En bref

Depuis mars 2006, MSF intervient dans l'Ouham Pendé, région frontalière du Cameroun et du Tchad située au nord-ouest de la République centrafricaine (RCA). À Paoua, MSF travaille dans tous les services de l'hôpital de référence principal et soutient sept centres de santé périphériques.

Dans le sud-ouest du pays, MSF est intervenue à Carnot en 2009 pour répondre à une crise nutritionnelle. Au cours de cette période, des évaluations ont révélé un grand nombre de cas de VIH et de tuberculose. En 2010, MSF a redéfini son projet à Carnot afin de proposer une offre de soins pour ces deux maladies, causes d'une importante mortalité précoce dans cette zone.

MSF travaille en RCA depuis 2006.

Dépenses 2010 : 4 598 903 210 €
Financements : 74 % privés, 26 % institutionnels
Équipe : 33 internationaux et 260 nationaux

DOSSIER SPECIAL RCA

Communiqué, reportage, interview, vidéos, rapport, dossier de presse, carte... Tout est dans notre dossier spécial RCA.

Contexte

Ces vingt dernières années, le pays a connu une grande instabilité et un nombre record de coups d'Etat. En 2003, la prise de pouvoir de François Bozizé aboutit à une consolidation du pouvoir mais aussi des groupes rebelles.

A partir de 2005, les affrontements entre le gouvernement et les groupes armés d'opposition, ainsi que l'insécurité liée au banditisme, ont provoqué le déplacement de centaines de milliers de personnes dans les régions du Nord de la RCA.

Repoussées à plusieurs reprises, les élections présidentielles, législatives et municipales prévues en 2010 ont finalement eu lieu début janvier 2011, reconduisant François Bozizé à la tête de l'Etat. En 2010, la situation sécuritaire globale du pays est restée instable, témoignant de plusieurs pics de violences entre les différents acteurs.

Au Nord-Ouest, zone d'intervention de la section française de MSF, on constate néanmoins en 2010 une baisse voire une absence de confrontations et d'affrontements entre les forces armées centrafricaines (FACA) et le groupe rebelle de la zone, l'APRD (Armée Populaire pour la restauration de la République et de la Démocratie). Ce calme relatif a facilité l'accès des habitants aux centres de santé et permis aux équipes MSF d'améliorer et de renforcer leur soutien aux postes de santé.

Sur le plan sanitaire, malgré une augmentation globale de l'aide au cours des cinq dernières années, l'accès aux soins reste un problème majeur, même dans les régions qui ne sont pas directement touchées par le conflit ; nombreux sont ceux qui continuent à vivre dans des conditions extrêmement précaires.

Les taux de mortalité maternelle et infantile sont conséquents en RCA et le pays connaît le taux de prévalence du sida le plus élevé d'Afrique centrale. Selon une étude publiée en 2010 par le JAMA (Journal of the American Medical Association), le taux de mortalité dans plusieurs préfectures serait trois à cinq fois plus élevé que dans la plupart des pays d'Afrique sub-saharienne.

Projets

Paoua

Les équipes de MSF travaillent en collaboration avec le ministère de la Santé dans tous les services de l'hôpital de référence de Paoua (pédiatrie, chirurgie, maternité, urgences, hospitalisations et consultations externes ainsi que dans la prise en charge de la tuberculose et du VIH).

En 2010, le contexte de la sous-préfecture de Paoua a connu une nette amélioration de la situation sécuritaire et économique. Par conséquent, le nombre de centres de santé situés en périphérie de Paoua soutenus par MSF est passé à sept et le réseau de référence des cas sévères vers l'hôpital via des moyens de transport locaux a été renforcé.
En juillet 2010, MSF a transféré le service de consultations externes pour les adultes au ministère de la Santé.

Au cours de l'année, MSF a délivré près de 87 000 consultations dans l'hôpital de Paoua et les centres de santé périphériques, et plus de 6 000 patients ont été hospitalisés. Les équipes ont également effectué 7 500 consultations prénatales, 1 508 accouchements et 1 737 interventions chirurgicales. MSF prend également en charge des patients au stade avancé du sida et des cas de co-infections VIH/tuberculose. Ainsi, 374 patients ont reçu un traitement antirétroviral.

Carnot

Une alerte donnée par les autorités de santé locales faisant état de la hausse des cas de malnutrition aiguë sévère dans le Sud-Ouest de la RCA a poussé MSF à ouvrir un programme nutritionnel d'urgence en juillet 2009. Au total, les équipes de MSF ont soigné plus de 2 800 personnes souffrant de malnutrition aiguë : 95 % étaient des cas de malnutrition sévère.

Des évaluations menées au cours de cette période ont révélé des taux alarmants de cas de sida et de tuberculose parmi la population de la région. En 2010, nos équipes ont lancé un programme de prise en charge du VIH et de la tuberculose avec pour objectif d'intervenir d'abord dans la commune de Carnot puis d'étendre les activités en périphérie.

Bocaranga (fermé en juin 2010)

Ces trois dernières années, la région de Bocaranga a été durement touchée par le banditisme armé, bouleversant la vie de dizaines de milliers de personnes et provoquant l'exil de nombre d'entre elles. Ce contexte avait conduit MSF à intervenir en 2008 pour assurer une prise en charge de la malnutrition aiguë dans un centre nutritionnel au sein du centre de santé de Bocaranga, et à mettre en place un réseau de références ainsi qu'une prise en charge ambulatoire dans des postes de santé en périphérie.

Fin 2009, les équipes de MSF sont également intervenues dans le service de pédiatrie du centre de santé de la ville. En 2010, MSF a reçu plus de 11 400 enfants de moins de cinq ans en consultation et hospitalisé 1762 enfants dans le service pédiatrique.
En juin 2010, l'amélioration générale du contexte a amené MSF à transférer ce programme aux autorités locales.

Mongoumba (fermé en août 2010)

En novembre 2009, de nombreux réfugiés congolais (RDC) se sont regroupés à Mongoumba, située au sud de la capitale Bangui sur la rive droite du fleuve Oubangui, à la frontière avec la République du Congo et la République démocratique du Congo. MSF est intervenue en janvier 2010 en proposant des consultations dans trois postes de santé ainsi que dans le centre de santé de la ville.

MSF a décidé de fermer ce projet fin août, suite au regroupement de ces populations dans un camp et à l'intervention de l'ONG Merlin qui assure les activités sanitaires à l'intérieur du camp.
Au cours des huit mois d'intervention de MSF, 1 200 patients ont été hospitalisés, 42 850 ont bénéficié de consultations et 319 enfants ont été admis dans le programme de nutrition.