En bref

Dépenses 2015 : 12 976 000 €
Financement institutionnels : 412 000 € (Coopération suisse)
Equipe :  62 internationaux et 771 nationaux
Autres sections MSF présentes : sections hollandaise, espagnole, belge et suisse

MSF est présente dans le pays depuis 1997.

DOSSIER SPECIAL RCA

Communiqués, reportages, interviews, vidéos, rapports, dossiers de presse, cartes... Tout est dans notre dossier spécial RCA.

 

Dossier urgence RCA

 

 

BLOG DU TERRAIN

Des volontaires MSF racontent leur mission dans notre blog "MSF en RCA".

 

Blog MSF en RCA

 

TRIBUNE

17 novembre 2016
Conférence des donateurs sur la République centrafricaine à Bruxelles : ne renoncez pas à un soutien vital

Tribune RCA

 

 

CHRONIQUES DE MSF sur LIBERATION.FR

Finn 2013, MSF a signé une chronique quotidienne sur ses activités d'urgence en République centrafricaine intitulée "Carnets d'urgence de Médecins sans frontières en Centrafrique".

 

Retrouvez l'intégralité de ces chroniques dans l'ebook de Libération.

 

Ebook Liberation MSF

 

DOSSIER DE PRESSE

Mars 2014
République Centrafricaine (RCA) : "Un an de violence continue à l’encontre des civils"

Contexte

Pays de 5 millions d’habitants sur une superficie équivalente à celles de la France et de la Belgique réunies, le pays a connu une succession de coups d’Etat depuis son indépendance, tendance qui s’est accélérée depuis les années 90 et a favorisé l’émergence, au cours des années 2000, d’une multiplication de groupes armés au nord du pays.

La dernière crise, débutée en mars 2013, amène le renversement du régime de François Bozizé par une alliance de groupes armés, nommée Seleka, venant principalement de zones marginalisées du nord-est. Michel Djotodia prend le pouvoir et ses troupes se comportent brutalement, faisant émerger une haine de nature communautaire et religieuse.

Une révolte populaire s’organise, instrumentalisée par François Bozizé, et prend le nom d’Anti Balaka. Cette contre-offensive s’accompagnera de massacres de populations musulmanes suivis de leur exode massif dans les pays voisins. Ceux qui restent sont parfois prisonniers d’enclaves comme à Bangui, Carnot et plusieurs autres villes du pays.

Michel Djotodia est poussé à la démission en janvier 2014. La communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale forme des institutions de transition et nomme Catherine Samba-Panza comme présidente.

Des accords de paix sont signés et aboutissent à un gel de la situation militaire. La partie est du pays est occupée par les groupes issue des ex-Seleka, la partie ouest et sud par la mouvance Anti-Balaka. Ces deux groupes sont très fractionnés. La Minusca, mission des nations unies qui a pour mandat la protection de la population, la préservation de l’intégrité du territoire et la restauration de l’autorité de l’Etat, est déployée dans toutes les grandes villes avec 10 000 casques bleus. L’armée française est également présente, en appui à la Minusca, avec des effectifs qui sont passé de 2 000 hommes début 2015 à moins de 1 000 début 2016.

Le processus de démobilisation et réintégration des groupes armés n’a toujours pas débuté : ils restent armés et, théoriquement, casernés. Le redéploiement des symboles de l’Etat (préfets, gendarmes, juges) a  débuté  en  2015. Les tensions entre musulmans et non-musulmans restent importante et furent le moteur des combats violents à Bangui en septembre et octobre 2015. La visite du pape fin novembre semble avoir apaisé la situation. Le régime de transition politique prendra fin avec une nouvelle constitution, votée en décembre 2015 et l’élection d’un président de la république et de députés en 2016.

Projets

Le dispositif MSF reste imposant  en  RCA : une  quinzaine de projets répartis sur tout le territoire. Les incidents de sécurité sont fréquents : braquages de véhicules, pillages et menaces principalement. Les zones les plus dangereuses restent la ligne de fracture Anti Balaka / Seleka (Bambari, Bossangoa, Batangafo, Kabo), Ndele et Bangui.

L’augmentation, en 2014, des projets de MSF en RCA pour répondre à la crise a conduit à la redéfinition des objectifs en se concentrant sur les principaux problèmes sanitaires identifiés. Les priorités opérationnelles définies pour 2015 resteront les mêmes en 2016 : prise en charge des urgences pédiatriques et des départements pédiatriques des hôpitaux où nous intervenons ; prise en charge de la tuberculose (TB) et du VIH-SIDA chez les enfants et les adultes sur les projets en province ; prise en charge des victimes de violence à Bangui ; organisation de campagnes de vaccination de masse multi antigènes pour les enfants âgés de moins de 5 ans et les femmes en âge de procréer.

PROJET PAOUA

MSF s’est retirée en avril 2015 des services de chirurgie et de maternité de l’hôpital de Paoua afin de se concentrer sur les activités pédiatriques, les vaccinations de masse, le VIH et la tuberculose. Le soutien aux centres de santé a été maintenu.

En 2015, nous avons enregistré une baisse importante des admissions en pédiatrie. L’arrêt des références des centres de santé pendant la majeure partie de l’année, l’incidence du paludisme moins forte qu’en 2014, l’activité des agents paludisme menée depuis 2012 par une autre organisation peuvent expliquer cette tendance.

En 2015, 72 856 consultations externes ont été dispensées, dont 60 651 dans les postes et centre de santé et 12 205 aux urgences de l’hôpital, 60 % sont des cas de paludisme confirmé ; 2 571 enfants ont été hospitalisés, 318 admissions ont été effectuées en néonatologie ; 1 372 patients VIH sont enregistrés dont 124 enfants âgés de moins de 15 ans, 70% sont des femmes, 812 patients sous antirétroviraux (ARV), dont 70 enfants âgés de moins de 15 ans, sont suivis à la fin 2015.

