Soudan du Sud : témoignage de Jahra, réfugiée

Jahra Farjahlla réfugiée de l'Etat du Blue Nile dans le camp de Doro Soudan du Sud. Mars 2012
Jahra Farjahlla, réfugiée de l'Etat du Blue Nile dans le camp de Doro, Soudan du Sud. Mars 2012 ©MSF

Jahra Farjahlla est une réfugiée soudanaise dont le fils Youssouf, âgé de 10 ans, a été transféré par ambulance MSF de la frontière d’Al Fuj à Jamam.

« Youssouf  endure une grande douleur. Avant d’arriver ici, nous avons dû parcourir un très long chemin, nous avons marché, marché... Et Youssouf souffrait d’une mauvaise fièvre. Nous sommes arrivés à Al Fuj (le point de passage à la frontière) il y a deux jours.

Je me sens mieux à Jamam parce qu’on n’entend plus le tak tak tak des armes. Avant, c’était différent, avec le bruit des Antonov au-dessus de nos têtes. Chaque fois que nous entendions le bruit d’un avion au-dessus de nos têtes, nous nous mettions à courir. Et le bruit des armes, maintenant que je ne l’entends plus, je parviens à dormir normalement, je peux me reposer.

Ils sont venus et ont attaqué nos maisons. Ils sont venus et ont commencé à tirer avec leurs armes. Et ils ont tué beaucoup de gens. C’était très dangereux pour nous, alors nous avons fui notre maison.

Beaucoup d’entre nous ont fui, et beaucoup d’autres encore sont en route et ne sont pas encore arrivés. Beaucoup, beaucoup de gens arrivent. Même si vous envoyiez de gros camions, vous ne parviendriez pas à les transporter tous, pas même avec deux ou trois camions. Pour les transporter tous, il faudrait une dizaine de grands camions.

J’ai d’autres enfants qui sont restés à Al Fuj. Si mon fils Youssouf se sent mieux, je le laisserai ici et je ferai parvenir un message pour que mes autres enfants viennent ici. Je ne veux pas retourner chez moi. »

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