 1997. Actuellement, 85 expatriés et environ 600 centrafricains  travaillent pour MSF-France en RCA. L’organisation gère 3 projets réguliers (à Carnot, Bria, et Paoua) et mène des projets d’urgence à Bangui et dans l’Ouest du pays. Une assistance est également apportée aux centrafricains réfugiés dans le sud du Tchad.


La section française de Médecins Sans Frontières (MSF) lance un appel à la générosité des Français pour l’ensemble de ses activités d’urgence en République centrafricaine (RCA) et au Tchad où, en deux mois, plus de 82 000 réfugiés ont afflué.

Pour faire un don :

- Par voie postale à
Médecins Sans Frontières
URGENCE RCA
75011 PARIS


- ou directement sur notre site www.msf.fr

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► Retrouvez notre dossier consacré à la crise frappant la République centrafricaine.

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Des volontaires MSF racontent leur mission dans notre nouveau blog "MSF en RCA".

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