Syrie : 189 morts et des centaines de blessés après des bombardements à Alep, les hôpitaux débordés

Alep Syrie avril 2013.
Alep, Syrie, avril 2013. ©MSF

Les hôpitaux de la ville d’Alep, dans le nord de la Syrie, ont été débordés après une série de frappes aériennes qui ont fait au moins 189 morts et 879 blessés ces jours derniers, ont indiqué des sources médicales locales. Médecins Sans Frontières (MSF) fournit un soutien à des hôpitaux de la zone – des poches de sang et du matériel médical – pour faire face à cette urgence.

Des hélicoptères syriens ont commencé à larguer des barils bourrés d’explosifs, le 15 décembre dernier, sur plusieurs quartiers de l’est d’Alep. Bien qu’elles aient fait de nombreuses victimes, ces attaques indiscriminées et nourries se sont poursuivies et ont fait de gros dégâts dans des quartiers habités par des populations civiles.

« Les hélicoptères ont ciblé différents endroits, notamment une école et le rond-point de Haydara où les gens attendent les véhicules de transports en commun, note Aitor Zabalgogeazkoa, coordinateur MSF en Syrie. Dans les deux cas, il y a eu des dizaines de morts et de blessés. Une dizaine de corps étaient alignés devant trois hôpitaux, dans l’attente que les familles viennent les récupérer. »

Selon sept hôpitaux locaux qui ont reçu des patients, 189 personnes sont mortes et 879 ont été blessées depuis le 15 décembre. Et ces chiffres n’incluent pas les patients admis dans les autres hôpitaux opérationnels de la ville.

Avec cette urgence, le réseau des hôpitaux d’Alep a été débordé et s'est retrouvé avec très peu, voire plus du tout, de ressources. Les fréquents vagues de violences ont des effets destructeurs sur la ville et des conséquences dévastatrices sur le système de soins. Depuis le début de la guerre, la plupart des hôpitaux d’Alep ont été endommagés ou détruits. Et cette dernière série d’attaques a aggravé la situation déjà très difficile des structures de soins.

« Les attaques répétées provoquent souvent une situation de chaos et compliquent beaucoup la prise en charge des blessés, ce qui se traduit par une augmentation du nombre de décès, ajoute Zabalgogeazkoa. Les ambulances sont débordées parce qu’elles reçoivent des appels de plusieurs endroits en même temps. Et les médecins sont confrontés à des décisions extrêmement difficiles parce qu’ils reçoivent des afflux de patients. »

L’absence structurelle de soutien aux hôpitaux d’Alep et les difficultés pour acheminer du matériel médical ont un impact sur la capacité de prise en charge des structures médicales. Du fait de l’afflux massif de patients après cette vague d’attaques, les stocks de médicaments et de matériel médical essentiels pour soigner des urgences vitales ont été épuisés.

« Les hôpitaux n’arrivent plus à faire fac et demandent du matériel médical. Nous leur en avons envoyé immédiatement, explique Zabalgogeazkoa. Beaucoup de patients ont dû être référés en dehors d’Alep. » MSF envoie des poches de sang donné dans des villages environnants aux hôpitaux qui reçoivent la plupart des patients à Alep. Pour leur venir en aide, MSF donne aussi aux hôpitaux des médicaments et du matériel médical permettant la prise en charge de 500 blessés. « Mais cette aide est insuffisante pour faire face à une urgence d’une telle ampleur », reconnaît Zabalogeazkoa. 

« Nous demandons à toutes les parties au conflit, et au gouvernement syrien en ce moment précis, d’arrêter de cibler les infrastructures civiles, telles que hôpitaux et écoles, et de ne plus utiliser des armes qui ont des conséquences indiscriminées dans les zones urbaines,  où les civils sont les premières victimes, déclare Teresa Sancristoval, responsable des urgences à MSF. Toutes les parties doivent respecter le droit humanitaire international. »

En novembre, MSF a soigné 88 blessés en l’espace de moins d’une semaine, à la suite des attaques qui avaient été lancées sur les quartiers nord d’Alep.

Update au 31 décembre 2013 : Plus de 3 000 blessés à Alep

Les frappes aériennes sur la ville d’Alep dans le nord de la Syrie ont fait 541 morts et 3 039 blessés entre le 15 et le 28 décembre 2013, selon des sources médicales locales. Ces chiffres émanent de dix hôpitaux locaux qui ont reçu des patients. Trois hôpitaux à Alep ont été gravement touchés par ces raids aériens et au moins deux membres du personnel soignant sont morts en portant secours à des victimes.

Des bâtiments résidentiels, des écoles, des hôpitaux, des marchés et des arrêts de bus ont aussi été touchés par les frappes aériennes.

MSF fournit du matériel médical à des hôpitaux situés dans l’agglomération d’Alep pour les aider à faire face à l’urgence. MSF a soigné des dizaines de blessés dans un hôpital situé à la périphérie de la ville.

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