République centrafricaine : MSF vaccine des dizaines de milliers d'enfants contre la rougeole

Campagne de vaccination contre la rougeole à Bria mars 2015
Campagne de vaccination contre la rougeole à Bria, mars 2015 ©Marta SOSZYNSKA/MSF

Du fait des dysfonctionnements des programmes nationaux de vaccination de routine, seulement 50% des enfants de République centrafricaine (RCA) seraient vaccinés contre les maladies infectieuses, et, parmi eux, moins de 30% auraient été immunisés contre la rougeole. Au cours de la deuxième semaine d’avril, MSF a lancé une campagne de vaccination de masse contre cette pathologie dans la ville de Nzako, à l’est de la RCA, où une alerte épidémique a été lancée mi-février.

Nzako est une ville minière d’environ 15 000 habitants dotée d’un seul centre de santé, géré par le ministère de la Santé, et d’une seule infirmière qualifiée pour l’ensemble de la localité. L’épidémie de rougeole dans cette zone a été confirmée lors d’une enquête menée début mars par MSF, à Nzako et dans ses environs, afin d’activement rechercher les cas au sein de la communauté. « Vu que le système de surveillance épidémiologique centrafricain est pratiquement inexistant, travailler avec les chefs communautaires et les agents de santé locaux est souvent le seul et meilleur moyen de détecter une épidémie dans des endroits où MSF ne mène pas d’activités », constate Emmanuel Lampaert, coordinateur médical de MSF.

La rougeole, maladie virale très contagieuse, se propage par les éternuements, la toux, par contact direct avec les sécrétions nasales ou oropharyngées des personnes infectées et par le contact avec les objets contaminés. On la croit bénigne, pourtant, elle représente un danger majeur, surtout pour les enfants âgés de moins de cinq ans, les plus vulnérables, chez qui elle provoque de la fièvre et des éruptions cutanées. Les risques de complications sont importants (infections de l'oreille, pneumonies, diarrhées, malnutrition ou encéphalite [inflammation du cerveau]). Ces complications peuvent entraîner des convulsions, une cécité, des retards mentaux et même la mort. Ainsi, en l'absence de traitement et dans certains environnements précaires, la rougeole peut provoquer le décès de 5 à 20% des malades ; un risque qui augmente dans les situations où l'accès aux soins est faible, comme c'est aujourd'hui le cas en RCA. Même ceux qui ont pu être soignés restent exposés à un fort risque de mortalité pendant les douze mois suivant la maladie.

Depuis la première alerte épidémique à Nzako, mi-février, MSF a pris en charge 687 cas de rougeole dont six sont malheureusement décédés. « Garantir un accès à des soins médicaux gratuits est une des priorités principales lorsqu’on répond à une épidémie en cours, explique Emmanuel Lampaert. Il faut en parallèle continuellement sensibiliser les communautés afin d’être sûr que les enfants soient emmenés dans les centres de santé aptes à soigner la rougeole ».

La campagne de vaccination de masse actuellement menée par MSF, pour les enfants âgés de 6 mois à 15 ans de la ville de Nzako, a pour objectif d’endiguer l’épidémie en cours. Cette campagne sera également couplée à un dépistage de la malnutrition infantile ainsi qu’à un traitement anti parasitaire des enfants. La première phase de cette campagne s’étalera sur cinq jours au cours desquels environ 7 000 enfants devraient être vaccinés. Au 17 avril, plus de 4 700 enfants l’avaient déjà été. La seconde phase de cette campagne aura lieu plus au sud dans la ville voisine de Bakouma (5 000 enfants concernés) afin de prévenir une éventuelle propagation de l’épidémie.

Cette campagne de vaccination sur la zone de Nzako fait partie d’une réponse plus globale de MSF à l’épidmie de rougeole annoncée sur d’autres zones du pays, notamment à Bria, à l’est de la RCA, où nos équipes ont déjà vacciné plus de 16 000 enfants le mois dernier, et à Batangafo, au nord du pays, où MSF a vacciné plus de 12 000 enfants dans la ville et dans le camp de personnes déplacées.

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