Soudan du Sud : MSF demande un accès humanitaire d'urgence à l'Etat du Haut-Nil

Malakal au Soudan du Sud en avril 2015.
Malakal, au Soudan du Sud, en avril 2015. ©MSF

Tandis que les combats s'intensifient dans l'Etat du Haut-Nil au Soudan du Sud et que les besoins humanitaires de la population s’accroissent, les organisations humanitaires ont de plus en plus de difficultés à accéder aux zones les plus gravement touchées. MSF appelle toutes les parties au conflit à autoriser l'accès sans restriction à Malakal et aux régions avoisinantes, afin que les organismes d'aide puissent fournir une assistance humanitaire d'urgence aux milliers de personnes victimes de violences.

« Des dizaines de milliers de personnes n'ont pas accès aux soins médicaux depuis trois mois, affirme William Robertson, coordinateur d'urgence de MSF au Soudan du Sud. Cela a lieu au milieu d'une nouvelle vague de violence menaçant la vie d'innombrables civils ».

La ville de Malakal, dont le contrôle a changé plusieurs fois de mains au cours des 18 derniers mois, a été désertée en raison de la poursuite des combats. Au cours des six dernières semaines, MSF n'a pu effectuer qu'une seule livraison de fournitures médicales et de nourriture à son centre de santé à Wau Shilluk, à la périphérie de Malakal. On compte 77 enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère dans le programme de nutrition thérapeutique ambulatoire de MSF. Malheureusement, il n'y a aujourd’hui aucun moyen de ravitailler le programme en nourriture thérapeutique prête à l'emploi qui est pourtant essentielle pour le bon traitement des patients.

La ville de Malakal est particulièrement dangereuse et avec la forte présence militaire, de nombreuses personnes ont fui vers le site de « protection des civils » situé à proximité. Cependant, ce site n'est pas un endroit sûr. Début juillet, MSF a traité neuf personnes blessées dans une fusillade qui visait directement le site.

Les 19 et 20 juillet, l'hôpital de MSF à Malakal a reçu 36 civils blessés, dont 16 femmes et 5 enfants, qui voyageaient dans un camion lorsqu'ils ont été attaqués par un groupe armé. Certains d'entre eux avaient de multiples blessures causées par des explosions de grenades et ou des plaies par balles. Cinq personnes ont eu besoin d'une opération d'urgence. Ceci n'est qu'un exemple parmi tant d’autres des innombrables épisodes de violence contre les civils dans l'état du Haut-Nil.

D'autres personnes ont fui Malakal pour la ville de Melut, au nord. MSF a été contrainte de suspendre ses activités médicales à Melut à deux reprises au cours des six dernières semaines, privant les 20 000 personnes déplacées vivant dans le camp Denthoma 1 de soins médicaux.

D'autres, en revanche, ont fui Malakal pour l'autre rive du Nil Blanc, où il y a un manque de services de première nécessité tels que l’approvisionnement en nourriture, en eau potable et en médicaments.

« La violence incessante au Soudan du Sud oblige les gens ordinaires à vivre dans des conditions inhumaines, déclare Robertson. La population est exposée de manière permanente à la violence, aux déplacements, à la peur des attaques, aux épidémies et au risque de mourir de faim. MSF est profondément préoccupée par le manque persistant d’accès des organisations humanitaires aux zones de conflit et aux autres régions éloignées du Soudan du Sud. Cela laisse la population sans l'aide humanitaire dont elle a désespérément  besoin de toute urgence. Notre seul objectif est de fournir une assistance à ceux qui en ont besoin, indépendamment de leur affiliation politique, race, appartenance ethnique ou de la région où ils vivent. »

EN SAVOIR PLUS

► Consultez notre dossier détaillé sur l'urgence qui frappe le Soudan du Sud et les pays voisins.

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