Syrie : « le nord-est du pays est encore un champ de bataille »

Médecins Sans Frontières soutient l'hôpital de Hassaké, dans le nord-est de la Syrie. 2014.
Médecins Sans Frontières soutient l'hôpital de Hassaké, dans le nord-est de la Syrie.  ©MSF

Une intensification des frappes aériennes contre le groupe État islamique dans les gouvernorats de Hassaké et Deir ez-Zor, dans le nord-est de la Syrie, est à l’origine d’une hausse du nombre de patients reçus dans l’hôpital de Hassaké, soutenu par Médecins Sans Frontières.

Entre le 4 et le 14 juin, l’hôpital a reçu 17 survivants de frappes aériennes, dont 6 enfants et 3 femmes. Ces personnes se trouvaient à l’intérieur ou à proximité de leur maison quand les frappes aériennes ont eu lieu. De janvier à juin, les équipes de MSF n’avaient reçu que 7 personnes ayant réchappé à des frappes aériennes.

« Au début [les bombardements] frappaient autour de l’école dans laquelle nous habitions. Nous avons couru jusqu’à la maison de notre voisin, et il y avait des enfants, des personnes âgées et handicapées. J’essayais de faire sortir les enfants [...] pour que l’avion puisse les voir et comprenne que nous étions des civils. Ils nous ont quand même attaqué, explique Saïf*, un patient pris en charge par MSF. 14 personnes ont été tuées, dont 4 enfants, 3 femmes et des hommes âgés. 8 personnes ont été blessées et l’une d’entre elles est décédée sur le chemin [de l’hôpital]. »

Les quelques structures de santé encore opérationnelles dans la région sont souvent privées et très coûteuses, ou en manque de personnels spécialisés. Ces patients doivent ainsi effectuer un trajet de plusieurs heures pour atteindre l’hôpital de Hassaké et accéder aux soins. Les lignes de front mouvantes peuvent transformer un simple trajet d’une heure en voyage de six heures afin d’éviter les checkpoints.

Un survivant d'une frappe aérienne, pris en charge dans l'hôpital MSF du gouvernorat de Hassaké, dans le nord-est de la Syrie.
 © Cecile Arondel/MSF
Un survivant d'une frappe aérienne, pris en charge dans l'hôpital MSF du gouvernorat de Hassaké, dans le nord-est de la Syrie. © Cecile Arondel/MSF

Manal* qui est arrivé à l'hôpital de Hassaké avec sa sœur blessée par un bombardement est originaire d’al-Dachicha, une ville située à proximité de la frontière irakienne, à environ deux heures et demie de l’hôpital. « Il n’y a pas de docteur à al-Dachicha, seulement un pharmacien qui fait des pansements et vend des médicaments. », précise-t-il.

« Après une période de calme relatif dans le nord-est de la Syrie, les frappes aériennes se sont récemment intensifiées, déplore Olivier Antonin, le chef de mission de Médecins Sans Frontières en Syrie. On nous a rapporté que les civils et leurs maisons étaient frappés de manière incessante. »

* Certains prénoms ont été modifiés à la demande des patients.

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