PROJET CARNOT

Fin 2015, suite aux combats de 2014, il reste 540 musulmans originaires de Carnot réfugiés dans l’enceinte de l’église, privés de leur liberté de circulation.

Comme à Paoua, les hospitalisations en pédiatrie poursuivent leur baisse (- 8 % en 2014 et - 14 % en 2015). La baisse d’activité en consultations externes en 2015 (- 40%) est compensée par l’augmentation de l’activité des agents paludisme (+42 %).

En 2015, 48 781 consultations externes ont été dispensées, dont 45 274 dans les centres de santé et 3 463 aux urgences pédiatriques de l’hôpital, 47 % sont des cas de paludisme confirmés. Par  ailleurs, les agents  paludisme ont  traité 42 084 cas. Au niveau hospitalier, 2 801 admissions ont été effectuées en pédiatrie, 411 admissions en néonatologie, 675 admissions en médecine interne. 537 enfants ont été admis dans le programme nutritionnel ambulatoire, 709 en hospitalisation. 2 030 patients VIH sont enregistrés dont 123 enfants âgés de moins de 15 ans, 70 % sont des femmes, 1 305 patients sous ARV (dont 83 enfants âgés de moins de 15 ans) sont toujours suivis à fin 2015.

PROJET BRIA

Le projet a ouvert en  2013  suite  à  la  prise  de  contrôle  de la zone par la coalition Seleka.

Le projet se concentre sur les moins de 15 ans, avec un service de consultations externes pédiatrique à l’entrée de l’hôpital, le service de pédiatrie et de néonatologie et des activités VIH pédiatriques.

Bria accuse les baisses d’activités les plus  importantes  des trois projets en province : - 35% d’admissions en pédiatrie entre 2014 et 2015 et - 7% de consultations externes. Le pic de paludisme n’a pas été perceptible en 2015. Les cas qui se sont présentés ont été majoritairement simples. De fait, on note que l’hospitalisation pour paludisme sévère a baissé de 45%.

Les activités de prise en charge pédiatrique du VIH et de la tuberculose ont débuté au quatrième trimestre 2015. 59 enfants étaient dans la cohorte fin décembre, dont 37 sous ARV.

En 2015, 44 487 consultations externes ont été dispensées, 68 % sont des cas de paludisme confirmés. En termes d’hospitalisation, 2 945  enfants ont été  admis en pédiatrie, 353 en néonatologie, 183 dans le programme nutritionnel.

PROJET BANGUI - HÔPITAL GÉNÉRAL ET ACTIVITÉS PÉRIPHÉRIQUES

Le projet chirurgical de prise en charge des blessés a été ouvert à Bangui en décembre 2013. Les combats de 2015 se sont concentrés autour de la ligne de front, entre le quartier musulman et le reste de la ville, et dans les quartiers mitoyens, mais aussi dans le nord de la ville quand entre différentes factions Anti-Balakas, ou entre ces dernières et les forces internationales. Entre septembre et novembre 2015, les combats et le banditisme accru qui les accompagnent ont fait plus de 1 000 blessés.

Les activités de consultation externes et de références se sont poursuivies à PK5, l’enclave musulmane de la capitale. Sur le site de Mamadou Mbaïki, notre activité reste concentrée sur les consultations pédiatriques. Un dispensaire mobile hebdomadaire adulte a été maintenu dans l’enceinte de la mosquée centrale.
 
L’activité de la salle d’urgence de l’hôpital général a augmenté de 78% passant de 5 648 passages aux urgences en 2014 à 10 032 en 2015. En revanche, on n’enregistre qu’une légère hausse du nombre d’hospitalisations en chirurgie (+ 3,8%).

En 2015, 4 283 interventions chirurgicales ont été effectuées. La proportion des actes liés à la violence sont en baisse (de 47% en 2014 à 20% en 2015). Les interventions orthopédiques représentaient 13% des actes en 2014 contre 17% en 2015. La proportion d’actes mineurs reste quasi la même sur les deux années (54 & 52%).

PROJET VACCINATION MULTI-ANTIGÈNES

La crise politico-militaire qui a débuté en 2013 a provoqué l’effondrement  des taux de couverture vaccinale dans le pays. Entre 2012 et 2014, le nombre d’enfants ayant été complètement immunisés contre la rougeole est passé de 64% à 25% et de 52% à 20% pour les infections respiratoires aigües. Ainsi, fin 2013, seulement 13% des enfants étaient complètement vaccinés à l’âge d’un an.
 
MSF  a lancé  une  vaste  campagne   de vaccination de masse pour environ 220 000 enfants (13 sous-préfectures), en collaboration avec le ministère de la santé. Trois tours pour administrer jusqu’à neuf antigènes (diphtérie, tétanos, coqueluche, polio, haemophilus influenzae B, hépatite B, pneumocoque, fièvre jaune et rougeole) en  associant  d’autres  mesures de prévention (déparasitage, dépistage de la malnutrition, distribution de vitamine A).

Nous espérons atteindre un taux de couverture de 80% dans les sous-préfectures de Paoua, ou la campagne a débuté en septembre 2015, puis Bria et Carnot. Une équipe dédiée, appuyée par celles des projets, est responsable de l’exécution. Le premier tour dans la sous-préfecture de Paoua s’est déroulé sans encombre contrairement au second, interrompu à plusieurs reprises pour des raisons de sécurité. 36 833 enfants ont été vaccinés lors du premier tour sur la sous-préfecture de Paoua. Le deuxième tour a débuté en fin d’année sur les zones de Paoua urbain et rural.