En bref

Depuis mars 2006, MSF intervient dans l'Ouham Pendé, région frontalière du Cameroun et du Tchad, située au nord-ouest de la République centrafricaine (RCA). À Paoua, MSF travaille dans tous les services de l'hôpital de référence et soutient sept centres de santé périphériques. Dans le sud-ouest du pays, à Carnot, MSF propose depuis 2010 une prise en charge du VIH et de la tuberculose.
Deux enquêtes de mortalité menées récemment par MSF dans cette zone ont révélé des taux de mortalité extrêmement élevés. Ces résultats ont conduit MSF à intervenir en 2012 dans le service de pédiatrie de l’hôpital de Carnot et dans des centres périphériques pour prodiguer des soins de santé primaire pour les enfants de moins de 5 ans.
MSF travaille en RCA depuis 2006.

Dépenses 2011 : 3 594 436 €
Financements :  81% privés, 19% institutionnels
Équipe : 24 internationaux et 243 nationaux
Autres sections présentes : sections hollandaise et espagnole de MSF

DOSSIER SPECIAL RCA

Communiqué, reportage, interview, vidéos, rapport, dossier de presse, carte... Tout est dans notre dossier spécial RCA

 

DANS LA PRESSE

Dessous des Cartes Arte RCA
 

Arte - Le Dessous des Cartes : La République Centrafricaine aux marges de l'Afrique - 31 Mai 2012

 

Phosphore


Phosphore - Reportage sur les coulisses et les métiers de l'humanitaire en République Centrafricaine
- Février 2013

Contexte

Ces vingt dernières années, le pays a connu une grande instabilité et un nombre record de coups d’Etat. En 2003, la prise de pouvoir de François Bozizé aboutit à une consolidation du pouvoir mais aussi des groupes rebelles.

Repoussées à plusieurs reprises, les élections présidentielles, législatives et municipales prévues en 2010 ont finalement lieu début janvier 2011, reconduisant François Bozizé à la tête de l’Etat. En 2011, la situation sécuritaire globale du pays reste volatile, caractérisée par une instabilité politique ponctuée de clashs militaires.

Jusqu’en 2010, le nord-ouest, zone d’intervention de la section française de MSF, était en proie à des affrontements entre les forces armées centrafricaines (FACA) et le groupe rebelle APRD (Armée Populaire pour la restauration de la République et de la Démocratie). Le calme relatif qui a prévalu tout au long de l’année 2010 facilitait l'accès des habitants aux centres de santé et a permis aux équipes MSF d'améliorer et de renforcer leur soutien aux postes de santé. Mais aujourd’hui, un regain d’insécurité balaie la zone.

Sur le plan sanitaire, malgré une augmentation globale de l'aide au cours des dernières années, l'accès aux soins reste un problème majeur, même dans les régions qui ne sont pas directement touchées par le conflit. Et une majorité de Centrafricains continuent à vivre dans des conditions extrêmement précaires.

Plusieurs enquêtes de mortalité réalisées notamment par MSF dans différentes régions du pays mettent en évidence des taux de mortalité bruts et spécifiques extrêmement élevés – parfois trois à cinq fois supérieurs au seuil d’urgence. 

Ces taux de mortalité s’expliquent notamment par un déficit structurel du système de santé qui ne permet pas à la population d’avoir accès aux soins de base pour des pathologies telles que le paludisme, les infections respiratoires et les maladies diarrhéiques.

De plus, le pays connaît le taux de prévalence du sida le plus élevé d'Afrique centrale. Les programmes nationaux de lutte contre le VIH et la tuberculose sont loin d’être efficaces et sont régulièrement confrontés à de catastrophiques pénuries de médicaments, qui durent parfois plusieurs mois.

Projets

Paoua

Les équipes MSF travaillent en collaboration avec le ministère de la Santé dans tous les services de l'hôpital de référence de Paoua (pédiatrie, chirurgie, maternité, urgences, hospitalisations et prise en charge de la tuberculose et du VIH/sida).

En 2010, la sous-préfecture de Paoua a connu une nette amélioration de la situation sécuritaire et économique. Par conséquent, le nombre de centres de santé soutenus par MSF, en périphérie de Paoua, est passé à sept et le réseau de référence des cas sévères vers l’hôpital via des moyens de transport locaux a été renforcé.

Au cours de l’année, MSF a délivré plus de 72 000 consultations dans l'hôpital de Paoua et les centres de santé périphériques, et plus de 6 600 patients ont été hospitalisés. Les équipes ont effectué plus de 8 000 consultations prénatales et 1 432 accouchements. MSF prend également en charge des patients à un stade avancé du sida et des cas de co-infection VIH/tuberculose. Ainsi, 247 patients reçoivent un traitement antirétroviral.

Carnot

Une alerte, donnée par les autorités de santé locales, faisant état de la hausse des cas de malnutrition aiguë sévère dans le sud-ouest de la RCA, a poussé MSF à ouvrir un programme nutritionnel d'urgence en juillet 2009. Des évaluations cliniques, au cours de cette période, ont révélé des taux alarmants de cas de sida et de tuberculose parmi la population de la région. En 2010, nos équipes ont donc lancé un programme de prise en charge du VIH et de la tuberculose, en premier lieu dans la commune de Carnot, puis en périphérie.

Afin de mieux appréhender l’environnement du projet, une enquête de mortalité rétrospective a été menée dans la zone en juillet 2011. Cette enquête a mis en évidence des taux de mortalité bruts et spécifiques jusqu’à quatre fois supérieurs au seuil d’alerte. Paludisme, infections respiratoires et maladies diarrhéiques seraient, selon les résultats d’autopsie, à l’origine de ces décès.

En réponse à un tel constat, MSF met en place début 2012, à Carnot et dans ses environs, de nouvelles activités : consultation pédiatrique pour les enfants de moins de cinq ans, hospitalisation pédiatrique et vaccination de routine. Enfin, pour suivre l’impact des nouvelles activités sur la santé des habitants de la sous-préfecture, nos équipes maintiennent un système de surveillance de la mortalité.

En 2011, MSF a prodigué plus de 5 500 consultations. Plus de 500 patients reçoivent un traitement antirétroviral et plus de 150 patients était admis dans le programme de traitement de la tuberculose.