Dans le Yémen en guerre, l’épidémie de choléra risque de devenir incontrôlable

Le centre de traitement du choléra de MSF à Khamir au Yémen. Depuis début mai le nombre de cas de choléra ne cesse d'augmenter dans 18 gouvernorats sur 22. Ce centre de traitement du choléra a soigné plus de 1200 personnes en moins de deux semaines
Le centre de traitement du choléra de MSF à Khamir au Yémen. Depuis début mai, le nombre de cas de choléra ne cesse d'augmenter dans 18 gouvernorats sur 22. Ce centre de traitement du choléra a soigné plus de 1200 personnes en moins de deux semaines. ©Nuha Haider/MSF

L’épidémie de choléra au Yémen prend des proportions alarmantes. 23 500 cas suspects ont été identifiés par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et les équipes de Médecins Sans Frontières (MSF) ont déjà traité plus de 3000 patients dans les gouvernorats d’Amran, Houdaydah, Hajja, Al-Dhale’, Taiz et Ibb. En l’absence d’une réponse urgente et appropriée, l’épidémie risque de devenir incontrôlable.

L’épidémie progresse de façon spectaculaire à travers le Yémen, et touche désormais 18 des 22 gouvernorats du pays, selon le ministère de la Santé et de la Population. Le nombre de cas suspects identifiés a doublé en cinq jours, passant de 11 000 au 14 mai à 23 500 au 19 mai, d’après les estimations de l’OMS.

MSF a traité 3092 patients dans 4 centres de traitement de choléra et 9 unités de traitement du choléra*.

« L’épidémie actuelle et sa progression rapide sont extrêmement préoccupantes, dans un contexte où les capacités médicales des acteurs locaux sont limitées. Le système de santé était déjà sous pression avant l’épidémie et ne parvenait pas à couvrir les besoins médicaux de la population. Outre le traitement des patients qui parviennent jusqu’aux structures médicales, il faut aussi s’attaquer aux sources de contamination, à travers des actions d’assainissement, de traitement des points d’eau et des activités de prévention », explique Ghassan Abou Chaar, chef de mission MSF au Yémen.

Le conflit qui s’est accentué en mars 2015, affecte profondément un système de santé déjà fragilisé et beaucoup d’infrastructures médicales ont cessé de fonctionner à cause de la guerre. Dans la plupart des structures, il y a une pénurie de médicaments tels que perfusions et solutés de réhydratation orale, nécessaires au traitement des malades. Il est urgent de faciliter l’importation de fournitures médicales dans le pays, dans la mesure où les stocks actuels ne suffiront pas. MSF est en cours d’affrètement d’un cargo de 63 tonnes de médicaments et de matériel médical pour le choléra qui devrait arriver dans les prochains jours. Les efforts coordonnés des organisations d’aide sont le seul moyen de limiter la propagation de l’épidémie et de soigner des patients de plus en plus nombreux. 

En outre, il faut urgemment que le personnel de santé touche à nouveau une rémunération, car l’arrêt des versements de salaire depuis septembre 2016 pèse fortement sur leur disponibilité dans les centres de santé. 

MSF est une organisation médicale humanitaire travaillant dans près de 70 pays dans le monde. Au Yémen, les équipes MSF fournissent des soins directs dans 13 hôpitaux et soutiennent plus de 25 autres hôpitaux, dans 11 gouvernorats. 

*UPDATE AU 31 MAI :

Alors qu'au 9 mai, le nombre de patients pris en charge par MSF atteignait plus de 780, ce nombre a dépassé les 5 000 au 23 mai puis les 12 000 patients au 31 mai.
 

 

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Choléra au Yémen : le nombre de cas flambe


(Vidéo datant du 23 mai)


Comment fonctionne un centre de traitement du choléra ?

Le choléra est une infection intestinale aiguë très contagieuse, transmise par l’ingestion d’eau contaminée par le bacille du choléra. La contamination est orale, d'origine fécale, et peut se faire par l'ingestion d'eau ou d'aliments souillés.

Les principaux symptômes sont les diarrhées liquides et les vomissements, provoquant une déshydratation sévère et rapide pouvant entrainer la mort. Les jeunes enfants et les personnes âgées sont les plus vulnérables.

Chez la personne atteinte, le développement de la maladie est très rapide, voire fulgurant. Néanmoins, il s'agit d'une maladie facile à traiter.

Centre de traitement du choléra virtuel

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EN SAVOIR PLUS

► Consulter notre dossier sur la crise au Yémen

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