En bref

Oeuvrant en République Centrafricaine depuis 1997, MSF est aujourd’hui un acteur majeur de la santé dans ce pays.
Depuis 2006, MSF travaille à l’hôpital de Paoua (environ 235 000 habitants, résidents et déplacés). MSF soutient également 7 centres de santé périphériques et assure les références des cas graves vers l’hôpital.
A Carnot (ville d’environ 116 000 habitants), MSF propose une prise en charge du VIH et de la tuberculose, appuie trois centres de santé, offre des consultations et des hospitalisations pédiatriques, soutient la vaccination et gère un réseau «d’agents paludisme», ainsi qu’une surveillance épidémiologique.

Dépenses 2012 : 5 828 000 €
Financements :  90% privés, 10% institutionnels
Équipe : 34 internationaux et 338 nationaux
Autres sections présentes : sections hollandaise et espagnole de MSF

DOSSIER SPECIAL RCA

Communiqués, reportages, interviews, vidéos, rapports, dossiers de presse, cartes... Tout est dans notre dossier spécial RCA.

 

Dossier urgence RCA

BLOG DU TERRAIN

Des volontaires MSF racontent leur mission dans notre nouveau blog "MSF en RCA".

 

Blog MSF en RCA

 

TRIBUNE

"L’exode en République centrafricaine"
Tribune du Dr Mego Terzian, Président de MSF

 

Mego Terzian

 

CHRONIQUES DE MSF sur LIBERATION.FR

MSF signe une chronique quotidienne sur ses activités d'urgence en République centrafricaine intitulée "Carnets d'urgence de Médecins sans frontières en Centrafrique".

 

Retrouvez l'intégralité de ces chroniques dans l'ebook de Libération.

 

Ebook Liberation MSF

 

DOSSIER DE PRESSE

Mars 2014
République Centrafricaine (RCA) : "Un an de violence continue à l’encontre des civils"

Contexte

Depuis plus de 20 ans, la RCA est en proie aux crises politico-militaires. Depuis 2005, le pays – et surtout le nord – subit des affrontements opposant rebelles et forces gouvernementales. Les populations sont victimes des combats mais également des violences commises par différents acteurs armés. En 2008, notamment, avec la signature de l’Accord de paix global et l’adoption d’une loi d’amnistie, les hostilités ont cessé dans la majeure partie du pays. Les élections de janvier 2011 portent à nouveau François Bozizé au pouvoir, mais sa popularité et sa légitimité sont de plus en plus contestées à l’intérieur du pays. En décembre 2012, la Séléka (nouvelle coalition de groupes rebelles centrafricains) s’empare de plusieurs villes stratégiques et menace de prendre Bangui, la capitale. Des affrontements les opposent à l’armée centrafricaine, soutenue en partie par l’armée tchadienne. Malgré la signature de l’accord à Libreville au Gabon, le 11 janvier 2013, la Séléka reprend les armes et entre dans Bangui le 24 mars. Le président Bozizé prend la fuite.

Du fait de cette instabilité, la crise sanitaire en RCA est devenue chronique au fil des ans. L’accès aux soins de base reste un problème majeur, même dans les régions qui ne sont pas directement touchées par le(s) conflit(s). Si l’année 2012 n’a pas connu d’épidémie majeure, il faut néanmoins souligner deux flambées de rougeole, en novembre. La situation nutritionnelle reste fragile dans certaines régions où, notamment en raison de l’offensive de la Séléka, les perspectives de récoltes à venir sont mauvaises. De plus, le pays connaît le taux de prévalence de VIH le plus élevé d'Afrique centrale. Enfin, le projet national de lutte contre le paludisme présenté par la RCA dépendant en grande partie de financements du Fonds Mondial de lutte contre la tuberculose, le paludisme et le sida (donc de négociations qui, en 2012, n’ont abouti qu’à un financement partiel, avec des répercussions qui auront donc des conséquences), annonçait initialement une distribution massive de moustiquaires en 2013 qui n’aura finalement lieu qu’en 2014. Sans garanties d’une plus grande stabilité et de sécurité intérieure, les financements internationaux risquent encore de diminuer à l’avenir, ce qui conduirait la RCA au naufrage sanitaire.

