En bref

Personnel International: 60
Personnel National: 761
Nombre de projets: 4
Budget 2014: 14 021 000 €  / Budget 2015: 10 849 167 €
Financements Institutionnels 2014 : 1 510 000 € SIDA, DDC et ECHO
Autres centres opérationnels MSF présents: MSF-Hollande, MSF-Belgique, MSF-Espagne, MSF-Suisse

MSF est présente dans le pays depuis 1997.

DOSSIER SPECIAL RCA

Communiqués, reportages, interviews, vidéos, rapports, dossiers de presse, cartes... Tout est dans notre dossier spécial RCA.

 

Dossier urgence RCA

 

L'URGENCE, UN AN APRES

Découvrez notre page spéciale "République centrafricaine : la peur au quotidien"

 

 

BLOG DU TERRAIN

Des volontaires MSF racontent leur mission dans notre nouveau blog "MSF en RCA".

 

Blog MSF en RCA

 

TRIBUNE

"L’exode en République centrafricaine"
Tribune du Dr Mego Terzian, Président de MSF

 

Mego Terzian

 

CHRONIQUES DE MSF sur LIBERATION.FR

MSF signe une chronique quotidienne sur ses activités d'urgence en République centrafricaine intitulée "Carnets d'urgence de Médecins sans frontières en Centrafrique".

 

Retrouvez l'intégralité de ces chroniques dans l'ebook de Libération.

 

Ebook Liberation MSF

 

DOSSIER DE PRESSE

Mars 2014
République Centrafricaine (RCA) : "Un an de violence continue à l’encontre des civils"

Contexte

Pays enclavé, extrêmement pauvre malgré ses richesses en ressources naturelles, au contexte sécuritaire volatile, la RCA se caractérise aussi par la déliquescence  de ses services d’Etat, des indicateurs sanitaires catastrophiques et peu de perspectives d’amélioration à terme.  

Le paludisme (1ère cause de morbidité et mortalité) est endémique, chaque enfant de moins de 5 ans fait en moyenne deux crises par an. La couverture vaccinale est très basse. Le pays possède la plus haute prévalence VIH d’Afrique Centrale (entre 5 et 10% suivant les zones). Le système de santé offre un accès limité, de piètre qualité et payant. Le manque de ressources humaines qualifiées et les problèmes d’approvisionnement en médicaments sont récurrents. Dans cet Etat fantôme, les opérations médicales menées par MSF se substituent à celles du ministère de la Santé.

RETOUR SUR LA DERNIERE CRISE ET SES CONSEQUENCES

Fin 2012, la « Séléka », une alliance de groupes rebelles venant des zones marginalisées du nord et du nord-est lance une offensive et prend Bangui, la capitale, le 24 mars 2013.

Michel Djotodia prend le pouvoir mais sans parvenir à discipliner ses troupes de mercenaires qui commettent nombre d’exactions dans la capitale et dans le nord-ouest du pays. La révolte populaire contre la Séléka s’organise et prend le nom d’Anti-Balakas.

Le Conseil de Sécurité des Nations Unies place les Forces Internationales de l’Union Africaine (MISCA) et de la France (Sangaris) sous mandat des Nations Unies. Cela déclenchera, le 5 décembre 2013, l’offensive Anti-Balaka sur Bangui, contre les Séléka, qui s’accompagnera de représailles très violentes envers la population musulmane - associée malgré elle aux Sélékas  - qui se voit alors contrainte à choisir entre la mort et l’exode.

C’est alors le début d’un exode massif au cours duquel les forces internationales tentent de protéger la population et de limiter les massacres. 90% des musulmans de la zone ouest quittent le pays ; beaucoup sont morts lynchés en route. Ceux qui restent en RCA sont privés de liberté de circulation et enfermés dans des enclaves d'où sortir est impossible voire mortel.  

Le 10 janvier 2014, Catherine Samba-Panza est nommée à la tête de la RCA par le conseil national de transition avec pour mission de négocier des accords de paix, d’amorcer la réconciliation, de restaurer l’Etat et de préparer des élections. Dans les faits, les violences sont peu condamnées, il n'y pas d’amorce de plan de réconciliation, peu de vision politique d’avenir et une absence continue de l’Etat.

Janvier 2014 : l’assistance humanitaire des Nations Unies passe au niveau L3 (qui détermine les crises humanitaires de grande échelle) et est prolongée jusqu’en juin 2015 (date prévue pour les élections).

