VIH/sida au Kenya : la majorité des patients ayant reçu du Zidolam-N falsifié reçoivent des consultations de suivi

A Kibera au Kenya  Février 2011
A Kibera, au Kenya - Février 2011 ©Bruno De Cock

MSF a déjà suivi près de 3 000 patients atteints du VIH/sida après qu’ils aient reçu des médicaments antirétroviraux (ARV) à partir de lots falsifiés et leur a fourni des ARV de remplacement. MSF s’efforce de rentrer en contact avec tous les autres patients qui pourraient avoir besoin de changer leurs médicaments.

Le 5 et 7 septembre derniers, les équipes médicales au Kenya travaillant sur les projets VIH/sida ont en effet détecté des problèmes de qualité sur deux lots de Zidolam-N, un médicament antirétroviral pré-qualifié par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Des infirmières MSF ont noté des caractéristiques inhabituelles sur des comprimés, concernant leur forme et leur couleur. Les vérifications effectuées par le fabricant de Zidolam-N et MSF ont révélé plus tard que deux autres lots étaient également concernés.

Dès que ces alertes sur la qualité des médicaments ont été signalées par les infirmières, MSF a informé le ministère kenyan de la Santé via la Pharmacie & Poisons Board, l'OMS et d'autres partenaires internationaux impliqués dans les achats de médicaments. MSF a mis le Zidolam-N en quarantaine, et les lots falsifiés qui avaient été achetés par l'intermédiaire d'un distributeur agréé par les autorités kenyanes ont été renvoyés au fournisseur.

Par la suite, des tests en laboratoire menés par le Kenya’s National Drug Quality Control Laboratory ont révélé que le contenu des flacons correspond bien au cahier des charges des fabricants et de la pharmacopée internationale.

Les équipes MSF ont commencé à contacter tous les patients qui pouvaient avoir reçu des ARV suspects afin de les informer de ce problème de qualité. Leurs médicaments ont été immédiatement remplacés par les ARV obtenus à partir d'une source différente.

Une évaluation médicale a également été proposée à ces patients, afin de s’assurer de leur bonne santé. Les équipes médicales MSF vont continuer de surveiller de près la santé de ces patients, en leur offrant à la fois des examens cliniques et biologiques, tels que les tests de charge virale, afin de vérifier l'état d'avancement de leur traitement en général.

À ce jour, dans le projet de MSF à Mathare, 513 patients sur 561 sont venus à la clinique pour des conseils, la substitution des médicaments et une évaluation de leur état de santé. A Kibera, 983 patients ont été vus par les équipes sur les 1058 concernés ainsi que 1451 patients sur les 2100 à Homa Bay.

MSF accorde une grande importance à la qualité des médicaments distribués aux patients dans ses projets. Tout en continuant à se concentrer sur la délivrance des meilleurs soins possibles et le suivi de ses patients, MSF réitère que les autorités devraient mener une enquête complète sur les circonstances de cette défaillance d'approvisionnement, et les exhorte à prendre les mesures appropriées afin de garantir la meilleure qualité des médicaments au Kenya.

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