Projets

Paoua

Depuis mars 2006, en collaboration avec le ministère centrafricain de la santé, MSF offre des soins secondaires dans plusieurs services de l'hôpital de référence de Paoua : pédiatrie, chirurgie, maternité, hospitalisations, prise en charge de la tuberculose et du VIH – notamment de la prévention de la transmission de la mère à l’enfant – et vaccination. MSF soutient également sept centres de santé périphériques (formation, gestion des agents de santé, donations de médicaments et matériel médical, petits travaux de réhabilitation) et assure les références des cas sévères vers l’hôpital.

En 2012, 80 477 consultations ont été menées à l’hôpital et dans les centres de santé ; 53.3% concernaient des cas de paludisme. Il y a eu 3 475 hospitalisations en pédiatrie, 975 en médecine, 726 en chirurgie, 2 285 en gynécologie/obstétrique. 1 890 opérations ont été réalisées. 582 enfants ont bénéficié d’une prise en charge nutritionnelle ambulatoire et 616 ont été hospitalisés dans notre centre de nutrition thérapeutique. Enfin, 456 patients sont suivis dans notre programme VIH, dont 5.5% ont moins de 15 ans ; 285 nouveaux cas de tuberculose ont été dépistés (17% ont moins de 15 ans).

Notre objectif pour 2013 est d’initier, en collaboration avec nos partenaires, une passation du programme.

Carnot

En 2010, MSF a lancé un programme de prise en charge du VIH et de la tuberculose (TB) dans la ville, puis dans la périphérie de Carnot où la prévalence VIH/TB élevée (10%) est à l’origine d’une mortalité précoce importante. En complément de cette activité, un appui est apporté à trois centres de santé pour la prise en charge du paludisme, des infections respiratoires et des maladies diarrhéiques : trois pathologies à l’origine des taux de mortalité très élevés. Début 2012, de nouvelles activités ont été initiées : consultations et hospitalisations pédiatriques, appui à la vaccination de routine, médecine interne et mise en place d’un réseau « d’agents paludisme », basé sur un mode communautaire, dont la formation et la gestion sont assurées par MSF. Par ailleurs, nos équipes assurent une surveillance épidémiologique dans la zone.

En 2012, 41 532 consultations ont été menées à Carnot et en périphérie ; 59.8% concernaient des cas de paludisme. Les « agents palu » ont quant à eux dispensé 21 103 consultations (paludisme et diarrhées). 3 013 enfants ont été hospitalisés en pédiatrie ; 214 enfants ont bénéficié d’une prise en charge nutritionnelle ambulatoire et 295 ont été hospitalisés dans notre centre de nutrition thérapeutique. Enfin, 1 179 patients sont suivis dans notre programme VIH, dont 4% ont moins de 15 ans ; 282 nouveaux cas de tuberculose ont été dépistés (19.5% ont moins de 15 ans).

Notre objectif pour 2013 est de faire encore diminuer la mortalité et la morbidité dues au VIH et à la TB chez les 0 à 15 ans.

Décembre 2012 - Offensive de la Séléka – Intervention d’urgence

Au cours des événements de la fin d’année 2012, la plupart des personnels ont déserté les centres de santé. Les équipes et les activités de MSF menées dans plusieurs villes touchées par le conflit sont maintenues. Des blessés sont pris en charge et des interventions d’urgence sont initiées en faveur des centaines de déplacés vivant en brousse sans abri ni eau, ni nourriture, ni soins.

A Bangui, MSF appuie l’Hôpital Communautaire – seule structure de la ville fonctionnelle pendant les deux semaines qui ont suivi la prise de la capitale – et un centre de santé de la ville. Malgré les pénuries de personnel, d’eau et d’électricité, MSF continue un mois après le coup d’Etat de soutenir l’Hôpital Communautaire où, à la fin avril, 710 personnes avaient été prises en charge aux urgences et près de 130 opérations avaient été pratiquées. D’autres équipes sont envoyées en renfort sur Bangui. Dans l’intervalle, nos programmes de Paoua et Carnot continuent de fonctionner ; seules les activités périphériques ont été suspendues.

Pendant la crise, MSF a plusieurs fois été la cible de groupes armés (pillages, menaces...). Mi-avril, MSF a appelé toutes les parties à respecter l’accès aux soins des patients, ainsi que le personnel médical et ses infrastructures. MSF a également demandé au nouveau gouvernement d’assumer ses responsabilités afin que des milliers de personnes ne soient pas pénalisées par l’évacuation forcée de nos équipes et pour que nous puissions évaluer, en sécurité, les besoins dans des zones nécessitant d’être explorées.