Le pays est aujourd’hui de facto coupé en deux. La partie Est est occupée par les différents groupes armés qui composaient l'ancienne Séléka. A l’Ouest, la mouvance Anti-Balaka occupe le territoire et embauche la jeunesse en manque de perspectives. La chaîne de commandement est très vague et les groupes très autonomes.

Certains sont extrêmement violents. Si les populations civiles en sont les premières victimes, les ONG, dont MSF, ne sont pas épargnées. Ainsi, le 25 avril 2014, 19 civils dont 3 personnels de MSF sont assassinés lors d'une attaque à main armée dans l'enceinte de l'hôpital de Boguila. En 2014, plus de 100 incidents ont directement concerné MSF : balles perdues, tentatives d’intrusions d’hommes armés dans les structures de soins, insultes et menaces, braquages récurrents à Ndélé, Batangafo et Kabo au cours desquels des employés ont été battus et des camions taxés. Enfin, même s’il a toujours existé, le phénomène du banditisme et des coupeurs de route ainsi que le nombre d'armes légères en circulation dans le pays ont nettement augmenté.

Projets

PROJET DE PAOUA

Depuis 2006, en collaboration avec le ministère de la Santé, MSF offre des soins de santé secondaires à l’hôpital de Paoua dans les services de pédiatrie, chirurgie, médecine générale, maternité et consultations externes. Depuis, nous avons ajouté la prise en charge de la tuberculose (TB), du VIH et de la prévention de la transmission de la mère à l’enfant, ainsi que de la vaccination. En périphérie, des postes de santé et un réseau de référence des cas sévères vers l’hôpital, via des moyens de transport locaux, sont soutenus par MSF.

En 2014, 11 835 patients ont été reçus aux urgences de l’hôpital; 71 404 consultations ont été dispensées dont 59 569 en périphérie ; 3 186 enfants ont été hospitalisés, 1 231 patients ont été admis en médecine interne, 819 en chirurgie, 2 023 en gynécologie-obstétrique ; 2 215 actes chirurgicaux ont été menés (dont 50% d’interventions majeures) ; 1 304 enfants malnutris ont été pris en charge dans nos projets nutritionnels ; 1 471 patients faisaient partie de notre cohorte VIH et 325 nouveaux cas de TB ont été détectés, dont 105 enfants de moins de 15 ans.

En 2015, MSF se concentrera sur les activités pédiatriques, la vaccination de masse, le VIH et la TB. Les services de chirurgie et de maternité seront rétrocédés au ministère de la Santé et une recherche active de partenaires sera menée afin de se désengager des activités périphériques.

PROJET DE CARNOT

Ce projet a été ouvert en 2009, suite à une crise nutritionnelle locale. Lors de cette intervention, nous avons aussi mis en évidence une prévalence VIH/TB élevée (10%), cause d’une mortalité précoce importante dans la région. En 2012, à Carnot et en périphérie, d’autres activités ont été mises en place (consultation pour les moins de 5 ans, hospitalisation pédiatrique, appui à la vaccination de routine, à la médecine interne et à des postes de santé, en périphérie et en ville, et mise en place d’un réseau communautaire d’agent palu).

En janvier 2014, sur demande de MSF, les forces internationales sont intervenues pour interrompre le massacre des musulmans. Les forces de la MISCA les ont alors rassemblé dans l’enceinte de l’église de la ville afin de pouvoir les protéger. Un an après, 500 personnes sont toujours enfermées dans cette enclave, harcelées et parfois même tuées. Leur situation économique et sécuritaire reste fragile.

En 2014, 29 576 consultations ont été dispensées à l’hôpital, dont 62.6% pour des cas de paludisme, et 19 458 en périphérie, dont 45.6% pour des cas de paludisme. Les agents palu ont dispensé 27 447 consultations, dont 86% pour des cas de paludisme et le reste pour des cas de diarrhées. 4 478 consultations ont été dispensées lors de dispensaires mobiles dans l’enclave de l’église, dont 17% pour des cas de paludisme. 3 196 enfants ont été hospitalisés ; 1 125 enfants enfants malnutris ont été pris en charge dans nos projets nutritionnels ; 2 164 patients faisaient partie de notre cohorte VIH et 398 nouveaux cas de TB ont été détectés dont 19.3% enfants de moins de 15 ans.

En 2015, MSF continuera de diminuer la mortalité et la morbidité des 0-15 ans, notamment en ciblant le paludisme, de prendre en charge les patients VIH et TB et menera des campagnes de vaccination de masse pour les moins de 5 ans. Nous continuerons nos activités mobiles, une fois par semaine, dans l’enclave.

