RCA : Violences dans les hôpitaux de Bangui

Médecins Sans Frontières (MSF) appelle toutes les parties actuellement en conflit en République centrafricaine (RCA) à permettre aux blessés et aux malades de pouvoir accéder en toute sécurité aux soins médicaux dont ils ont vitalement besoin. MS
©Samuel HANRYON / MSF

Médecins Sans Frontières (MSF) appelle toutes les parties, actuellement en conflit en République centrafricaine (RCA), à permettre aux blessés et aux malades de pouvoir accéder, en toute sécurité, aux soins médicaux dont ils ont vitalement besoin. MSF appelle à l’arrêt des violences contre les civils, les patients et le  personnel médical travaillant actuellement dans les structures de santé, à Bangui et dans le reste du pays.

La vague de violences qui frappe Bangui depuis le 5 décembre dernier touche également les structures de santé de la capitale centrafricaine. Ainsi, jeudi dernier, le personnel et les patients de l’hôpital de l’Amitié ont été témoins d’exécutions sommaires perpétrées par des hommes armés dans l’enceinte de l’hôpital. « Jeudi, nos équipes ont effectivement vu une dizaine de cadavres allongés devant l’hôpital » raconte Rosa Crestani, coordinatrice d'urgence MSF. Du fait de l’insécurité, le personnel de l’hôpital ne souhaite plus y travailler. Alors que quelques patients y sont encore présents, l’hôpital de l’Amitié ne fonctionne plus. Certains personnels de l’hôpital de l’Amitié sont venus renforcer les équipes de l’hôpital Communautaire où une partie des blessés ont également été transférés.

A l’hôpital Communautaire, la situation est également très tendue. Des menaces et des pressions ont été directement exercées à l’encontre des patients, de notre personnel et du personnel du ministère de la Santé. A plusieurs reprises, nos équipes ont dû s’interposer entre hommes armés et patients. « Nous poursuivons nos activités, mais ces violences au sein de l’hôpital Communautaire sont inacceptables et constituent une grave atteinte au droit international humanitaire. Elles ont un impact évident sur la prise en charge médicale, ralentissent la délivrance de soins et conduisent à la désertion temporaire des postes par le personnel de l’hôpital » s’indigne Thomas Curbillon, chef de mission MSF. « De plus, du fait de ces violences, il est probable que de nombreux blessés n’osent pas se rendre dans les structures médicales. Le déploiement des secours tels que nous les entendons, neutres, impartiaux et indépendants, ne saurait s’exercer sous la menace et la violence » poursuit Thomas.

MSF rappelle l’obligation, pour toutes les parties au conflit en RCA - à Bangui et dans le reste du pays - de respecter les populations civiles, les structures médicales et de permettre que blessés et malades soient soignés sans discrimination. MSF demande l’interdiction de toute présence armée dans les établissements de santé et l’arrêt des attaques et menaces sur les patients et le personnel médical, centrafricain comme expatrié.MSF rappelle qu’elle est une organisation médicale internationale indépendante de tout pouvoir. Notre seul but est de répondre aux besoins médicaux et humanitaires des populations.

***

Activités MSF sur Bangui au 08 décembre 2013

Hôpital communautaire : Dans les heures qui ont suivi le début des combats, des équipes MSF ont rejoint l’hôpital Communautaire afin de faire face à l’afflux de blessés. 16 personnels médicaux travaillent dans les services des urgences, de chirurgie et d’hospitalisation. Environ 260 blessés ont été pris en charge depuis le 5 décembre. La plupart présentent des blessures par arme à feu ou arme blanche (machettes et couteaux). Un peu plus de 100 personnes  sont actuellement hospitalisées. Plus de 60 opérations chirurgicales ont été menées. Une équipe chirurgicale supplémentaire viendra prochainement soutenir les équipes MSF et du ministère de la Santé. Un second bloc opératoire a été ouvert, et 7 tentes installées afin de recevoir les blessés et augmenter la capacité d'hospitalisation. Environ 200 morts ont été amenés à la morgue de l’hôpital par les équipes de la Croix-Rouge, du CICR et les familles.

Maternité Castor : 27 lits hospitalisation pour la prise en charge des blessés légers (petite chirurgie) et des femmes enceintes.

Pour les personnes déplacées regroupées sur l’aéroport (15 000 personnes) et  dans le centre communautaire de Don Bosco (13 000 personnes) : soins médicaux pour les enfants âgés de moins de 5 ans et pour les femmes enceintes + références de blessés et des cas médicaux et chirurgicaux d’urgence vers la maternité Castor, l’hôpital communautaire ou une structure pédiatrique de Bangui soutenue par l’ONG Emergency. A Don Bosco, MSF met également en place un apprivoisement en eau et des latrines pour les 5 à 6 000 personnes déplacées regroupées sur la zone.

Une donation de médicaments et de matériel médical a été faite à la clinique Saint Luc, située dans le camp de déplacés de Boy-Rabe (15 000 personnes).

Activités MSF sur Bossangoa au 08 décembre 2013

Au cours des violents affrontements de ces deux derniers jours qui ont fait 28 morts, les équipes MSF (dont 23 expatriés) ont travaillé non-stop afin de prendre en charge les besoins médicaux et porter assistance à plus de 37 000 personnes déplacées dans la zone.

A l’hôpital de Bossangoa, 21 blessés par balle et 2 par machette ont été pris en charge ; 16 blessés sévères ont été opérés et une soixantaine de patients ont été hospitalisés. Nos activités d’hygiène et de sanitation se poursuivent : approvisionnement en eau et installation de latrines  pour les 37 000 personnes déplacées regroupées à l’Evêché et à l’école Liberté de la ville. Dans le même temps, MSF a initié une assistance à 2 000 nouveaux déplacés répartis sur plusieurs autres sites. En coopération avec la Croix Rouge internationale, nos équipes ont ramassé les cadavres aux alentours de la ville.

À lire aussi