Un groupe de personnes déplacées prie dans une église de fortune, près du camp « Alternatif » de Bambari, dans le centre de la RCA. Mars 2017
Un groupe de personnes déplacées prie dans une église de fortune, près du camp « Alternatif » de Bambari, dans le centre de la RCA. Mars 2017 © Colin Delfosse/Out of Focus

Depuis plusieurs années, la République centrafricaine (RCA), un pays déjà exsangue, traverse une crise politique majeure, dont les conséquences en termes de déplacements et de violence sont considérables pour la population. 

Médecins Sans Frontières travaille dans le pays depuis 1997. Depuis plusieurs années, nous n’avons eu de cesse d’alerter sur les conséquences de l’indifférence dans laquelle la situation humanitaire se dégrade rapidement dans ce pays, via nos rapports : "République centrafricaine : une crise silencieuse" (décembre 2011) ; "République Centrafricaine : Un an de violence continue à l’encontre des civils" (mars 2014) et "Réfugiés centrafricains au Tchad et au Cameroun : "la valise et le cercueil" (juillet 2014).

En réponse à la crise de décembre 2013 qui a escaladé en un conflit d’une extrême violence, MSF a doublé son assistance médicale en RCA et ouvert des projets supplémentaires pour les réfugiés centrafricains dans les pays voisins, afin de répondre aux besoins générés par cette crise. Aujourd’hui, MSF gère dix-sept projets répartis sur l’ensemble du pays. A cela s’ajoutent les projets d’aide aux réfugiés centrafricains au Cameroun, au Tchad et en République démocratique du Congo. Plus de 2 400 collaborateurs nationaux y travaillent aux côtés de 230 expatriés.

Le pays fait encore face à une situation d’urgence sanitaire chronique. La crise politique et les violences ont aggravé la pénurie de services de santé et 72% des structures de santé ont été endommagées ou détruites par les violences et pillages. A l’heure actuelle, la grande majorité des structures de santé publique dépendent du soutien des organisations humanitaires et confessionnelles.

Les besoins sanitaires sont immenses : le paludisme reste la principale cause de mortalité dans le pays notamment chez les enfants de moins de cinq ans, le taux de prévalence du VIH est très élevé et les besoins en santé mentale sont très importants, avec des populations traumatisées par les violences, atrocités, et insécurité permanentes subies depuis des années.
Alors que les taux de couverture vaccinale en RCA étaient déjà en deçà des objectifs nationaux avant 2013, la crise a encore entrainé une réduction des activités de vaccination dans le pays (13% seulement des enfants de moins d’un an sont totalement couverts et protégés en termes de vaccination). En 2016, MSF a ainsi entrepris, en collaboration avec le ministère de la Santé, la campagne de vaccination préventive la plus importante dans l’histoire des interventions de l’association en RCA. La campagne, toujours en cours, vise à protéger les enfants de moins de cinq ans contre un certain nombre de maladies : la poliomyélite, le tétanos, la diphtérie, la coqueluche, l’hépatite B, la rougeole et certaines formes de pneumonie et de méningite, y compris dans les zones rurales difficiles d’accès.

En mai 2017, plus de 425 000 personnes étaient encore déplacées en Centrafrique. A cela s’ajoutaient les 483 000 réfugiés centrafricains qui ont fui vers les pays limitrophes, principalement au Cameroun, au Tchad et en RDC. Au total, 20% de la population centrafricaine était déplacée ou réfugiée.

Bien qu’en 2015 la violence ait reculé à Bangui et dans certaines régions de la RCA, les groupes armés encore actifs et le grand banditisme rendent la situation sécuritaire très volatile. L'insécurité persistante dans de nombreuses zones du pays continue d'entraver la capacité de MSF à atteindre les personnes ayant besoin d’assistance.
En 2014, 22 personnes dont trois employés MSF ont été tuées dans l’attaque de l’hôpital de Boguila. En mai et juin 2016, un chauffeur de MSF, et une autre personne faisant partie d’un convoi transportant du matériel MSF ont trouvé la mort lors de violents incidents. Depuis la fin de l’année 2016, les affrontements entre groupes armés et les exactions contre les civils prennent à nouveau une ampleur inédite depuis la période de violence extrême de 2013 et 2014.

Découvrez notre long format sur le sujet

Long format "Reprise des massacres dans l’Est de la République centrafricaine"


A Bria, les civils sont pris en étau


[Ouvrage photo]
La RCA vue par William Daniels


 

Pendant trois ans, le photographe William Daniels a parcouru la République centrafricaine, croisant notamment le chemin de projets MSF.
Il publie aujourd’hui un recueil photographique, alliant le reportage de guerre à sa vision humaniste.

► Cet ouvrage est disponible dans notre boutique MSF.

CHRONIQUES sur LIBE.FR

En 2013, MSF a signé une chronique quotidienne sur ses activités d'urgence en République centrafricaine intitulée "Carnets d'urgence de Médecins sans frontières en Centrafrique".

 

Retrouvez l'intégralité de ces chroniques dans l'ebook de Libération.

 

Ebook Liberation MSF

 

 

DOSSIERS DE PRESSE

Juillet 2014
Réfugiés centrafricains au Tchad et au Cameroun : « La valise et le cercueil »

 

http://msf.fr/presse/dossiers-de-presse/refugies-centrafricains-au-tchad-et-au-cameroun-valise-et-cercueil

 

 

Mars 2014
République Centrafricaine (RCA) : "Un an de violence continue à l’encontre des civils"

 

republique centrafricaine : violence continue encontre civils
 

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