PROJET DE BRIA

Ce projet a été ouvert en août 2013 suite à  la prise de contrôle de la zone par la Séléka. Nos activités se concentrent sur les moins de 15 ans : prise en charge du paludisme, soutien à la vaccination, prise en charge des cas de violences sexuelles, de la TB et du VIH. Nous aidons aussi à soigner les blessés légers et à assurer la référence des cas graves sur Bangui. Un plan de prise en charge en cas d’afflux de blessés est également prêt à être déployé en cas de besoin.

En 2014, 48 035 consultations ont été dispensées à l’hôpital, dont 66.5% pour des cas de paludisme ; 4 543 patients dont 231 enfants malnutris ont été hospitalisés ; 10 cas de violence sexuelle ont été pris en charge ; 6 personnes gravement blessées au cours de violences ont été référées vers Bangui.

En 2015, le contexte devrait continuer à être très volatile sur Bria. MSF continuera de diminuer la mortalité et la morbidité des 0 – 15 ans ; de soutenir le Ministère de la Santé pour la prise en charge des patients TB et VIH ; Et de répondre  aux urgences (épidémies, afflux de blessés).

PROJET BANGUI - Hôpital Général

Suite aux événements de décembre 2013, un projet chirurgical de prise en charge des blessés adultes a été ouvert à Bangui. De mars à novembre 2014, le nombre de victimes de violences est resté constant. La kinésithérapie et la santé mentale sont des composantes du projet.  En juillet 2014, une prise en charge des victimes de violences sexuelles a été mise en place au sein des urgences de l’hôpital. Le projet de Bangui accueille les patients compliqués référés par l’ensemble des autres projets MSF en RCA.

En 2014, 5 648 patients ont été reçus aux urgences dont 37% étaient des cas liés à la violence ; 4 658 actes chirurgicaux ont été menés ; 1 769 patients ont été hospitalisés ; 1 549 patients ont bénéficié de soins de kinésithérapie ; Et 264 consultations psychologiques ont été dispensées.

En 2015, du fait du contexte instable qui perdure et des pics de violence réguliers sur Bangui, ce projet sera maintenu.

PROJET BANGUI – PK5

Lors des représailles de fin 2013 - début 2014 à l’encontre des musulmans de RCA, beaucoup ont fui mais une minorité a choisi de rester à Bangui. Le quartier de PK5 est devenu une enclave. Dès le 28 décembre 2013, une activité de soins de santé primaire et de prise en charge de blessés (référés sur l’Hôpital Général) a été mise en place et consolidée au cours de l’année 2014. Jusqu’en juin, le centre de santé Mamadou Mbaïki a été totalement soutenu ; depuis la mi-juillet, suite au retour du personnel du centre, MSF soutient uniquement la prise en charge des moins de 15 ans. Pendant plusieurs mois, des dispensaires mobiles se rendaient tous les jours à la mosquée centrale. Avec la possibilité croissante des déplacés de se rendre au centre de santé, ces activités mobiles ont été progressivement réduites. Suite aux affrontements successifs entre le quartier de PK5 et les quartiers environnants (Fatima et Kpéténé), des dispensaires mobiles ont également été instaurés une fois par semaine pour les  moins de 15 ans à Kpéténé et pour assurer des soins de santé mentale à Fatima.

En 2014, 39 995 consultations, dont 6 358 sur l’enclave de la Mosquée, ont été dispensées. Elles concernaient essentiellement les moins de 15 ans et des cas de paludisme (29%).

En 2015, MSF maintiendra sa présence auprès de cette population fortement stigmatisée et toujours en danger.

PROJET OPERATIONNEL 2015 DE MSF EN RCA

En 2014, MSF a accru le nombre de ses projets pour répondre aux principaux problèmes sanitaires identifiés et à la crise en RCA.

Nos priorités opérationnelles pour 2015 sont : la prise en charge des urgences pédiatriques et des départements pédiatriques des hôpitaux où nous intervenons  ; le renforcement de la prise en charge de la tuberculose et du VIH (enfants et adultes) sur l’ensemble de nos projets  ; la prise en charge des victimes de violence à Bangui ainsi que l’évaluation des besoins en chirurgie dans le pays ; Et l’organisation de campagnes de vaccination de masse tout antigènes pour les enfants de moins de 5 ans et les femmes en âge de procréer .