Yémen : présente à Sa’ada, MSF réagit à l’offensive annoncée par la Coalition sur la province

MSF prend en charge à Haradh les victimes d'une frappe aérienne sur le camp de déplacés de Al Mazraq dans la province de Sa'ada nord du Yémen. Mars 2015.
MSF prend en charge à Haradh les victimes d'une frappe aérienne sur le camp de déplacés de Al Mazraq, dans la province de Sa'ada, nord du Yémen. Mars 2015. ©MSF

Lianos Ortiz, coordinateur médical de Médecins Sans Frontières (MSF) au Yémen, réagit à l’annonce faite vendredi 8 mai par la Coalition menée par l’Arabie Saoudite de leur intention de bombarder toute la province de Sa’ada.

« Le bombardement de cibles civiles, avec ou sans avertissement, est une grave violation du droit international humanitaire. D’autant plus quand il s’agit de cibler une province toute entière.

Il est impossible pour la population de toute la province de Sa’ada d’évacuer en l’espace de quelques heures. Beaucoup n’ont ni véhicule ni essence à cause du blocus imposé par la Coalition. D’autres n’ont tout simplement pas eu accès à cette information du fait de réseaux téléphoniques très peu opérationnels dans la province.

Si la coalition met sa menace à exécution, il y aura beaucoup de morts sous les bombes dans toute la province de Sa’ada. Nous appelons la Coalition à ne pas cibler d’infrastructures civiles, en particulier les hôpitaux et les systèmes d’adduction d’eau.

Le risque induit est de forcer au déplacement des milliers de gens vers les montagnes du sud de Sa’ada, là où l’aide humanitaire ne pourra pas les atteindre à temps. Le blocus freine l’accès de l’aide, et tous les aéroports du pays ont été détruits par les frappes aériennes de la Coalition, ce qui pourrait provoquer une crise humanitaire encore plus aigue que celle à laquelle nous faisons déjà face. »

Une équipe MSF prend en charge les blessés à l’hôpital Al Gumhurry de Sa’ada, dans le nord du Yémen, en collaboration avec le personnel du ministère de la Santé sur place.

 

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